Marco : Cette semaine, je reçois la podcasteuse derrière le podcast Le Gratin. Pauline, c'est une entrepreneure. Elle a lancé Gemmyo, première marque de joaillerie française construite via le digital. Elle anime maintenant son podcast Le Gratin depuis deux mille dix-huit. On va discuter avec elle évidemment de son parcours, mais aussi et surtout de son podcast. Bienvenue sur l'épisode quatre-vingt-dix de l'Académie du podcast.
Annonce : Vous désirez amener votre entreprise à un autre niveau, vous démarquer et créer du contenu différent et original ? L'Académie du podcast est l'outil qu'il vous faut. Marco Bernard est l'expert qui a formé le plus grand nombre d'entrepreneurs francophones à démarrer leur propre podcast sur la planète. Il vous enseigne les détails du podcasting en profondeur et partage avec vous les secrets des podcasteurs qui ont du succès. Bienvenue sur l'Académie du podcast. Voici votre hôte, Marco Bernard.
Marco : Le podcast Le Gratin, c'est un des podcasts indépendants de référence qui traitent d'entrepreneuriat en France. Au Québec, on n'a pas trop entendu parler de ce podcast-là, mais si tu es dans le milieu du podcast et que tu traînes un peu dans le monde du podcast entrepreneurial, Le Gratin, c'est définitivement une référence. C'est même un endroit où tu veux peut-être passer si jamais tu n'as pas déjà entendu parler de ce podcast-là. On y a entendu une foule de grands entrepreneurs au fil du temps. Pauline Laigneau, son animatrice, en est à tout près de cent épisodes à ce jour.
Aujourd'hui, on la reçoit sur l'Accélérateur. On va parler entrepreneuriat, on va parler podcast bien sûr, mais au moment où on a enregistré cette entrevue-là, on était au tout début de la crise de la COVID-19. Donc on a évidemment parlé un peu de la crise, mais on a essayé de rester dans des sujets un peu plus jojo, si on peut dire, des sujets qui vont intéresser tous les gens qui peuvent s'adonner à l'entrepreneuriat, et qui peuvent peut-être tirer des exemples de ce que Pauline a réussi à faire avec son entreprise. C'est vraiment une super histoire.
Je suis très heureux de vous la présenter. C'était une belle découverte de mon côté, et je remercie Aline, qui est animatrice du podcast « J'peux pas, j'ai business », un podcast français également, qu'on a déjà reçue il y a quelques mois sur les ondes de l'Accélérateur et sur les ondes de l'Académie du podcast. Aline fait partie du mastermind de l'Académie du podcast et elle a un super beau podcast, si jamais ça vous intéresse d'aller jeter un coup d'œil. C'est elle qui m'avait parlé de Pauline comme invitée potentielle à recevoir sur l'Accélérateur. Je suis très heureux d'avoir écouté Aline, d'avoir invité Pauline, et très heureux qu'elle ait accepté de venir s'entretenir avec nous.
Je vous la présente dans quelques instants, mais en attendant, le présentateur de cet épisode, c'est la boîte à outils. Qu'est-ce que c'est que la boîte à outils ? Ce sont des ressources, des outils que j'utilise pour opérer mes entreprises depuis plus de dix ans maintenant. C'est tous les outils que j'ai dénichés au fil de ces dix années de marketing web, et j'ai rendu ça disponible pour vous faire sauver du temps et de l'argent. C'est disponible tout à fait gratuitement : vous avez juste à vous rendre au marcobernard.ca/outils, au pluriel. Jette un coup d'œil, je suis certain que tu vas apprécier l'ensemble des outils qu'il y a là.
Vous allez possiblement remarquer quelques petits ennuis de son de mon côté. Du côté de Pauline, ça s'est très bien passé. De mon côté, j'ai eu un ennui avec mon micro lors de cette entrevue. J'ai travaillé ça du mieux que je pouvais et je pense qu'au final, c'est bien acceptable. Je m'en excuse à l'avance, et de toute façon, le contenu est très efficace, vous allez voir. Je vous laisse à l'entrevue avec Pauline Laigneau et je vous reparle tout de suite après.
