Marco : Aujourd'hui, je te présente quelqu'un qui est particulièrement intéressant au niveau de son parcours de podcasteur. Son podcast est né dans un challenge de l'Académie du Podcast, mais c'est surtout son sujet qui est né dans le même challenge. Et son parcours de podcasteur est particulièrement intéressant parce que d'abord, il y a eu la formation, ensuite le bootcamp et finalement le Club Momentum, pour terminer dans le Club des Élites.
On a vraiment un bel éventail, mais qui a été fait un peu dans le désordre. On n'a pas l'habitude de le voir dans cet ordre-là. Alors je trouve ça vraiment intéressant de te partager cette entrevue que j'ai faite avec notre membre du Club des Élites, Christophe Rousseau.
L'Académie du Podcast, c'est pour toi, podcasteur aguerri ou en devenir, qui veux projeter ton message aux oreilles du plus grand nombre de personnes possible. À chaque épisode, on traite d'un sujet qui va t'aider à amener ton message encore plus loin. Je te remercie de passer quelques minutes avec moi aujourd'hui. C'est parti.
Christophe Rousseau, c'est l'homme derrière le podcast qui s'intitule Leadership Holistique. Ça peut te paraître un peu original comme appellation de podcast, et ce l'est. Il y a une raison pour ça. Christophe nous a confié dans l'entrevue qu'il voulait vraiment trouver quelque chose qui allait être à côté de ce qu'il faisait sur son site web, alors que la majorité des gens ont le réflexe de simplement calquer ce qui est déjà existant en termes de contenu sur leur site web ou un peu partout dans leur univers web.
Ils vont juste calquer ça et l'amener sous forme de podcast. Christophe, lui, a voulu faire ça un peu différemment, et c'est ce qui m'a amené tout de suite à diriger l'entrevue dans ce sens-là. Christophe, c'est quelqu'un que j'ai eu la chance de découvrir à travers le challenge de l'Académie du Podcast, qui a marqué son arrivée dans notre univers. Mais c'est surtout lors du premier bootcamp de l'Académie du Podcast que j'ai eu l'immense bonheur de le découvrir.
C'est un mec absolument incroyable avec qui j'ai eu énormément de plaisir lorsqu'on a partagé, entre autres, quelques verres de tequila et surtout quelques verres de vin, parce que je ne suis pas un gros amateur de tequila. On a eu la chance de trinquer lors du bootcamp de l'Académie du Podcast qui se tenait au Mexique en novembre 2021. Depuis ce temps-là, il s'est joint au Club Momentum et par la suite au Club des Élites.
J'ai eu la chance de le découvrir au fil du temps et c'est un être absolument exceptionnel que j'adore. Et si tu veux découvrir des êtres exceptionnels comme Christophe, tu en trouveras plus d'une centaine au sein du Club Momentum. Le Club Momentum, c'est quoi? Ce sont des podcasteurs francophones de onze pays de la francophonie qui sont là pour améliorer les résultats de leur podcast.
Tu peux avoir accès à un essai gratuit. C'est ce que Christophe a fait initialement : il en a profité pour venir tester la température de l'eau, se tremper le gros orteil, comme on dit. Tu vas trouver ça tout simplement au academiepodcast.com/momentum30. Un essai gratuit de 30 jours à cette adresse-là : academiepodcast.com/momentum30. Comme à l'habitude, dans les notes de l'épisode, tu vas trouver les liens pour aller écouter le podcast de Christophe Rousseau. Christophe Rousseau, bonjour, comment tu vas?
Christophe : Salut Marco. Écoute, ça va très bien, et toi?
Marco : Oui, ça va super bien. Merci de prendre quelques minutes avec moi aujourd'hui pour venir discuter de ton podcast, toi qui es un académicien accompli.
Christophe : Ça fait pas si longtemps, mais ça va bientôt faire un an. Je crois que je t'ai découvert un petit peu avant l'été de l'année dernière, dans le challenge de mai ou juin, je sais plus. Et puis après, j'ai enchaîné et je me suis plus jamais arrêté.
Marco : Il faudra qu'on fête ça. D'ailleurs, on est supposés se croiser à Paris dans quelques semaines.
Christophe : Tout à fait. Une bonne excuse pour fêter. On a toujours besoin d'une excuse.
