Marco : Cette semaine, je reçois le podcasteur et marketeur québécois Olivier Lambert, de Scotch et domination mondiale. Ce podcast en est maintenant à près de quarante épisodes depuis son lancement en avril 2017. Olivier Lambert, c'est l'homme derrière La Tranchée, ce site de formation et forum de discussion pour entrepreneurs qui permet à tout ce beau monde de s'entraider dans son cheminement en affaires. On va jaser de son podcast, de ses chiffres, de ses techniques, de sa stratégie. Attendez-vous à un épisode hyper intéressant. Bienvenue sur l'épisode soixante et onze de l'Académie du podcast.
Vous désirez amener votre entreprise à un autre niveau, vous démarquer et créer du contenu différent et original. L'Académie du podcast est l'outil qu'il vous faut. Marco Bernard est l'expert qui a formé le plus grand nombre d'entrepreneurs francophones à démarrer leur propre podcast sur la planète. Il vous enseigne les détails du podcasting en profondeur et partage avec vous les secrets des podcasteurs qui ont du succès. Bienvenue sur l'Académie du podcast. Voici votre hôte, Marco Bernard.
Marco : Cette semaine, je reçois le podcasteur et marketeur québécois Olivier Lambert, de Scotch et domination mondiale, qui a enregistré son trente-quatrième épisode il y a quelques jours. Il est en ondes depuis avril 2017. Olivier, c'est l'homme derrière La Tranchée, ce site de formation et forum pour entrepreneurs qui permet de s'entraider. Aujourd'hui, on jase chiffres, techniques, stratégies. Bienvenue sur l'épisode soixante et onze, monsieur Lambert. Olivier : Hey, salut Marco. Merci beaucoup de m'avoir invité.
Marco : D'abord, Oli, on a déjà fait une entrevue ensemble, à l'occasion du marathon de l'Académie du podcast, à l'épisode onze. Si jamais des gens veulent y jeter un coup d'œil, c'était un épisode qui durait sept heures, et plein de podcasteurs y sont passés. Olivier : Moi, j'ai fait six heures et demie, les autres se sont séparé la demi-heure qui restait. Marco : Pas tout à fait, mais bref. C'est au academiepodcast.com/011.
Marco : Si tu me permets, Oli, je veux faire une petite invitation aux podcasteurs avant de commencer. On lance un nouveau mastermind dans l'Académie du podcast. Si tu aimes être en contact avec d'autres podcasteurs, partager avec eux tes défis, tes bons coups, apprendre d'eux et améliorer tes résultats, tu peux maintenant postuler pour le mastermind de l'Académie du podcast, qui va se mettre en branle très bientôt. Passe par la page academiepodcast.com/candidat-mastermind pour déposer ta candidature en répondant à un très court questionnaire. Je vais entrer en contact avec toi une fois que toutes les candidatures seront rentrées.
Marco : Oli, tu es le fondateur de La Tranchée. Avant qu'on parle de ton podcast, j'aimerais qu'on parle brièvement de La Tranchée. Qu'est-ce que c'est?
Olivier : Une tranchée, d'habitude, c'est un trou que tu fais dans la terre. Les tranchées, c'était une stratégie militaire utilisée lors de la Première Guerre mondiale, dans lesquelles les soldats devaient cohabiter et s'entraider pour gagner des positions sur le territoire ennemi et, éventuellement, mener vers la victoire. L'idée derrière La Tranchée, c'est de faire une tranchée pour les entrepreneurs : un écosystème dans lequel les entrepreneurs peuvent s'entraider, poser des questions, s'écouter et travailler pour s'améliorer et, éventuellement, vaincre.
Olivier : L'esprit derrière tout ça, c'est que dans la guerre des tranchées, personne ne pouvait se laquer, personne ne pouvait se pogner le jambon. Tout le monde avait de la bouette jusqu'aux genoux, rampait dans la boue, et tout le monde devait se salir. Souvent, ces temps-ci, en marketing et en entrepreneuriat, les gens vont vendre le rêve : « Vous allez avoir une belle business, vous allez être en voyage quasiment toute l'année. » Et ils ne veulent pas parler du côté un peu plus sale. Moi, je fais le contraire. Je commence par te vendre le travail pour que tu puisses ensuite profiter des résultats.
Olivier : Je vais vraiment dans le concret pour aider les gens. Des fois, ils arrivent avec des bugs sur leur site web, leur pixel Facebook, leur stratégie de marketing par courriel. Peu importe le problème, lancer ton podcast, faire de la vidéo, créer du contenu, des blogues, on aide les gens avec le forum, qui agit comme système de support où on répond aux questions, ainsi qu'avec un portail de cours en ligne sur toutes les essentielles : faire une boutique en ligne, ta publicité, gérer tes médias sociaux, ton infolettre, ta prospection, enregistrer tes capsules.
Olivier : On a aussi une formation sur le podcasting offerte par Marco, je pense. Marco Bernard, il est donc bien hot, lui! Marco : Je ne le connais pas. Olivier : C'est vraiment une sommité dans le monde du podcasting, qui a fait une petite formation d'introduction sur La Tranchée. On lui en est très reconnaissants. Ça, c'est ce que je fais au quotidien. Ensuite, il y a le podcast, qui me permet d'entrer en contact avec des entrepreneurs et de les présenter à ma communauté dans des formats assez longs. D'habitude, c'est une heure et demie et plus. Le plus long, c'était deux heures quarante-cinq, je pense.
Marco : Il faut ouvrir une bouteille de scotch, et on n'arrête pas tant qu'elle n'est pas finie, ou à peu près. Il faut quand même prendre le temps de la boire. Olivier : C'est ça.
Marco : Tu disais tantôt : moi, je vais leur dire toute la partie sale de la business, toutes les embûches, dans quels trous ils peuvent tomber, avant de leur montrer le lifestyle et tout le beau côté qu'on voit sur les médias sociaux. On va faire un peu ça aujourd'hui avec ton podcast : on va le décortiquer, on va parler des chiffres, et s'il y a eu des embûches, on va être bien heureux de les partager. Mais avant, j'aimerais que tu me dises quelque chose que tu n'as jamais dit sur le petit Olivier. Pas l'Olivier barbu qu'on connaît, mais le petit Olivier, back in the days.
Olivier : Oh boy. Quand j'étais petit et que ma sœur était petite, moi, j'ai toujours été un gamer. J'ai toujours aimé jouer à l'ordinateur. Aujourd'hui, ma sœur et moi, on s'entend très bien, on travaille ensemble à La Tranchée. Mais dans le temps, on ne s'entendait vraiment pas bien. J'essayais de jouer à l'ordinateur, et dans ce temps-là, on avait des connexions 56K. Marco : Oui. Olivier : Exactement le son que je ne voulais pas entendre, ça me rend un peu PTSD chaque fois que je l'entends.