Marco : Alors Pauline, j'ai découvert ton podcast via une autre podcasteuse française, Aline, il y a quelques mois. Elle m'a dit à ce moment-là qu'il fallait absolument que je jette un œil à ce qui est pour elle un des meilleurs podcasts indépendants en France. Je suis allé zieuter ça avec grand plaisir. Je suis très heureux de t'accueillir aujourd'hui pour discuter de ton parcours et de ton podcast. Merci beaucoup Pauline d'avoir accepté l'invitation.
Pauline : Merci à toi Marco d'avoir sollicité l'invitation. Ça me fait plaisir, j'aime beaucoup le Canada en plus, donc je suis très contente de parler avec toi. Merci aussi pour le compliment sur le podcast, ça fait toujours super plaisir.
Marco : On est en pleine crise du COVID-19. On ne va pas passer beaucoup de temps là-dessus parce que l'épisode va probablement être diffusé après le pire de la crise, mais on n'a quand même pas le choix d'en glisser un mot. D'ailleurs, sur ton podcast, j'ai vu que tu avais réservé des épisodes en lien avec la COVID. J'ai fait la même chose de mon côté sur l'Accélérateur : on essaie d'aider les entrepreneurs du mieux qu'on peut. Pour toi, comment ça se passe personnellement ?
Pauline : Écoute, j'ai deux activités comme toi, c'est-à-dire ma boîte Gemmyo, qui est une marque de joaillerie, et mon podcast. Étant donné que mon temps est encore très consacré à mon activité entrepreneuriale avec Gemmyo, j'avoue que la période est particulièrement stressante et difficile, parce que la France est en confinement actuellement. Ça sera rigolo si on écoute cet épisode dans quelques semaines, et j'espère qu'on aura tous des bonnes nouvelles. Actuellement, en tout cas, c'est vraiment pas la joie.
Il fait très beau dehors, donc ça, c'est sympa, mais on est tous enfermés, et concrètement, le commerce en souffre énormément. Avec Gemmyo, on a trois boutiques qui sont fermées et, au-delà de ça, les gens ont pas tellement en tête d'acheter, encore moins de la joaillerie, qui est ce qu'on vend. Je reçois beaucoup de messages sur mes réseaux sociaux d'entrepreneurs et globalement, je pense qu'on peut dire que l'économie française est à l'arrêt.
Clairement, ça se passe difficilement, et au-delà des chiffres qui sont pas très bons, humainement c'est difficile, et au niveau administratif aussi. Ce qui est plutôt sympa à l'inverse, c'est que je reçois beaucoup de messages de soutien de la part de mes auditeurs, et aussi des messages de demande d'aide, ou qui me disent que dans cette période où il y a des personnes qui sont très seules, chez elles, le fait d'avoir accès à des podcasts, c'est vraiment un vent d'air frais. Je pense que toi, tu le vis aussi, Marco. Je dois dire que ça fait hyper chaud au cœur.
Marco : Gemmyo, ça représente combien d'employés au moment où on se parle ?
Pauline : On est une petite trentaine. Actuellement, il y en a beaucoup qui travaillent plus, parce que tous ceux qui étaient en boutique ne peuvent plus travailler, mais c'est une petite trentaine de personnes. C'est une marque profitable depuis quelques années, qui se développe bien, de manière saine et sereine, c'est-à-dire de manière autofinancée. Mais du coup, c'est ça aussi qui est difficile : on est assez seuls dans ce genre de cas, parce qu'on n'est pas adossé à un groupe ou à des fonds.
Il faut se débrouiller tout seul. Et la traction de Gemmyo était très bonne depuis le début de 2020, alors même qu'en France, tu l'as peut-être suivi, on a eu pas mal de soucis entre les gilets jaunes et les grèves. Faire du commerce en France, c'était pas très facile depuis quelques années, et ça se passait quand même très bien. Alors là, en plus, le COVID, même si on pense d'abord aux soignants et aux personnes qui souffrent de la maladie, pour moi et pour beaucoup d'entrepreneurs, c'est vraiment le dernier stade en termes de difficultés.
Marco : Définitivement. C'est une entreprise qui a été fondée en 2011. Tu dis que depuis quelques années, c'est fonctionnel, c'est rentable. Ça a été fondé avec deux partenaires. L'idée est arrivée d'où ?