Marco : Toujours, oui, pour un peu mieux vivre avec les remords par la suite. La première question que j'ai envie de te poser, c'est : qu'est-ce qui t'a amené vers le podcast? Tu as fait le challenge de l'Académie du Podcast, c'est ce qui t'a amené dans l'univers de l'Académie. Mais avant ça, est-ce que c'est quelque chose que tu avais déjà regardé de ton côté?
Christophe : Oui. Ça fait une dizaine d'années que je suis dans l'univers digital, où je travaille sur des sites internet, sur ma niche première qui était le lean management, le lean manufacturing. J'avais découvert le podcast à cette époque, en même temps que YouTube et tout le reste. Je trouvais ça intéressant, j'avais envie, mais je n'ai pas voulu partir tout seul et je n'ai jamais trouvé le bon coach ou la bonne formation. Je l'ai laissé de côté et j'ai développé le reste, tout en me disant quand même que c'est un truc que j'aime bien.
J'avais bien compris que quand tu écoutes un podcast, la transmission d'informations ne se fait pas de la même manière que quand tu regardes une vidéo ou quand tu lis un fichier PDF ou un livre. C'est vraiment différent. Je voyais bien que c'était puissant et que ça commençait à prendre, en tout cas en France. Donc ça faisait un bout de temps que j'avais cette idée, mais je ne l'avais jamais concrétisée. Et puis, comme par miracle, tu es apparu.
Marco : Tu as vu une publicité?
Christophe : J'ai vu une publicité sur Facebook, exactement. J'ai vu le challenge et je me suis dit : « Tiens, c'est une bonne idée. » Je me doutais bien qu'en cinq jours, je n'allais pas lancer mon podcast, mais je me suis dit que ça valait le coup d'essayer de me donner un petit coup de pouce pour voir ce que ça pouvait donner. C'était probablement le bon moment, et je me suis lancé.
J'ai aimé l'approche du challenge parce que ça m'a forcé à sortir un petit peu de ma zone de confort et à structurer le démarrage du podcast. Et j'ai pris du plaisir. Au bout des cinq jours, je n'avais pas fait l'épisode zéro, mais je l'ai fait quelque temps après. Le challenge était au mois de juin, je crois, et j'ai lancé mon épisode zéro le premier août.
Marco : Ça veut dire que tu n'étais pas loin d'être prêt au moment où tu as quitté le challenge. La structure était déjà en place, à tout le moins.
Christophe : Oui, il y avait le design, l'idée du podcast, le titre, le concept. Je ne voulais pas reprendre ce que je faisais déjà avec mon site internet, ma chaîne YouTube ou mes formations. Je voulais faire quelque chose d'un petit peu différent, qui me ressemblait plus. Je me suis dit : « Allez, avec le podcast, je lance un truc un peu différent. » D'où le leadership holistique. C'est vraiment pendant ce challenge que l'idée m'est venue. Je ne savais pas ce que j'allais mettre dedans, je savais juste que ça devait me ressembler.
Marco : Je trouve ça intéressant que tu dises que tu es allé ailleurs que ce qui est offert sur ton site web et dans tes formations. Parce que le premier réflexe que les gens ont lorsqu'ils lancent leur podcast, c'est souvent de se coller sur ce qu'il y a déjà sur le site web. Toi, tu as décidé de faire quelque chose qui était un peu à côté. Concrètement, c'était quoi la réflexion derrière ça?
Christophe : D'une part, ça faisait presque 10 ans que j'étais dans la thématique du lean manufacturing et je n'y prenais quasiment plus de plaisir. Forcément, ça se ressent sur les ventes. Deuxièmement, ça correspondait à une partie de mes compétences, mais on était loin de l'ensemble. J'avais envie de faire quelque chose qui me ressemblait plus, mais sur lequel je pouvais quand même m'appuyer.
Il fallait que je me rassure. Donc je suis parti sur des notions que je connaissais bien, c'est-à-dire le leadership. On n'est pas très loin de ce que je faisais avant, mais c'est un sujet qui marche bien et qui correspond plus à ce que je fais maintenant. Je me suis dit : « Je vais l'ouvrir un peu plus et développer un concept qui me sera propre, et le podcast sera mon vaisseau amiral pour le transmettre. » Parce que je pense que c'est par le biais de la parole et de l'audio qu'on peut transmettre ce genre de choses.
Marco : Et quand tu dis « ça me ressemble plus », est-ce que ça veut dire qu'il y a maintenant plus de Christophe à l'intérieur du contenu qu'il y en avait avant?