Olivier : Comme on avait juste un ordinateur dans la maison, une seule personne pouvait se connecter à Internet à la fois. Quand j'étais en train de jouer et que ma sœur voulait l'ordinateur, elle décrochait le téléphone, et ça fermait ma connexion. Grosse chicane chaque fois. On ne s'est jamais bien entendus à cause de ça. Ça fait seulement quatre, cinq ans qu'on a commencé à se côtoyer plus. On se parlait quand même, mais pas autant. C'est cocasse : à cause d'Internet, j'ai failli être en mauvais termes avec ma sœur. Une chance qu'on a réglé ce problème.
Marco : Dis-moi donc, le podcast est arrivé quand dans le paysage de ton entreprise? Olivier : Ça fait deux ans. On avait lancé La Tranchée, et on avait un problème de notoriété, de crédibilité. Moi, j'étais déjà bien établi dans ma niche, j'avais des gens qui me suivaient, j'étais crédible. Sauf qu'on voulait aller chercher un public un peu plus large. Je me suis dit : quoi de mieux que de réseauter avec des entrepreneurs beaucoup plus crédibles que moi?
Olivier : Ça a été l'objectif principal de la stratégie. Et l'idée, ce n'était pas juste d'avoir la personne sur mon podcast, mais aussi d'avoir l'occasion de réseauter, de connecter avec elle. C'est pour ça qu'on a pris la formule vidéo, parce que ça implique qu'on est tous les deux dans la même pièce. On peut prendre des photos, je suis vu avec ces personnes-là, les gens nous voient discuter comme si on était des grands chums, alors que c'est la première fois qu'on se voit. La stratégie, c'était d'aller chercher des invités avec une notoriété de plus en plus élevée pour affirmer mon statut d'entrepreneur à succès au Québec, respecté par les autres entrepreneurs à succès de l'industrie.
Marco : C'était le principe d'association, au niveau de la notoriété, que tu essayais d'amener sur La Tranchée et sur toi, grâce aux gens que tu invitais dans ton podcast. Olivier : Exact. Ça a été plus rapide que je pensais. Ça a pris seize épisodes, puis on a eu François Lambert. À partir de François Lambert, j'ai eu Nicolas Duvernois, ensuite Serge Beauchemin, ensuite Olivier Primeau du Beach Club. Sur chacun de ces épisodes-là, j'ai investi en publicité sur YouTube et sur Facebook pour les montrer au plus grand nombre de gens possible.
Olivier : Ça a fait en sorte que ces invités ont eu des retours incroyables auxquels ils ne s'attendaient pas : « Oh my God, tout le monde m'en parle, qu'est-ce qui se passe? Olivier, il sait ce qu'il fait. » En fait, c'est parce que j'ai mis de 1 000 à 2 000 $ de publicité sur chacun de ces épisodes-là. Ça peut paraître beaucoup, mais pour mon objectif, ça valait vraiment la peine, parce qu'il ne faut pas oublier que j'ai La Tranchée en arrière. L'objectif, ce n'est pas de monétiser le podcast directement, mais de monétiser ma plateforme pour entrepreneurs et d'attirer de nouveaux membres.
Marco : On va parler des résultats tantôt, de ce que tu as dépensé et reçu. Mais avant ça, c'est qui, le persona que tu vises avec ton podcast? Olivier : C'est vraiment la PME, la personne qui veut se lancer en affaires. Je fais mes personas selon une problématique. Je vise les gens selon les problèmes qu'ils ont, et non selon leur profil démographique. Je ne vais pas cibler Lisa, 33 ans, qui reste à Montréal et qui aime la crème glacée. Je vais plutôt cibler la personne qui dit : j'ai essayé la pub Facebook, je n'ai pas eu de résultats, je suis en beau tabarnak.
Olivier : Tout le monde me dit que la pub Facebook, c'est la plus belle chose du monde, mais moi, je ne le vois pas. Ça me frustre, parce que je sais que je pourrais avoir des résultats, mais je n'en ai pas. Ça, c'est un des problèmes. Un autre : j'ai un site web, je n'ai pas de trafic, et ça m'a coûté cher. J'ai payé une agence 15 000 piastres, et il n'y a personne qui va dessus. OK, on va te montrer comment ça marche, le référencement, la création de contenu. Je vise les gens par problème. C'est pour ça que dans mes podcasts sans gros invités, j'ai vraiment ciblé des problématiques : c'est comme un cours concret que tu écoutes dans l'auto, qui va t'apprendre à implanter quelque chose dans ton entreprise maintenant.
Marco : C'est vraiment plus ciblé sur la problématique que rencontre la personne. Olivier : Exactement. Parce que je pense que, peu importe que tu sois jeune, vieux, gars, fille, riche, pauvre... Marco : Québécois, Européen, name it. Olivier : L'important, c'est le problème que tu as. On est tous capables de s'identifier à un problème, parce qu'on a tous les mêmes. Au niveau géographique, la plupart de mon audience est au Québec, et la publicité que je fais cible le Québec.
Olivier : La raison est simple : même si je cible un problème, je suis quand même un marketeur, je fais des tests, et mon acquisition de clients en France n'est pas optimale, parce que mon français dérange peut-être les gens qui m'écoutent en France. Je sacre, je dis tabarnak. Ce ne sont pas tous les Français qui aiment ça. Ça baisse un peu ma conversion là-bas, à cause de mon slang québécois de région.
Marco : Je comprends. Combien de personas différents estimes-tu avoir ciblés avec ton podcast? Olivier : Environ cinq : la problématique du marketing par courriel, celle de l'automatisation marketing, celle de la publicité Facebook, le référencement, la création de contenu et, finalement, la persuasion. Ce sont vraiment les sujets autour desquels je navigue le plus. Il y en a d'autres, mais ce sont les principaux.
Marco : On a ciblé ta stratégie, tu nous as aussi parlé de ton format et de pourquoi tu as choisi de le faire en personne. Avant de sauter dans les statistiques, qu'est-ce qui t'excite le plus dans le fait d'animer un podcast? Tu es rendu à trente quelques épisodes, presque quarante.