Pauline : L'idée, en fait, c'est que j'étais pas entrepreneur. J'ai fait des études littéraires, rien à voir, et j'étais assez paumée quand j'étais plus jeune. Je savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie, donc je suivais un peu les avis, notamment de mes profs et de mes parents. J'ai fait des études qui m'ont emmenée vers l'enseignement : je devais être prof d'anglais, figure-toi, parce que j'étais plutôt bonne en anglais et bonne à l'école. J'ai fait ces études-là sans réfléchir. Je me suis rendu compte assez tard dans ma vie que c'était pas ce que je voulais faire, et que j'allais être très malheureuse si je continuais à vivre le rêve d'autres personnes et que je me prenais pas en main ma propre vie.
Ça a été une période d'introspection très forte, où j'ai mis beaucoup de temps à vraiment me dire : « Mais qu'est-ce que je veux faire ? » Ça a été très difficile d'arriver à cet aboutissement. Je suis arrivée à la conclusion que je voulais entreprendre : ce qui m'intéressait dans la vie, c'était l'aventure, la prise de risque, le fait de créer quelque chose. Je pense que j'avais pas réalisé à quel point créer une entreprise est risqué, dangereux et parfois difficile, mais en tout cas, ça me faisait rêver.
Et quand mon copain de l'époque m'a demandé de l'épouser, lui aussi était arrivé à peu près au même cheminement dans sa tête. On s'est rendu compte qu'il y avait une expérience super en joaillerie, mais assez intimidante : les pièces étaient très belles, mais très chères, et ça s'adressait pas vraiment à des Français ou à des pays occidentaux. Globalement, les grandes marques proposaient des produits très beaux, mais très chers, dans une ambiance pas du tout conviviale ni chaleureuse. On s'est dit qu'il y avait probablement une place pour une marque de joaillerie avec un style différent, plus authentique, plus naturel, qui mette en avant la femme d'aujourd'hui, et pas une espèce d'égérie complètement fausse.
Sans rien connaître au secteur de la joaillerie, parce que j'avais personne dans ma famille qui travaille dans ce secteur-là, on s'est dit : « On va tenter. » C'était un peu un test, parce qu'on n'avait jamais été entrepreneurs, on n'avait jamais bossé ensemble. C'était mon copain, donc on s'est marié, et maintenant je travaille avec mon mari. On a mis tous les œufs dans le même panier, on s'est dit : « On va tenter notre chance. » Ça fait maintenant neuf ans que la boîte existe, et c'est la troisième marque de joaillerie la plus recherchée en France sur Google. C'est quand même une certaine forme de succès.
Marco : Tout à fait. Est-ce que c'est venu d'une passion pour la joaillerie que tu avais déjà à la base ?
Pauline : Justement, j'ai honte de le dire : pas du tout. Souvent, les gens me demandent : « Est-ce qu'il faut que je crée ma boîte et que je sois passionné par mon produit ? » Je pense qu'on le devient quand on travaille beaucoup pour son produit. Je suis devenue passionnée de joaillerie, je m'intéresse énormément au secteur et j'adore les pierres.
C'est un secteur qui fait rêver. Mais si je suis honnête avec toi, Marco, je n'étais pas passionnée par la joaillerie. J'ai toujours bien aimé les bijoux, mais j'en portais pas beaucoup.
J'ai vraiment découvert cet univers quand je me suis fiancée, comme beaucoup de gens. Souvent, les gens ne connaissent rien au secteur de la joaillerie : c'est quand ils se fiancent, quand ils se marient, qu'ils sont plongés tout d'un coup dans cet univers. C'est un moment très bizarre, parce que c'est un peu intimidant, tu y connais rien, et tout d'un coup, tu dois apprendre plein de codes, ce qui se fait, ce qui se fait pas, le bon goût. C'est assez stressant, parce qu'en plus, ce sont des sommes importantes, et c'est censé être des choses que tu dois porter toute ta vie en tant que femme. Toutes ces contradictions et ces contraintes nous ont fait réaliser qu'il y avait une opportunité pour des personnes qui voulaient juste que le bijou leur ressemble, que porter un bijou, ça soit un peu révéler sa personnalité.