Christophe : Oui. Dans les premiers épisodes, pour me rassurer, je suis parti sur des choses très techniques, inspirées de ce que j'avais fait avant. J'ai ressorti du contenu que j'avais déjà créé, je l'ai remis au goût du jour et j'y ai mis un peu de ma personne, de mon expérience. Disons que j'ai fait ce mélange de coaching et d'expérience personnelle. Ça, c'était la première saison, donc tout 2021.
Puis quand j'ai démarré l'année 2022 avec le fameux défi « J'envoie », je n'avais plus le choix de faire des podcasts aussi préparés et aussi structurés, parce que ça me prenait quand même du temps de les préparer. Comme il fallait faire un truc tous les jours, je me suis lâché complètement. J'ai fait des choses totalement en dehors de ma zone de confort, qui me ressemblent forcément beaucoup plus, et j'en ai tiré un grand bénéfice.
Maintenant, j'ai fait l'analyse de ce que j'avais fait en janvier et de ce que j'avais fait l'année dernière, et j'ai fait un mélange des deux. Je suis assez content parce qu'il y a du fond, du contenu, et aussi une forme plus légère, plus personnelle, qui me demande d'ailleurs beaucoup moins de préparation. On va voir, mais en tout cas, j'ai de bons retours.
Marco : Justement, j'allais te demander quelle est la réaction des gens qui t'écoutent, qui ont entendu la saison un et qui entendent maintenant la nouvelle mouture de ton contenu.
Christophe : C'est assez drôle, parce que sur la première saison, j'avais peu de retours. Pourtant, en termes d'écoutes, c'était plutôt pas mal, et d'ailleurs mes premiers épisodes ont toujours beaucoup plus d'écoutes que les derniers. L'audience était largement acceptable, mais j'avais peu de retours. On me disait que c'était bien, que c'était pro, qu'on apprenait des choses. Par contre, j'ai eu beaucoup plus de retours par la suite, parce que j'allais sur des sujets un peu plus différents.
Je sors du leadership. C'est ça, le concept du leadership holistique : on n'adresse pas juste la partie management et collaborateurs, on adresse sa propre personne dans toute son entièreté, aussi bien son corps, ses émotions que ce qu'on a dans la tête et son esprit. J'adresse des sujets dont je me rends compte que tous les managers ou leaders un peu expérimentés vont dans ce sens-là. On a envie de bien vivre notre activité et d'apprendre des choses nouvelles qui nous sortent un petit peu du monde professionnel.
Typiquement, dans un des derniers épisodes, je parle de l'ikigai, c'est-à-dire comment trouver son job de rêve, le truc pour lequel on est né. Je trouve ça excellent de partager ça parce que c'est tellement vrai. L'ikigai, c'est quatre trucs : ce que j'aime faire, ce pour quoi je suis compétent, ce pour quoi on veut bien me payer et ce dont le monde a besoin. Quand tu as ces quatre trucs-là, tu as trouvé ta mission de vie.
Quand j'ai fait ce travail-là, je me suis dit : « Voilà, ma mission de vie, c'est faire du podcasting sur le leadership holistique, faire des formations, accompagner des gens et les aider sur cette thématique-là. » Et j'imagine que pour toi, c'est le podcast et faire découvrir le podcast au monde entier.
Marco : Tout à fait. Aider les gens à faire cette différence-là, ce que toi, tu fais à ton tour, mais dans ta propre thématique. Et les retours que tu reçois depuis ce temps-là, maintenant que c'est beaucoup plus collé sur ta propre réalité, sur ce à quoi tu veux que ta vie ressemble au quotidien : quel impact ça a sur ton audience?
Christophe : Je pense qu'il y a quelque chose que je n'avais pas réalisé, mais je commence à le voir. J'ai eu cet après-midi un premier contact avec un potentiel client qui me disait : « Écoute, je suis intéressé par tes compétences en lean management, tes formations, c'est super. Mais j'ai écouté tes podcasts et ce sont des sujets qui m'intéressent aussi. » Je pense que mon approche au niveau des podcasts rassure un certain nombre de personnes qui seraient intéressées par mes produits plus professionnels, plus de type managérial sérieux.
Ils se disent : « Attends, il y a un truc à côté, et le gars est quand même intéressant. » Je lui ai parlé de quelques concurrents que je connais bien, avec qui je m'entends très bien, et il m'a dit : « Non, je suis vraiment intéressé par toi parce que j'ai écouté tes podcasts et ils sont sympas. » Alors que le podcast ne traite pas du sujet dont il a besoin. C'est là que je me dis que ça se connecte. Le podcast révèle le vrai Christophe, et les gens ont besoin de vraies personnes maintenant. Ils n'ont pas juste besoin d'un gars qui te vend une formation en ligne et puis débrouille-toi.