Olivier : Premièrement, je suis introverti. Aller dans des événements de réseautage, ce n'est pas vraiment mon jam. Ensuite, j'aime avoir des conversations de long format avec mes amis. Quand je sors et que j'ai du fun, ce n'est pas en allant dans un club, c'est en allant prendre une bière et en jasant de tout et de rien jusqu'à trois heures du matin. Le podcast me permet de faire ça dans un contexte où je suis rémunéré d'une certaine façon. C'est un mélange parfait de ce que j'aime faire, et ça permet aux gens qui me suivent de me voir dans un contexte que j'apprécie réellement.
Marco : Tu remplaces tes autres activités de réseautage par ça, et ça te permet de scaler cette opération-là. Olivier : Exact. Marco : Au niveau de la fréquence, tu as choisi de faire ça en saisons. On ne voit pas ça très souvent, les podcasts en saisons. On voit surtout ça dans le divertissement, comme Serial, mais moins en entrepreneuriat. Pourquoi ce format-là?
Olivier : Les trente premiers épisodes n'ont pas été sous forme de saison. Je les faisais et je les publiais le plus souvent possible. J'ai commencé avec un horaire hebdomadaire, j'en ai fait quelques-uns de cette façon-là, mais ça a été beaucoup de travail, parce qu'on a ajusté notre façon de faire au fil du temps. Avant, je faisais le podcast dans mon appartement. La personne venait, on enregistrait, je faisais le montage. On avait une caméra, c'était simple, ça allait bien, mais ce n'était pas à mon goût, parce que l'objectif, c'était de démontrer une certaine crédibilité et mon expertise. Tu ne démontres pas ta crédibilité et ton expertise avec un setup minimaliste.
Olivier : Ce que tu veux, c'est montrer au monde que tu sais ce que tu fais. C'est pour ça qu'on a complexifié progressivement le setup, pour arriver à une formule avec trois caméras, les micros, l'éclairage. Il fallait monter le stock, démonter le stock. Faire un podcast, c'était rendu une structure vraiment lourde.
Olivier : Pour te donner une idée, ça me prenait au minimum une semaine à temps plein juste pour un épisode. Je ne peux pas faire un épisode par semaine, parce que j'ai d'autres choses à faire. Et ça me coûtait cher aussi : monter le stock, le démonter, le transport, parce qu'on se déplaçait à l'occasion pour certains épisodes. On s'est dit : on va restructurer ça d'une façon plus rapide, plus facile et plus simple, tout en gardant une fréquence hebdomadaire. C'est pour ça qu'on a décidé de faire ça en direct.
Olivier : En direct sur Facebook Live, premièrement, les gens sont un peu plus conciliants quand il y a des problèmes ou que la qualité n'est pas à 100 %, parce qu'on sait que c'est du direct. On sait que ça ne sera pas en 4K, parce que de toute façon, Facebook Live, c'est du 1080p. Ça nous permet de garder une perception de qualité élevée, et personne ne fait des directs aussi bien diffusés que ceux-là, tout en réduisant le travail nécessaire après le podcast pour le publier, puisqu'il est déjà publié.
Olivier : Sauf que pour faire ça en direct, il faut prévoir tous les épisodes à l'avance. Il faut un horaire assez strict, pour que mes invités se disent : je n'ai pas le choix, c'est là. C'est pour ça que j'ai décidé de faire ça par saison, pour tout céduler d'avance. Je sais qui va être sur mon podcast six mois d'avance. Marco : Ta saison se termine en décembre, et tu en repars une autre en février. Olivier : Là, je suis en train de commencer à contacter des gens pour janvier.
Marco : Tes invités, tu les choisis comment? J'imagine que tu vas me parler de tes personas, mais y a-t-il d'autres critères qui entrent en ligne de compte? Olivier : On a fait un petit pivot au niveau de la stratégie, parce que l'idée initiale d'aller chercher des gros noms a été accomplie. Je n'ai plus besoin de continuer à recevoir du monde super big, parce que je les ai déjà reçus.
Olivier : Là, l'idée, c'est de réduire un peu l'échelle des invités pour aller chercher des influenceurs connus et populaires, pour qui ça va signifier quelque chose de passer sur mon podcast. C'est bien le fun, François Lambert : oui, il va partager le podcast une fois, mais il ne va pas rediriger les gens vers ce podcast-là chaque fois qu'on lui propose quelque chose. Ça va juste être un podcast parmi tant d'autres qu'il a donnés. Moi, l'idée, c'est de créer du contenu de très haute qualité avec des influenceurs qui vont être fiers de le recommander à travers le temps.
Olivier : Ensuite, à cause de La Tranchée, on est en train de faire un petit pivot au niveau des formations qu'on développe. C'est aussi une excuse pour entrer en contact avec des formateurs potentiels, regarder ce qu'ils ont à offrir et à dire, puis leur présenter tout l'écosystème de La Tranchée et comment ils pourraient y offrir une formation. C'est donc aussi un objectif de développement d'affaires, de réseautage, entre guillemets.
Marco : Il y a donc eu un shift dans ton objectif de base avec l'animation de ton podcast. Olivier : Exact. Et pour la prochaine saison, je vais aussi prendre une autre tangente : aller chercher des invités plus grand public pour élargir un peu le filet des gens qu'on veut attirer avec La Tranchée. Présentement, on a des gens qui sont vraiment au bas du tunnel de conversion, des gens qui sont déjà dans la boîte et qui ont besoin de La Tranchée. Ce que je veux commencer à faire, c'est aller chercher des gens qui ne sont pas encore dans la boîte, mais qui la regardent et se disent : j'ai peut-être le goût de sauter dedans, ils ont l'air d'avoir du fun là-bas.
Marco : On va tomber un peu plus dans les chiffres. Tu disais tantôt que tu investissais en publicité pour promouvoir les épisodes avec tes gros invités. Mais en organique, as-tu remarqué des différences dans les statistiques entre les invités moins mainstream et les big shots que tu as reçus au début? Olivier : C'est sûr qu'il y a une différence. François Lambert a été celui qui a eu le plus de portée en organique. Ensuite, j'ai eu un micro-influenceur qui s'appelle Charlie Fernandez, qui parle d'Instagram, et lui a fait la promotion du podcast de façon très prononcée. C'est d'ailleurs ce qui m'a aiguillé sur le potentiel des influenceurs.
Olivier : Ensuite, Marco, je pense que tu as peut-être sauté rapidement aux conclusions en supposant que je regarde mes statistiques de façon assidue. Marco : Je dis plutôt que si tu as investi 1 000 piastres, tu as sûrement une idée des retombées que tu as eues pour ce 1 000 piastres-là. Olivier : En publicité vidéo sur Facebook, ça se calcule en coût par visionnement. Moi, ça me coûte environ de 0,1 à 0,3 cent par visionnement. Si je mets 1 000 dollars, c'est entre 1 000 et 3 000 vues? Marco : 10 000. Olivier : Non, c'est moins que ça. Hé, le podcast des mathématiques! Bref, en tout cas, ça me revient à peu près à 1 000 à 3 000 vues par piastre que tu mets.