C'est pour ça qu'on a créé Gemmyo. Par rapport à d'autres maisons, notre grosse différenciation, c'est qu'on vend sur Internet en particulier, même si on a des boutiques maintenant. Pourquoi ? Parce qu'on a décidé tout de suite que notre fabrication serait sur mesure. Tu vas sur notre site internet, tu peux choisir des modèles qu'on a créés, mais tu peux choisir la pierre et le métal. Si tu aimes le bleu, tu vas choisir du saphir.
Si tu aimes le vert, de l'émeraude. Si tu ne portes que de l'or blanc, tu vas porter de l'or blanc. On a une série de six métaux différents et quinze pierres, qui te permet de co-créer le bijou, de te l'approprier. Ensuite seulement, on le fabrique pour nos clients. Toute l'idée derrière la marque, c'est qu'elle soit non seulement dans l'air du temps, mais qu'elle n'impose pas les codes et permette à chacun de s'approprier son bijou, qui soit un peu révélateur de qui la personne est vraiment.
Marco : Tu dis que tu as démarré ça avec ton mari. J'ai vu, en faisant des recherches, qu'il y avait deux partenaires avec toi. Le deuxième partenaire, est-ce que c'est quelqu'un qui est du milieu de la joaillerie ?
Pauline : Non. Le deuxième partenaire, qui n'est plus dans l'entreprise actuellement mais avec lequel on a travaillé pendant très longtemps, c'est le frère de mon mari. Rien à voir, c'était juste une boîte familiale. Je pense que s'il y en a un qui connaissait encore moins le secteur de la joaillerie, c'était lui : on n'était même pas fiancés ni mariés, et il était un peu plus jeune que nous.
Il y avait vraiment personne qui s'y connaissait. Mais c'est une bonne question, parce que le secteur de la joaillerie est très secret, très fermé. On s'en rendait pas compte à l'époque, mais ne pas être du sérail, c'était à la fois un avantage et un inconvénient.
L'inconvénient, c'est qu'on n'y connaissait rien, qu'il a fallu tout apprendre, que franchement on a perdu beaucoup de temps et fait plein d'erreurs, notamment au niveau technique. Mais l'avantage, c'est que parce qu'on n'y connaissait rien, on n'avait pas de barrières mentales, pas de croyances limitantes. Par exemple, le cœur du business de Gemmyo, c'est notre business model : on fabrique des bijoux sur mesure. Normalement, en joaillerie, ça n'existe pas. Les joailliers portent en stock des bijoux qu'ils mettent dans leurs boutiques. La manière dont tu crées normalement une marque de joaillerie, c'est que tu dessines des bijoux, tu fabriques du stock et ensuite tu le dispatches dans toutes tes boutiques.
Marco : Comme une œuvre d'art à réaliser.
Pauline : Et nous, comme on n'avait pas d'argent, c'était ça la contrainte, on s'est dit : plutôt que d'immobiliser de l'argent qu'on n'a pas en stock, on va penser les choses différemment. On va imaginer des modèles que les clients pourront personnaliser avec la pierre et le métal sur Internet, mais on les fabrique uniquement sur mesure. C'est pour ça qu'on a pensé à ce business model très particulier sur Internet : on vendait des images en premier lieu. Les gens achètent des images, et une fois que l'image est achetée seulement, on fabrique le bijou.
C'est au cœur de notre business model et c'est une des grandes forces de Gemmyo, parce que ça permet d'avoir des coûts plus intéressants pour les clients. Comme on n'a pas de stock, on peut faire payer moins cher, on a moins besoin de faire de la marge. On peut aussi offrir plus de choix : si le client veut de l'or rose, il peut prendre de l'or rose. Et ça nous a permis de nous développer très vite, parce qu'on n'a pas investi sur le stock, mais plutôt sur le marketing, sur l'image.
Marco : Ça doit prendre quand même un lot d'employés techniques à travers une entreprise comme ça. Est-ce que c'était un des premiers moves que vous avez faits, d'aller chercher des gens qui connaissaient ce domaine-là ?