Marco : Les gens vont acheter Christophe avant d'acheter la formation. Évidemment, Christophe vient avec les compétences, avec la notoriété, avec tout ce qui fait ce qu'il est aujourd'hui, mais ils vont acheter Christophe d'abord, avant d'acheter le reste.
Christophe : Et ça, je l'ai appris avec toi. Je ne m'en étais pas rendu compte. Je faisais du contenu très stéréotypé, ce n'était pas moi, et je comprends pourquoi ça ne se vendait pas très bien : il y a plein de gens qui font la même chose que moi. À partir du moment où tu commences à te vendre toi, et ce n'est pas un gros mot de dire qu'il faut se vendre, même si je sais qu'en France on n'aime pas ça, tu te démarques et tu crées ta marque.
Marco : C'est vraiment intéressant ce que tu apportes, et tellement vrai à la fois. Tu as vu les gens de l'Académie évoluer autour de toi, dans des thématiques vraiment ailleurs que la tienne. Et tu peux très bien voir ceux qui ont du succès avec leur podcast, avec leur façon de créer du contenu qui se colle à l'entreprise. Ce sont des gens qui modélisent, si on peut dire, ce que tu fais : ils se livrent eux-mêmes dans leur podcast et laissent les auditeurs découvrir qui ils sont, davantage que juste ce qu'ils ont comme compétences.
Christophe : On voit bien que de plus en plus, on va vers ça. Et le podcast est vraiment le bon vecteur pour ça, je trouve. Il y a une sorte d'intimité à écouter quelqu'un dans tes écouteurs quand tu es en train de te promener ou quand tu es dans la voiture. Il y a un vrai rapprochement. On pourrait se dire : « Attends, avec la vidéo, on voit et on entend, c'est quand même mieux. »
Mais en fait, pas du tout, parce que l'écran te repousse. Tu as l'impression d'être proche des gens, mais tu n'es pas proche parce qu'il y a une espèce de barrière physique qui est l'écran. Quand tu as les écouteurs, il n'y a plus de barrière physique : les gens sont dans ton cerveau, directement. Quand je parle, quand tu le fais aussi, on parle aux gens dans leur cerveau. Et c'est vraiment beaucoup plus puissant.
Marco : J'adore ça. Christophe, tu es arrivé dans l'Académie du Podcast par le biais de la formation. Tu as commencé par investir dans la formation qui s'appelle Podcaster Pro. Ensuite, tu es venu faire un tour dans le Club Momentum pendant un essai gratuit. D'ailleurs, l'essai gratuit est toujours valide : les gens qui veulent venir le rejoindre peuvent le faire, il y a présentement un essai gratuit de 30 jours.
Tu as profité de cette fenêtre de 30 jours pour venir essayer le Club Momentum, et par la suite, tu t'es dit que ce n'était peut-être pas pour toi, peut-être par manque de temps ou parce que ce n'était pas le bon timing. Et finalement, tu as décidé de venir voyager avec nous, au bootcamp de l'Académie du Podcast, le premier de l'histoire de l'Académie, au Mexique. Je ne veux pas te mettre des mots dans la bouche, mais je pense que si je te demandais quel trésor tu as trouvé dans l'Académie du Podcast, tu me dirais que c'est le bootcamp, qui a éveillé plein de choses en toi et qui t'a permis de rencontrer plein de gens. Qu'est-ce que ça a changé pour toi?
Christophe : Je me demande si je te l'avais déjà dit, mais je le redis. Quand je me suis inscrit à ta formation et qu'il y avait ce bootcamp de prévu, je savais qu'il fallait que j'y aille. Je ne sais pas te dire pourquoi. J'avais l'intime conviction qu'il fallait que j'y aille et que ça allait être important pour moi. Le groupe privé, je n'avais pas forcément le temps à ce moment-là. Je savais que j'allais y venir, mais c'était trop tôt.
Je suis allé au bootcamp en sachant que j'allais y apprendre des choses. On était en plein milieu du Covid, c'était compliqué. Et je n'ai pas été déçu, d'une part par le contenu des exercices qu'on a faits, par l'animation, c'était top. Mais c'est surtout la connexion avec les gens. Je ne me doutais pas à quel point j'allais rencontrer des gens avec qui j'allais connecter, des gens très différents de moi, d'univers complètement différents.