Olivier : C'est comme ça que je vois mon résultat. Selon les épisodes, je vois le coût varier selon l'invité. Pour François Lambert et Serge Beauchemin, mes coûts publicitaires étaient super bons. Pour Nicolas Duvernois aussi, mais un peu moins. Pour Olivier Primeau, ça dépendait de l'audience que je ciblais. C'est intéressant de voir la différence de coût publicitaire selon l'invité. Marco : Tu as vu une différence dans ce que ça te coûtait en fonction de l'invité. Olivier : Exact. Parce que c'est une enchère : plus ton contenu est pertinent et intéressant, plus les gens cliquent rapidement, et moins ton enchère coûte cher.
Marco : Au niveau des statistiques, quand tu as lancé ton podcast, avais-tu des objectifs de base? Te disais-tu : on va obtenir tant de visionnements, tant de téléchargements? Par exemple, pour la version audio de ton podcast? Olivier : Oh boy. En fait, non. Et je ne sais pas jusqu'où je peux aller. Est-ce que tu penses que les gens veulent entendre un truc un peu gris? Marco : Vas-y.
Olivier : OK. Mes podcasts ont entre cinq cents et deux mille téléchargements en organique. Ce n'est pas fou, c'est correct. Marco : On parle de l'audio seulement? Olivier : De l'audio seulement. Et c'est à peu près la même chose sur YouTube. Il faut savoir que les vues sur YouTube sont comptabilisées à partir de trente secondes, alors que sur Facebook, c'est à partir de trois secondes. Les vues sur YouTube sont donc beaucoup plus significatives. Sur YouTube, j'en ai peut-être un millier à la sortie, et sur Facebook, peut-être dix mille.
Olivier : Sauf que pour que les gens veuillent venir sur ton podcast, il faut que tu dises que tu as beaucoup d'auditeurs. Je ne vous dis pas de le faire, je vous dis juste ce que j'ai fait au début pour établir ma notoriété. Je suis allé sur Internet et j'ai acheté de faux visionnements sur mes épisodes SoundCloud. Par épisode, j'avais comme cinq, six mille téléchargements en partant le podcast. Comme ça, c'était plus facile d'approcher des gens et de leur dire : regarde comme il est populaire, mon podcast.
Olivier : C'est une stratégie que vous pouvez aussi faire lorsque vous êtes invités sur d'autres podcasts qui sont publiés sur Facebook ou YouTube : vous pouvez leur envoyer du trafic pas cher. C'est du faux trafic, ça ne sert à rien, mais vous allez faire bonne impression, que ce soit auprès des journalistes lorsqu'ils font un article sur vous, des podcasteurs, des youtubeurs. Ce n'est pas une stratégie nécessairement propre, parce que c'est un peu du mensonge. Mais quand tu commences, ça peut vraiment faire une différence. Je ne la recommande pas, je ne le fais plus maintenant, mais au début, je l'ai fait.
Marco : C'est le principe russe de Donald Trump. Olivier : Exactement. À cause de toi, on va éduquer une génération de podcasteurs qui vont tous être des big shots. Marco : Non, c'est bon qu'on en parle, Olivier, parce que c'est une réalité qui existe. Quand je reçois des gens sur l'Académie du podcast ou sur L'Accélérateur qui me disent : moi, sur mon podcast, j'ai X milliers de téléchargements...
Marco : D'abord, il y a des plateformes qui ne sont pas homologuées IAB, qui est maintenant le standard statistique dans le domaine du podcast. Ces plateformes-là vont permettre beaucoup plus facilement l'arrivée de robots un peu partout, et ça va te donner des statistiques pas vraiment exactes. Quand des entreprises qui connaissent ça veulent mettre de la publicité sur ton podcast, elles vont te demander des chiffres selon le standard IAB, parce que c'est là-dessus qu'elles se basent. Normalement, elles paient par mille auditeurs. Si tu veux leur charger cent ou cent vingt piastres par mille auditeurs, mais que tes statistiques ne valent rien, c'est sûr qu'elles ne voudront pas s'avancer avec toi.
Olivier : De toute façon, vendre de la publicité sur un podcast en achetant du trafic, ce n'est vraiment pas éthique. C'est même illégal d'une certaine façon, à mon sens. Marco : Exactement. Même de le faire en amont, d'acheter ça pour booster tes chiffres pour qu'en bout de ligne, tu puisses dire : moi, j'ai X téléchargements. À la base, la personne va vouloir voir les vrais chiffres, selon un standard IAB. Si tu essaies de truquer le système, ça ne fonctionnera pas. Mais c'est correct qu'on en parle, parce que ça existe, ça fait partie de la game. Il y a des gens qui achètent des followers sur Instagram.
Marco : Moi, Oli, je l'ai fait sur Instagram : j'ai documenté tout le processus d'achat de faux followers dans un article, avec le gars qui fournit ce service-là. Je sais exactement de quoi ça a l'air. Ça a débloqué le swipe up, c'était bien cool. Sauf que ça date du printemps dernier, donc environ six mois, et je suis passé de douze mille à environ sept mille aujourd'hui. J'ai perdu cinq, six mille followers achetés en l'espace de six mois.
Marco : Si je voulais maintenir la cadence et rester au-dessus de dix mille pour garder mon swipe up, il faudrait que je rachète constamment des faux followers. J'ai documenté tout ça dans un article, parce que je l'ai fait pour vraiment savoir comment ça fonctionne en arrière. Et ça fonctionne exactement de la même manière avec les podcasts. Il faut que les gens sachent que ça existe. Et quand quelqu'un te dit : moi, j'ai dix mille téléchargements par mois, alors que ça fait sept épisodes qu'il a et qu'il n'a à peu près pas d'audience nulle part sur le web, pose-toi des questions.
Olivier : Exact, c'est ce que j'allais dire. Quand tu vois quelqu'un qui a beaucoup d'abonnés sur Instagram ou des gros chiffres sur les médias sociaux, il faut prendre ça avec un grain de sel. Les gens jouent avec ces chiffres-là. Il existe des plateformes pour tester l'audience d'une personne, notamment sur Instagram. Marco : Mesurer l'engagement. Olivier : Il y a un site qui s'appelle HypeAuditor. Il fait un scan des abonnés de la personne et te dit le pourcentage de faux, parce qu'il a un registre des comptes qui sont des bots. Avec un algorithme, il détecte le pourcentage de vrais abonnés. Et tu te rends compte qu'il y a des gros noms qui ont acheté des millions d'abonnés.