Pauline : Le secteur de la joaillerie, non, c'est une bonne question. On a commencé par s'entourer, mais pas par des personnes en interne : on avait plutôt pris le parti de travailler avec des ateliers. Et la chance qu'on avait, entre guillemets, c'est que 2011, c'était aussi une période de crise quand on a créé l'entreprise, la crise des subprimes, et toutes les grandes maisons de joaillerie de la place Vendôme travaillaient un peu moins avec des ateliers. Les ateliers cherchaient donc des nouveaux clients, notamment les ateliers français.
C'est pour ça que, alors qu'on n'était pas du tout connus ni crédibles, on a réussi à attirer quelques artisans qui travaillent pour les plus grandes maisons de la place Vendôme et à leur dire : « Essayez de bosser avec nous, vous allez voir, on est sympa, on va se battre, on va bien y arriver. » Habituellement, ils auraient jamais accepté de travailler avec nous. On s'est entourés de partenaires dont certains sont devenus vraiment des amis. On a travaillé ces partenariats, j'insiste dessus, pour à la fois nous former et les former sur d'autres domaines, notamment toute la gestion informatique, et apprendre de ces personnes qui sont des joailliers de génération en génération. On n'a pas embauché directement, mais on s'est formés à la source, auprès d'ateliers.
Marco : Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez des gens à l'interne qui fabriquent vos propres bijoux ?
Pauline : Maintenant, non, on travaille toujours ce qu'on appelle à façon, mais c'est le cas pour beaucoup de marques, même Cartier. Très peu de marques de joaillerie ont vraiment leurs propres ateliers, ou alors elles ont uniquement quelques artisans pour faire de la haute joaillerie. Souvent, quand une marque te dit « nos ateliers », c'est pas leurs ateliers en propre. Ce sont des ateliers à façon, parce que ce sont des usines avec des matériaux évidemment précieux, qui nécessitent des coffrages très particuliers et de la chaleur aussi. L'or, par exemple, est fondu à 850 degrés. C'est assez complexe, donc c'est finalement assez rare d'avoir des ateliers en propre.
Mais après, on a des personnes en interne qui sont des spécialistes. On a notamment des gemmologues, des spécialistes des pierres, et des personnes qui connaissent vraiment la fabrication et qui peuvent faire du contrôle qualité, à la fois des pierres et des bijoux, pour avoir quand même notre œil interne de contrôle.
Marco : Tu disais tantôt que depuis quelques années, vous êtes rentables. Ça fait tout près de dix ans que vous êtes officiellement lancés. Quelle est l'idée dont tu es la plus fière dans ton entreprise depuis le lancement ?
Pauline : Ah, c'est une bonne question. L'idée dont je suis la plus fière... Je pense qu'on est une boîte plutôt audacieuse et assez innovante.
Marco : C'est pour ça que je te pose la question. Il y a sûrement plusieurs trucs qui font en sorte que, comme tu l'as dit tantôt, vous vous démarquez par le fait que vous offrez la possibilité d'avoir quelque chose d'entièrement personnalisé. Mais à travers tout ça, vous avez plein de modèles, plein de trucs que vous faites qui vous démarquent comme entreprise. Est-ce qu'il y a quelque chose en particulier qui te rend particulièrement fière dans l'histoire de ta compagnie ?
Pauline : Je pense qu'il y a deux choses. La première, j'en ai parlé au début, c'est notre business model. C'est peut-être un peu terre à terre de parler de ça, mais en réalité, on est les seuls aujourd'hui à avoir repensé le business model de la joaillerie. Et c'est assez ambitieux, quand tu y penses, parce que la joaillerie existe depuis des milliers d'années.
On est les premiers, entre guillemets, à avoir créé une marque où tu n'es pas en train de vendre du stock et d'imposer un produit prédéfini à ton client. Tu peux partir du besoin du client et ensuite le co-construire avec lui. Je trouve que c'est vraiment innovant, et j'en suis plutôt fière, surtout qu'on a utilisé pour y arriver pas mal de technologies : Internet, évidemment, mais aussi l'impression et l'imagerie 3D.