Ce n'est pas que le podcasting qui nous a rapprochés, c'est plein d'autres choses. C'était vraiment magique. J'ai eu des épiphanies. C'est lors de ce bootcamp que j'ai créé le programme de ma nouvelle formation, avec toutes les étapes et la structure, et que je me suis vraiment décidé sur le contenu du leadership holistique. Donc ça a été un double effet Kiss Cool, comme on dit chez nous : le travail, la créativité, et les rencontres absolument magnifiques.
Marco : Mais comment ça t'a permis de travailler sur une formation qui n'est pas touchée par le podcast? Je ne pense pas que tu aies vu quelque chose dans l'enseignement qui t'a amené à ça au niveau de ta formation. Qu'est-ce qui a fait qu'il y a eu des déclencheurs et qu'à un moment donné, tu t'es dit : « C'est ça qu'il me faut dans ma formation »?
Christophe : Je ne sais plus quel jour c'était, on devait préparer des épisodes très structurés. Je t'exposais ma problématique : comment créer ma formation, quoi mettre dedans. Et là, tu m'as donné deux ou trois tuyaux très simples, du genre les neuf piliers, les six trucs ou les trois machins. Il me fallait juste ça, il ne manquait pas grand-chose. Il y a eu cette discussion avec toi et une discussion avec Lucie un matin, au petit déjeuner, qui a fini de détricoter mon cerveau où tout était compliqué.
Et c'était bon, j'étais parti. J'avais tout ce qu'il fallait comme info. Je pense que tout était là, présent. Il fallait juste que quelqu'un m'aide, et ça a été ton cas, à voir les choses d'une certaine manière pour que je sache vers quoi je veux aller.
Marco : Tu avais juste besoin d'un œil extérieur pour clarifier, pour mettre de l'ordre dans tout ce que tu avais déjà dans ta tête, autrement dit.
Christophe : Ordonner. Et je crois que tu as cette capacité à rendre les choses simples et compréhensibles. C'est pour ça que j'ai sauté sur ta formation. J'ai toujours dit depuis le début : je suis ingénieur, j'ai besoin de trucs structurés. Et je ne suis pas un très bon ingénieur, parce que je ne suis pas très structuré, justement.
Le point fort, aussi bien du challenge que de ta formation, c'est la façon dont tu exposes les trucs étape par étape. Il suffit juste de suivre, tu appliques et tu ne peux pas te rater. C'est impossible de ne pas faire, aussi bien sur les aspects techniques que sur le fond et la forme. Pour ça, je te ferai de la publicité jusqu'à la fin de tes jours. Ça marche avec moi, peut-être qu'avec d'autres, ça ne marche pas.
Marco : Je t'engage, Christophe. Je t'engage clairement, comme attaché de presse, c'est fait.
Christophe : Voilà, c'est ça. Je t'envoie le contrat.
Marco : Il est dans la poste.
Christophe : Pour en revenir au bootcamp, je pense qu'il y a un mélange de tout. Ça faisait deux ans que je n'étais pas sorti de ma maison. Alors sortir de France, d'Europe, et aller au soleil, le contexte jouait déjà. On était un petit groupe et on était tous tellement contents de se retrouver là. Et ça a bien connecté.
Marco : As-tu eu cette impression qu'au moment où on est arrivés sur place, c'était comme si on s'était toujours connus? Que la connexion a été instantanée?
Christophe : Instantanée. C'est ça qui était très drôle. Pour une ou deux personnes, la connexion ne s'est pas faite immédiatement, mais pour 80 % des gens, ça a été immédiat, comme une bande de copains qui se retrouvent après deux ou trois années de galère.
Marco : Malgré qu'on ne s'était jamais rencontrés.
Christophe : Exactement. C'était vraiment fou. Et on est des personnes qui viennent d'horizons très divers et d'âges très divers. C'était vraiment très étonnant. Il y a un truc un peu mystique, finalement, là-dedans. D'ailleurs, j'ai fini dans les cénotes, au Mexique. Donc je pense qu'il y a un truc mystique.
Marco : Probablement, effectivement. Juste avant qu'on se quitte, Christophe, j'aimerais te poser une question que j'adore poser, parce que ce n'est pas le genre de question qu'on se pose normalement dans notre vie. Comme on dit au Québec, on n'aime pas se péter les bretelles. En France, on n'utilise pas cette expression-là, mais tu comprends l'idée. J'aimerais que tu réfléchisses à ça : quelle est ta plus grande fierté depuis le mois d'août 2021, en lien avec ton podcast?