Olivier : Ou des gens qui ont acheté un compte qui existait déjà et qui ont juste changé le nom, et qui ont démarré, mettons, avec deux millions d'abonnés. Il y a plein de stratagèmes pour faker la notoriété sur Internet. Marco : Mais avais-tu des attentes au début, ou tu t'es dit : je lance ça, et advienne que pourra? Tu avais déjà une audience sur les médias sociaux de ton côté. T'es-tu dit que ces gens-là allaient peut-être suivre?
Olivier : Je trouve que c'est vraiment difficile de se faire des attentes quand tu n'as aucun point de comparaison concret. Tout le monde part avec un set d'avantages et de désavantages différent. Si je me base sur les résultats de mon voisin pour fixer les benchmarks de mon podcast, je m'enligne soit pour viser trop bas, soit pour être déçu. Mon benchmark, c'est : je fais mon mieux, je regarde ce que ça donne, et j'utilise les résultats pour itérer et continuer à m'améliorer. Il faut que ton benchmark, ce soit toi-même, ton dernier podcast, pas le voisin.
Olivier : Quand j'ai commencé, je n'avais aucune attente. Même principe quand j'ai commencé à faire mes formations en ligne : je ne savais pas combien ça allait donner en revenus. Quand j'ai commencé à en faire, j'étais comme : OK, c'est cool. Ensuite, je me comparais toujours au mois d'avant, au trimestre d'avant ou à l'année d'avant pour faire mes planifications et mes prévisions.
Olivier : Quand quelqu'un d'autre, quelque part sur Internet, fait un lancement et dit avoir fait plein d'argent, on n'a pas accès à l'information. Un : est-ce que cette personne dit la vérité? Deux : il y avait combien d'affiliés, et combien de commissions d'affiliation ont été versées? Trois : combien a-t-elle payé en publicité? A-t-elle dépensé cent cinquante mille pour en faire cent vingt-cinq mille? On ne le sait pas. Il faut faire attention lorsqu'on cherche des points de comparaison. Ne te compare pas aux autres, compare-toi à toi-même dans le passé.
Marco : Maintenant que tu sais ce que tu es capable de faire avec trente quelques épisodes derrière la cravate, comment vois-tu la courbe de croissance de Scotch et domination mondiale quand tu seras rendu à cinquante, soixante épisodes? Olivier : C'est vraiment spécial, parce que quand je pense à Scotch et domination mondiale, je n'ai pas d'objectif particulier sur les chiffres du podcast. C'est beaucoup plus le rôle de Scotch et domination mondiale dans La Tranchée, dans le contexte de tout ça.
Olivier : Je pense que le podcast, c'est un outil. Si tu as un marteau, l'objectif, c'est quoi? C'est de planter un clou, right? Ce n'est pas d'avoir un beau marteau. L'objectif de Scotch et domination mondiale, ce n'est pas d'avoir le podcast le plus populaire, c'est d'être le fil conducteur qui va coudre les conversations, les liens et la communauté de La Tranchée.
Olivier : À moyen et long terme, l'objectif, c'est de commencer progressivement à aller chercher des humoristes populaires, certains acteurs que j'ai dans mon line-up, peut-être éventuellement un politicien ou deux, des professeurs d'université, pour échanger sur des thématiques qui sortent un peu de l'entrepreneuriat, mais qui me passionnent personnellement. Et partager ça avec qui voudra bien l'entendre. Je n'ai pas de chiffre en tête, pas d'objectif financier ou statistique.
Marco : Pour reprendre ton analogie de l'outil, dirais-tu que ton podcast te sert d'outil de proximité avec ta communauté? Olivier : Définitivement. Un des problèmes que tu vas avoir lorsque tu veux commencer à être, entre guillemets, un genre d'influenceur ou un prof sur Internet, c'est que les gens vont te juger au contenu que tu publies. Si tu publies toujours du contenu dans un contexte X, Y, Z, les gens vont avoir une version très étroite de qui tu es, de ta personnalité, de ce que tu vaux.
Olivier : Faire du direct, faire le format podcast, avec des conversations que les gens peuvent écouter pendant qu'ils font leur épicerie, ça crée une proximité. Ça te permet aussi de voir à quoi la personne pense, ce qui se passe dans sa tête. Je fais des podcasts de deux, trois heures. Tu ne peux pas faker d'être quelqu'un d'autre pendant trois heures. À un moment donné, ton script préfait... Marco : Il débarque. Olivier : Il est terminé. Qu'est-ce que tu penses pour vrai? C'est qui, Olivier Lambert? C'est qui, Marco Bernard? Je trouve ça puissant, parce que ça te permet d'être authentique, d'être toi-même, d'être vulnérable, de dire des choses que tu n'as pas complètement réfléchies, de te reprendre, et de voir comment les gens réagissent en direct.
Marco : Tu as parlé tantôt de publicité pour la promo de tes épisodes. À part ça, quelles autres activités utilises-tu pour faire la promo de tes épisodes? Olivier : Chaque épisode, on le publie bien sûr dans notre infolettre. L'infolettre, c'est super important. Si vous n'avez pas d'infolettre, guys, ça vous en prend une. Nous autres, on a 70 000 personnes sur notre infolettre, et c'est le bread and butter de mon entreprise. Ensuite, on publie sur Facebook, super important, et on fait des publications sur Instagram. On regarde aussi Instagram TV, pour créer du contenu optimisé pour cette plateforme-là, parce que je pense qu'il y a un potentiel à aller chercher.
Olivier : Ensuite, on a les notifications push. Sur notre site web, on a un outil qui s'appelle OneSignal, que n'importe qui peut installer. C'est complètement gratuit, et ça te permet d'envoyer des notifications push aux gens qui ont accepté d'en recevoir après être passés sur ton site. Chaque fois qu'on fait un épisode en direct, on envoie 13 000 notifications push pour dire aux gens de se connecter directement au Facebook Live. Par-dessus ça, on pourrait avoir des chatbots Messenger, qu'on n'a pas encore commencé à instaurer, mais qui seraient aussi utiles.