La première étape de la fabrication du bijou, c'est de créer un moule. Comme le bijou est fabriqué sur mesure, il est différent à chaque fois, donc on passe par une première étape d'impression 3D : on imprime le moule, en résine, en fines strates qui s'accumulent et recréent le bijou. C'est à partir de ça qu'on va pouvoir créer la vraie pièce en métal. Il y a donc pas mal d'innovations dans ce qu'on fait, même si c'est un secteur assez traditionnel. Ça, je dirais que c'est la première fierté, mais qui date un peu.
Une autre fierté, plus récente, c'est peut-être bête à dire, mais c'est tout simplement l'expérience client qu'on propose. La personnalisation dont je te parle, elle est dans le fait de pouvoir choisir sa pierre et son métal, mais elle est aussi dans un millier de petits détails : quand tu es un client Gemmyo, tu as un interlocuteur unique. Quand tu arrives dans notre boutique, on te connaît par ton nom, tu as pris rendez-vous, on sait quels bijoux tu as déjà achetés. On t'envoie des mails à toutes les étapes de la fabrication de ton bijou, précisément, pour te dire où ça en est, si ça va être en retard. On est très attentifs aux détails, pour que la personne qui reçoit le bijou se rende compte que c'est vraiment quelque chose d'unique et de personnel. Et ce n'est pas comme vendre des chaussures.
J'ai interviewé pour mon podcast pas mal de personnes qui sont plutôt dans le secteur de la grande distribution, le consumer goods, comme ils disent. Il y a une différence fondamentale entre le luxe et le consumer goods. Dans le consumer goods, il y a beaucoup de volume. Dans le luxe, la réalité, c'est qu'il n'y a pas énormément de volume, parce que tu vends les choses assez chères.
Si en plus tu n'as pas beaucoup de volume, il faut que ça soit très unique et très personnalisé. Nous, on attache beaucoup d'importance à ce que les choses ne soient pas forcément toujours très scalables, même si on essaie toujours de mettre de la technologie pour que ça le soit le plus possible. On fait vraiment en sorte que chaque client ait l'impression de ne pas être un numéro, mais quelqu'un de complètement unique.
Marco : C'est peut-être encore un peu tôt pour te poser cette question-là, mais je me permets de te la poser quand même : comment penses-tu que cette entreprise va être transformée par la crise qu'on est en train de vivre présentement ?
Pauline : C'est pas facile de répondre. Je me dis, pour me rassurer, que les bijoux, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Les gens vont continuer à se marier, à vouloir célébrer des moments de vie importants. Même si c'est pas forcément le premier achat qui nous vient en tête quand on n'a plus de sous, c'est quand même une célébration, donc je pense que ça va continuer à exister. Après, comment l'entreprise va évoluer ? Je te donne un exemple.
On n'a plus de boutique, donc on a commencé à mettre en place des rendez-vous vidéo. Pour la première fois, on fait des rendez-vous à distance, un peu comme on fait notre podcast là : on présente les bijoux, on ne les fait pas essayer parce qu'on ne peut pas, mais on les montre virtuellement au client. Ça marche hyper bien et les clients adorent. Jamais je me serais dit que ça marcherait. Avant ça, on était soit en physique, soit au téléphone, et il y a un entre-deux possible, qui est de juste montrer le bijou. Là-dessus, il va falloir qu'on se perfectionne parce que pour l'instant, c'est assez imparfait.
Mais je vois aussi cette crise comme une opportunité. Beaucoup de gens le disent et c'est assez vrai : une opportunité pour se challenger, pour trouver de nouvelles ressources, de nouveaux leviers de croissance, pour apprendre, pour penser au rebond et à l'après. Pour nous, ça passe par de nouveaux services, et certainement par nous améliorer sur l'image de marque et la connaissance client. On profite énormément de cette période pour faire un peu plus de travail de fond : passer des coups de téléphone à nos clients, mieux les comprendre, comprendre ce qu'ils apprécient ou pas, comment faire évoluer la marque au mieux.
Et ça, c'est un conseil que je peux donner aux entrepreneurs qui ne peuvent pas bosser en ce moment : ne vous tournez pas les pouces. Il y a énormément de quoi faire, notamment au niveau de la compréhension client et du marketing. C'est peut-être justement le moment d'y réfléchir. Je sais pas exactement ce que ça signifie encore pour la marque, mais je pense qu'on va redoubler d'énergie pour essayer de compenser toutes les pertes qu'on aura eues pendant cette période.