Christophe : C'est une bonne question. Il y en a une, parce que c'est un truc que je traîne depuis longtemps. J'ai toujours fait des conférences, des présentations. Je n'ai jamais eu de problème à parler en public, mais c'était toujours très préparé, très scripté. Et je pense que ma plus grande fierté, c'était en janvier, de faire des podcasts presque totalement improvisés. Il y a celui où je vais dehors et où je tourne autour du CERN, qui est juste à côté de chez moi, avec mes écouteurs.
Je suis parti avec une idée en tête et je me suis dit : « Je vais voir. » Être capable de parler 15 minutes sans saouler les gens, parce que les gens écoutent, donc ça devait être intéressant. Ce n'était pas quelque chose d'inné chez moi. Et les retours sur ce type de podcast, le fait que les gens trouvent que ma voix est bien posée, que je suis agréable à entendre, qu'on me comprend et que le message que je passe est compréhensible et intéressant, je trouve ça juste exceptionnel. Ça donne une confiance.
Marco : À quoi est-ce que tu attribues cette facilité-là que tu as développée?
Christophe : Je pense que c'est mon développement personnel. Il y a 20 ans, j'aurais été incapable de le faire. C'est vraiment mon chemin de vie qui fait que maintenant, je suis capable de le faire. Et aussi de voir d'autres personnes le faire, en me disant : « Si les autres membres de l'Académie y arrivent, pourquoi moi, je n'y arriverais pas? » Il n'y a pas de raison. On n'est pas des surhumains, c'est juste le faire et prendre confiance. Il y en a qui sont ratés, il y en a qui sont réussis, et ce n'est pas bien grave.
Marco : Un genre d'osmose qui se fait à ce moment-là?
Christophe : Oui, on se sent encouragé par les autres membres, le groupe, les gens. Les gens qu'on a connus au Mexique, j'ai gardé contact avec eux, on se parle souvent via Messenger. Et il y a les feedbacks positifs de ces personnes, qui sont importants pour moi. Et puis, mine de rien, ce n'est pas tout le monde qui a un podcast avec 40 épisodes et plus de 100 écoutes à chaque épisode.
Je pense qu'on a le droit d'être fier quand on a fait des choses comme ça, sans se la péter, comme tu dis, mais en se disant : « Je dis des trucs qui intéressent le monde. » Hier soir, je regardais mes statistiques, on en parlait justement pendant une séance, et je me suis rendu compte qu'un tiers de mon audience est en Pologne. Je ne sais pas pourquoi. Il y a des gens qui m'écoutent au Canada, en Pologne, en France et en Suisse, bien évidemment. Je me dis que c'est quand même incroyable.
Marco : La beauté de la chose, Christophe, c'est qu'avant longtemps, tu auras probablement une grosse audience en Ukraine aussi.
Christophe : Il y a beaucoup de francophones en Ukraine, oui. Pour ceux qui écoutent tes podcasts et qui font partie de l'Académie, ou qui hésitent encore à en faire partie, la grande fierté, c'est de réaliser ces épisodes. Les faire chaque semaine, ça peut paraître difficile des fois. Mais un an après, quand tu as fait 40 ou 50 épisodes, des bons et des moins bons, peu importe, tu as appris.
J'ai appris plein de choses sur moi et plein de choses en général, parce que tu as envie de lire des livres en te disant : « Tiens, je vais parler de ça dans mon podcast. » Tu as envie de regarder des émissions, de chercher, d'étudier des choses pour en parler, tu as envie de partager du savoir. Et ça te fait avancer. C'est vraiment super enrichissant comme expérience.
Marco : Christophe Rousseau, c'est toujours un plaisir de discuter avec toi, de t'avoir dans notre écosystème et de te rencontrer lorsqu'on fait des trucs en live. On aura la chance de se croiser dans quelques semaines à Paris, et probablement aussi à l'automne, au tome deux de notre bootcamp dans les Caraïbes. Tout est dans les notes de l'épisode pour les gens qui veulent aller découvrir ton podcast. Un gros merci encore une fois pour ta confiance, et on se reparle très bientôt.
Christophe : Merci à toi, c'était super intéressant, comme toujours.
Marco : Ciao ciao.