Olivier : On pourrait aussi faire de la publicité sur la publication qui annonce le Facebook Live, pour que les gens soient notifiés et puissent commencer à commenter à l'avance. Il y a d'autres stratégies qu'on pourrait commencer à utiliser. C'est juste que, comme n'importe quoi, il faut y aller une étape à la fois. Il faut mettre un pied devant l'autre et ne pas se laisser décourager par la quantité phénoménale de stratégies, de trucs, d'astuces, de cossins que tu pourrais faire pour faire avancer ton podcast. Commence par en faire un, implante-le, regarde comment ça va. La semaine d'après, tu en feras un autre.
Marco : Tu dois mesurer l'impact de tout ça, parce que tu nous as donné six, sept affaires que tu peux faire pour promouvoir ton podcast. As-tu testé chacune de ces choses-là? As-tu une idée du retour sur investissement de chacune de ces options? Olivier : OneSignal, c'est gratuit. Ça prend environ trente secondes à préparer ta notification push : tu mets le lien, le titre et le sous-titre. Je te dirais qu'on a entre 50 et 150 personnes qui se connectent au Facebook Live grâce à ça.
Olivier : Ensuite, le courriel nous permet non seulement d'envoyer les gens sur le podcast, mais aussi de vendre du contenu en lien avec le podcast. Ça, c'est gros. En termes de clics, ça dépend toujours de la taille de ta liste. Si tu as 1 000 personnes, il se peut que tu aies moins de monde qui vienne que si tu as une liste de 10 000 ou de 100 000 personnes. Ceci étant dit, pas nécessairement, parce que plus ta liste est petite, plus les gens y sont actifs d'habitude. Marco : Plus ils sont engagés.
Olivier : Tu n'as pas nécessairement besoin d'une très grosse liste pour avoir des résultats assez intenses. Je connais des gens qui ont fait des lancements avec 600 personnes sur leur liste et qui ont fait comme 10, 15 000 de revenus avec ça. Pas besoin d'une grosse liste, mais une liste, c'est toujours important. Nous, on a à peu près 30 % d'ouverture et entre 1 et 4 % de clics, selon le courriel. Tu peux faire les maths pour savoir combien de clics ça génère.
Olivier : Les bots Messenger, je ne les ai jamais utilisés encore pour les podcasts. C'est sur la liste des choses qu'on doit tester, mais je connais des gens qui ont eu de très bons résultats avec ça. Les groupes Facebook non plus, on n'en a pas, mais ça doit aussi être quelque chose de bon. C'est gratuit à faire. Les publications sur les médias sociaux, c'est gratuit, vas-y à 100 %. Ce ne sera peut-être pas ce qui va t'apporter le plus de résultats, mais c'est le fun. Instagram, encore une fois, c'est gratuit. Tu vas recevoir des DM de gens qui ont écouté et qui vont te contacter après le podcast pour te dire qu'ils ont aimé ça.
Olivier : C'est difficile de dire : celle-là a un ROI de 200 %, celle-là, de 30 %. Mais fais-en le plus possible. Inclus ça dans ton workflow. Les trois quarts de ces affaires-là ne coûtent quasiment rien, alors si tu as de bons résultats, tant mieux. Marco : Exact. Le groupe Facebook, c'est vraiment intéressant, ça fonctionne bien. Les chatbots, je vais commencer à tester ça moi aussi dans les prochaines semaines, on va voir ce que ça va donner. Mais le groupe Facebook fonctionne vraiment bien de mon côté : plein de monde s'y ajoute, et les gens sont assez actifs.
Marco : En termes de dollars, es-tu capable de mettre un chiffre sur ce que tu as réussi à générer à partir de ton podcast? Olivier : Non, ça, c'est impossible, parce que je n'ai pas de commandites ni de lien d'affiliation particulier avec le podcast. Marco : C'est un choix que tu as fait de ne pas en avoir? Olivier : On pourrait en avoir. J'ai une compagnie de scotch qui m'écrit pour me dire : on veut commanditer ton podcast, all in, viens-t'en. C'est juste que je n'ai jamais fait affaire avec des commanditaires dans ma vie.
Olivier : Je n'aime pas nécessairement que les commanditaires soient ta source principale de revenus, parce que tu n'as pas beaucoup de pouvoir dans cette relation-là. C'est pour ça que je n'aime pas avoir des partenaires qui sont la source principale de mes revenus. Je pense que l'idée optimale, c'est d'être toi-même propriétaire de tes sources de revenus, que ce soit en vendant de la marchandise, un service, ou en ayant une entreprise dont tu fais la promotion avec le podcast. Si tu es capable de générer toi-même tes revenus, tu es en business.
Olivier : Ceci étant dit, chaque fois que je fais un Facebook Live ou un épisode, j'essaie de faire la promotion de quelque chose, et d'habitude, ça donne de très bons revenus. Je peux donner un exemple. Je ne l'ai pas encore fait avec le podcast, mais à un moment donné, j'ai fait un Facebook Live avec une offre d'affiliation pour une plateforme de paiement qui s'appelle ThriveCart. C'est une super bonne plateforme, tous les membres de La Tranchée l'utilisent. Toi, as-tu utilisé ThriveCart? Marco : Je l'ai utilisée en faisant de l'affiliation avec d'autres gens. Personnellement, j'utilise Systeme.io, mais j'en ai beaucoup entendu parler, et j'étais allé voir à l'époque où tu en avais parlé.
Olivier : Avec le Facebook Live que j'avais fait pour montrer la plateforme, je pense qu'on avait fait comme 15 ou 16 000. Les gens avaient vraiment tripé. Quand tu as la possibilité d'apporter de la valeur aux gens et d'être toi-même la raison pour laquelle ces revenus-là sont générés, les revenus que tu peux faire sont de loin supérieurs. En direct sur mon Facebook Live, il y avait comme 150 personnes. Comment peux-tu faire 15 000 piastres avec un podcast qui a juste 150 auditeurs? Avec l'affiliation, oui, mais avec une commandite, ils riraient de toi si tu leur demandais ce montant-là pour cette audience-là. Marco : Tu as cent fois raison là-dessus.
Marco : C'est quoi, le micro que tu utilises, Olivier? Olivier : En ce moment, ce n'est vraiment pas un bon micro, c'est un bon micro pour débuter. C'est l'Audio-Technica AT2020USB. C'est une très bonne question, parce que c'est quelque chose avec lequel j'ai eu de la difficulté. On va jaser de ça un petit bout. Quand j'ai commencé, j'avais un Rode NTG. Il y en a deux : un qui n'est pas cher et un qui est cher. On va dire que le NTG2, c'est le pas cher, et le NTG3, c'est le cher.