Marco : Tu parlais de rebondir après la crise. Quelle différence vois-tu entre se lancer en affaires en 2011 et se lancer en affaires en 2020 ? Peut-être que dans quelques mois, ça va complètement changer ton opinion, parce qu'il va peut-être y avoir des mesures que les pays vont mettre en place pour relancer l'économie et pallier cette crise. Mais si on regarde les éléments qu'on a en main aujourd'hui et qu'on compare au moment où tu t'es lancée en 2011, c'est vraiment des différences. Est-ce que c'est plus facile, est-ce que c'est plus difficile ?
Pauline : Pour la France surtout, parce que c'est le pays que je connais. En 2011, l'entrepreneuriat n'était pas à la mode, premièrement. Le web existait, mais à part acheter des billets de train ou d'avion sur le site de la SNCF, les gens ne dépensaient pas beaucoup d'argent sur Internet. À l'époque, il y avait beaucoup moins de concurrence, et elle était moins bonne.
Mais à l'inverse, c'était pas très facile d'être crédible quand tu essayais de chercher des financements sur Internet. C'était l'une des difficultés qu'on a eues au départ, parce que personne n'y croyait. Surtout vendre de la joaillerie sur Internet, personne n'y croyait.
Je pense que maintenant, quand tu es entrepreneur et que tu le dis, il y a presque une fierté, en France en tout cas. Les banques écoutent, il y a des aides. Je dirais pas que c'est plus facile maintenant parce qu'il y a plus de concurrence : il y a un devoir d'être très bon et de beaucoup travailler. Mais à l'inverse, il y a beaucoup plus d'aides, beaucoup de financements, sincèrement une manne financière. Je parle pas de la période de crise, qui est particulière, mais jusqu'à il y a encore deux semaines, créer une boîte en France n'était pas difficile. Il y a énormément d'outils pour le faire.
Créer un statut d'autoentrepreneur, c'est assez simple. La BPI est là pour soutenir les entreprises françaises. Je trouve que l'écosystème entrepreneurial français, et parisien en particulier, a complètement changé. À l'époque, en 2011, c'est marrant, c'était pourtant il y a pas si longtemps, mais on était tout seuls. Vraiment tout seuls.
Maintenant, il y a beaucoup plus d'entraide. Il y a des podcasts, des communautés qui se sont créées. Tu peux beaucoup plus tisser des liens, demander des feedbacks, avoir des témoignages. Tout ça, ce sont des choses qui font qu'on peut aller plus vite. Ça, c'est le point positif.
Le point négatif, c'est qu'à l'inverse, il y a moins le droit à l'erreur, parce qu'il y a beaucoup plus de gens, que les gens sont bons, qu'ils en veulent, qu'ils bossent et qu'ils ont accès à plus d'informations. Il y a un devoir, maintenant, en tant qu'entrepreneur, d'être le meilleur en permanence : c'est encore plus compétitif. Il faut vraiment toujours penser à l'après. Ne pas uniquement travailler sur son business actuel, mais se demander comment je vais l'améliorer, comment je vais le développer, le faire grandir, alors même que tu travailles sur les problèmes du moment.
Marco : Et si en valeur absolue, dans un monde idéal, tu avais le choix entre te lancer en affaires en 2011 ou en 2020, juste pour le côté technique, le côté pratique, qu'est-ce que tu choisirais ?
Pauline : Je pense que ça dépend du secteur d'activité. Dans le secteur de la joaillerie, je pense que 2011, c'était un peu tôt, très honnêtement. J'aurais plutôt lancé ma boîte en 2015 si j'avais eu le choix. Mais je regrette rien. Je pense qu'il y a beaucoup une question de timing dans l'entrepreneuriat.