Olivier : J'avais un Rode NTG2 placé au-dessus des invités pour essayer de capter les deux personnes en même temps. Je me suis rendu compte que le micro était trop loin, qu'il y avait beaucoup d'écho et que le son n'était pas bon. J'étais comme : tabarnak, je ne suis pas content. Je m'excuse auprès de ceux qui ne sont pas à l'aise avec mes sacres, mais c'est comme ça que je me sentais. Marco : Tu étais vraiment en maudit. Olivier : J'étais en maudit.
Olivier : Je me suis dit : pas de trouble, je vais me racheter un autre micro. Je me suis acheté un NTG3, qui coûte 800 ou en tout cas proche de 1 000 piastres. J'en ai installé un en shotgun avec le NTG2 et un avec le NTG3. Et je me suis rendu compte d'un autre petit problème avec la captation d'entrevues : avec des shotguns, tu parles dans le micro de l'autre, et l'autre parle dans ton micro. C'est pour ça que tout le monde a des micros proches de la bouche. Toi, tu enregistres directement dans ton micro, ta bouche est à un pouce du micro.
Olivier : Là, les deux étaient installés en shotgun un peu au-dessus, et ma voix entrait dans le micro de l'autre. J'étais encore en maudit, parce que je venais d'investir 1 000 piastres dans ce setup-là et que ce n'était pas mieux qu'avant. C'est là que je me suis dit : je vais prendre des micros lavaliers, des petits micros-cravates. J'ai investi 500 piastres dans un kit Saramonic, deux micros lavaliers sans fil. Ce kit-là n'est pas fiable. Pire achat de ma vie. J'aurais été aussi bien de mettre le feu à mon 500 piastres. Je ne donnerais même pas ces micros-là à mon ennemi.
Olivier : Saramonic, ce n'est pas une bonne marque. C'est l'option budget friendly. Plein de monde se dit que ça a l'air d'être un bon micro. Ce n'est pas un bon micro, ne prends pas ça. Je venais d'investir 500 piastres dans un kit de marde. Je n'ai pas tant d'argent que ça. Le monde va penser que j'achète plein d'affaires et que je suis riche. Non, je ne suis pas riche, mais j'aime ça avoir de la qualité. Je me suis dit : on recommence. J'avais mon entrevue avec François Lambert qui était cédulée, il fallait que mon son soit correct pour François.
Olivier : Je suis allé m'acheter le kit Sony UWP, le kit lavalier sans fil de Sony. Il m'a coûté 1 800 piastres, et la qualité sonore était très bonne. Je l'ai utilisé un bout de temps. Ensuite, dans le nouveau setup en direct, comme nos entrevues durent longtemps, je suis en dilemme en ce moment. On a deux micros shotgun pointés vers nous, face à face, pour que ma voix entre moins dans le micro de l'autre personne, et vice versa. Mais ça entre quand même un peu.
Olivier : On s'est donc créé une interface audio. Pour ceux qui veulent savoir comment ça fonctionne sur PC, il y a un logiciel qui s'appelle VoiceMeeter Banana, un nom très drôle. Je ne sais pas si tu connais ça. Marco : Un peu, oui. Olivier : On peut y mapper des entrées audio, et ensuite, on utilise un Live VST Host. Un plugin pour enlever le son de fond, ce genre de chose, on appelle ça un plugin VST. On utilise un logiciel qui s'appelle Cantabile : VoiceMeeter prend les entrées audio, les envoie dans Cantabile, et Cantabile les renvoie à VoiceMeeter.
Olivier : Ça me permet de dire : micro 1, mets un noise remover, un reverb remover, un EQ, un voice leveler, un noise gate, puis un compresseur. L'idée, c'est qu'avec un noise gate, quand je ne parle pas, quand le volume est sous un certain nombre de décibels, le micro ne s'active pas. Il s'active seulement quand il dépasse un certain seuil. Quand je parle, mon micro s'allume, quand je ne parle pas, il se ferme, et vice versa avec l'invité. Et en direct, tu évites le processus inconfortable de passer le micro sous le chandail de ton invité. La personne s'assoit, on met la switch à on, et ça part.
Marco : C'est ce qu'on appelle le mix-minus dans le domaine. Ça vient enlever ce qui ne doit pas être dans ton micro, et ça garde seulement ce que, moi, je suis en train de dire. Même si Olivier parlait en même temps que moi, tout ce qui est sous un certain seuil est retiré automatiquement. Ça évite d'avoir à faire un paquet de retouches audio après. Olivier : Exact.
Olivier : Il faut aussi penser qu'on est en direct. Quand tu es en direct, tu ne peux pas te permettre de réparer l'audio par la suite, chose que tu peux faire dans un podcast seulement audio. Le plus simple, si tu fais un podcast audio seulement, c'est de parler avec la personne sur Skype ou sur la plateforme que tu veux. Tu as de l'espace en masse pour réparer les erreurs après. Tu peux même réenregistrer tes questions si tu es vraiment perfectionniste, ça ne paraîtra pas. En direct, c'est une autre paire de manches. Donc, si quelqu'un veut faire de la vidéo avec des entrevues, le moins compliqué, c'est un kit de lavaliers sans fil, mais ça va coûter au moins 1 000 piastres.
Marco : Ou tu peux venir voir Marco, t'acheter du Shure, et tu vas avoir une maudite bonne qualité de son. Olivier : Mais pour des lavaliers sans fil? Marco : Et avec fil. Olivier : C'est ça que j'allais dire : admettons que tu ne veux pas investir dans un kit sans fil, avec fil, c'est vraiment beaucoup moins cher. Marco : Autour de cent dollars pour un micro. Olivier : Un lavalier avec fil, ça peut te coûter trente, cinquante piastres. C'est le micro que j'ai commencé à utiliser pour mes premières formations : un petit lavalier avec fil qui m'avait coûté trente piastres. Moi, je suis perfectionniste, alors je ne l'aimais pas.
Marco : Il y a quand même une différence entre un lavalier à trente piastres et un lavalier à cent piastres. Pour la différence de prix, je pense que ça vaut la peine. Ça se branche directement dans un enregistreur numérique Zoom ou dans un appareil intelligent, comme un iPhone. Il existe même des splitters pour brancher deux micros dans un seul iPhone, mais ça te donne une seule piste avec tes deux voix, donc le travail sur le son est parfois un peu plus complexe. Sinon, tu peux prendre deux enregistreurs numériques ou deux téléphones séparés et enregistrer chaque voix séparément. Pour environ cent piastres, tu as une très bonne qualité de micro et tu vas pouvoir faire une vraiment bonne job.
Olivier : Une job correcte. J'aurais un kit intermédiaire à recommander aux gens qui veulent faire un setup de podcast assis en personne. À mon sens, présentement, le meilleur deal sur le marché, c'est la console RodeCaster, avec soit deux SM7B, comme tu prends, soit des Rode Procaster. Ce sont des micros XLR qui se branchent directement dans la console. C'est fait pour aller ensemble, c'est le mix parfait. Les Procaster sont moins chers que les SM7B, et personnellement, j'aime mieux leur qualité de son. Ça va te revenir entre 1 000 et 2 000 piastres, et tu vas avoir une qualité de son radio, ce qu'ils prennent à la radio.
Olivier : Si tu as une entreprise, ça vaut la peine. Si tu es tout seul et que tu commences, prends des petits lavaliers : tu peux aller chercher un kit à moins de trois, quatre cents piastres. Et si tu veux faire de la production vidéo, mon set, c'est une couple de zéros de plus.
Marco : Avant de terminer, est-ce qu'il y a des podcasts que tu nous recommandes? Tu écoutes des podcasts? Olivier : Oui, quelques-uns. J'aime beaucoup le podcast de Joe Rogan. J'écoute aussi Jordan Peterson, même si ce sont parfois des conférences enregistrées plutôt que des podcasts. Quand j'ai commencé, j'en ai écouté beaucoup. Ces temps-ci, c'est moins, j'écoute plus des livres audio. Au début, j'écoutais The Fizzle Show. Je me suis beaucoup inspiré de leur modèle d'affaires pour faire mon entreprise.
Olivier : J'ai aussi beaucoup écouté Lewis Howes, ses 150 premiers épisodes. Pat Flynn, Smart Passive Income, aussi ses 150 premiers. J'ai une base où j'ai pas mal tout écouté. Tim Ferriss, même principe. Un des meilleurs podcasts ever, c'est Masters of Scale, de Reid Hoffman. Pour ceux qui s'intéressent à l'entrepreneuriat, c'est absolument incroyable. Reid Hoffman, c'est la personne qui a fondé LinkedIn, il fait partie de la PayPal Mafia, il est excessivement influent. Il y a aussi Eric Weinstein, un mathématicien super intéressant, qui a lancé son podcast récemment, si jamais la physique et les maths vous intéressent.
Marco : On t'écoutait tantôt avec les maths, visiblement... Olivier : Oh boy, je ne suis pas bon en maths, mais la physique, c'est intéressant. Marco : Quelle application utilises-tu pour écouter tes podcasts? Olivier : Google Podcasts et Spotify.
Olivier : Ah oui, hey, il y a un autre podcast. C'est un peu gênant à dire que j'écoute ça. Es-tu prêt? Je ne sais pas ce que les gens vont penser de moi, mais il y a un podcast qui s'appelle Call Her Daddy, et c'est vraiment drôle. C'est le genre de podcast que j'écoute tard le soir quand je fais de la route et que je ne veux pas m'endormir. Ce sont deux New-Yorkaises qui ont une voix vraiment gossante. Ça m'a pris un bout, mais je les trouvais drôles, alors j'ai continué. À un moment donné, je me suis habitué à leur ton de voix. C'était tellement niaiseux que j'étais captivé. Si vous voulez rire, c'est disponible sur SoundCloud. Ça parle de sexe et d'affaires de même. Ça sort un peu de Pat Flynn et de Smart Passive Income. Marco : Oh oui, on est à cent mille lieues de là.
Marco : En terminant, la plus belle histoire qui t'est arrivée depuis que tu fais Scotch et domination mondiale? The one. Olivier : Oh boy. J'ai fait des vraiment belles rencontres avec le podcast. J'ai aussi des histoires qui ne sont pas belles : j'ai eu un podcast qu'il a fallu que je refasse quasiment trois fois à cause de bugs techniques. Ça, ce n'est pas le fun. Mais les rencontres que j'ai faites! Lydia, avec qui j'ai eu l'occasion de discuter, qui est super cool. J'ai rencontré Robin, qui est maintenant un de mes amis. Il est vraiment cool, je l'apprécie énormément. Philippe aussi, qui a été une super belle découverte. Et David, de l'entreprise Social Mom, un média social pour les mamans. C'est phénoménal, le succès de cette application-là, et ce gars-là est vraiment cool aussi.
Olivier : Ce sont des rencontres que je n'aurais jamais faites, parce que tout le monde est occupé, personne n'a le temps. Le podcast, c'est une excuse : hey, on va passer du temps ensemble. Ça nous donne une raison de connecter dans nos horaires. Moi, ma mère, je la vois une fois aux trois semaines, et ça me fait de la peine, j'aimerais la voir plus souvent. Mes meilleurs amis, je les vois une fois aux deux semaines. On est tous débordés. Marco : C'est un maudit beau prétexte. Olivier : C'est un maudit beau prétexte.
Marco : Un gros merci pour ce beau prétexte et pour la valeur que tu nous as apportée en nous présentant tout ce que tu as fait dans le monde du podcast. Avec le succès de Scotch et domination mondiale et tout ce qui en rejaillit sur La Tranchée, les gens te connaissent déjà et savent que tu inspires beaucoup d'entrepreneurs. Merci beaucoup d'avoir pris le temps, c'est super apprécié. Olivier : Ça me fait énormément plaisir. N'importe quand, Marco, ça me fait plaisir de me trouver un prétexte pour qu'on jase.
Marco : Où trouve-t-on Olivier? Olivier : Sur Facebook, Olivier Lambert, et Scotch et domination mondiale. Sur Instagram, olivierlambert. Sur mon site web, olivierlambert.com, c'est vraiment facile, c'est mon nom. Et sur La Tranchée. Pour ceux qui veulent voir plus en profondeur comment j'écris et comment je pense : en podcast, c'est spontané, ce ne sont pas nécessairement les choses les plus réfléchies que j'ai dites de ma vie. Mais sur mon blogue, olivierlambert.com, j'ai quelques articles dont je suis vraiment fier. Si vous aimez ce que vous y trouvez, allez vous procurer mon livre, Double Tap. On est rendu à 4 ou 5 000 exemplaires vendus. Il est disponible en livre audio, si vous aimez ma voix mélodique, en Kindle et sur Amazon en format papier.
Marco : Excellent. Voilà qui termine cet épisode 71. Lundi prochain, on va parler des différentes façons de mesurer le succès d'un podcast. D'ici là, osez porter votre message aux oreilles de tous et commencez à changer le monde un auditeur à la fois. Ciao tout le monde, on se reparle lundi prochain.