Pour reformuler ta question, le secteur du food delivery, maintenant, c'est peut-être un peu tard, mais il y a trois ou quatre ans, c'était exactement le bon moment pour se lancer là-dedans. Donc je peux pas vraiment répondre, parce que ça dépend. Pour Gemmyo, une marque de joaillerie, je dirais que 2015 était une bonne période, et que 2011, c'était un peu tôt. À l'inverse, le podcast, le lancer maintenant, c'est déjà un peu tard, presque, en France, alors que le lancer il y a deux ans, c'était exactement le bon moment, je pense.
Marco : Justement, tu as lancé ça il y a deux ans, un podcast qui s'appelle Le Gratin, un des très bons podcasts indépendants en France. Et c'est pas un podcast relié à ton entreprise du tout : on ne parle pas de joaillerie dans ce podcast-là. La première question que j'ai envie de te poser, c'est pourquoi un podcast plutôt que, avec la fille de littérature qui est en toi, un blog ? Ça aurait pu aussi être la fille qui travaille en joaillerie, qui aurait pu dire : je vais prendre une chaîne YouTube qui va me présenter de beaux visuels, de belles images de ce que je fais. Pourquoi choisir un podcast à ce moment-là ?
Pauline : C'est une super bonne question. Y a pas de réponse claire, si ce n'est que j'aime les podcasts, que je suis consommatrice de podcasts, que ça me plaît comme média et que je suis assez à l'aise à l'oral. Ça n'a pas toujours été le cas, mais maintenant, c'est le cas. Je trouve que c'est plus difficile d'être en vidéo, en tout cas pour moi, et je consomme moins YouTube, donc je me voyais moins être dessus.
Pour le blog, quand j'étais plus jeune, j'en ai eu un pendant, allez, deux mois peut-être. J'ai pas été très disciplinée là-dessus. T'as raison, j'aurais tout à fait pu avoir un blog. C'est juste que j'ai eu d'autres choses dans ma vie, j'ai pas continué, je me suis pas accrochée.
Mais je pense aussi que j'ai vu l'opportunité au niveau du timing, on en parlait juste avant. Il y a deux ans, j'ai commencé à écouter des podcasts, et je suis tombée vraiment folle amoureuse du format, que j'ai trouvé hyper intéressant. J'apprenais plein de choses. J'aimais beaucoup le fait de pouvoir écouter un podcast et de faire autre chose en même temps, comme beaucoup de gens, et d'utiliser ce temps un peu perdu pour apprendre, me cultiver et être la meilleure version de moi-même.
J'adorais cette idée et je me suis dit que c'était exactement le bon moment. En France, il y en avait encore assez peu à l'époque. Je sais pas quel était l'univers du podcast au Canada, mais en France, il y avait peu de podcasts natifs. Je me suis dit : il faut pas que je perde de temps.
Là, c'est l'entrepreneur qui parle : il faut que j'y aille, c'est le moment ou jamais.
Marco : Et comment es-tu arrivée à choisir ton sujet ?
Pauline : Je l'ai choisi par goût personnel. Je suis pas assez passionnée par le business en soi. Tu as compris que j'ai créé une marque de joaillerie, mais très honnêtement, il se trouve que j'ai vu cette opportunité et que maintenant, je suis tombée amoureuse du secteur de la joaillerie. En réalité, j'aurais très bien pu vendre des vêtements, des appartements, un peu n'importe quoi. Le sujet, pour moi, c'était d'avoir un produit auquel je crois, de servir mes clients et de partager quelque chose. Et ce sujet du business, c'est vraiment un truc qui me passionne.
Surtout, le fait de partager tout ce que j'ai pu apprendre en rencontrant d'autres entrepreneurs, mais pas que des entrepreneurs : des artistes, pas mal de sportifs sur le podcast. Ça me plaît énormément. Je trouve que dans la vie, souvent, on se rappelle des bons moments, mais on se rappelle encore plus des bons moments qu'on a partagés. Cette notion de partage, c'est quelque chose que je trouve assez puissant.
Quand on a quelque chose qu'on aime, si on est un peu seul à l'aimer, souvent, c'est un peu décevant. L'idée, c'était de me dire : j'ai quelque chose que j'aime, autant le partager. Et ce que je constate, c'est que le fait que ça soit partagé m'apporte beaucoup plus de bonheur, parce que j'ai tous les retours des auditeurs. C'est beaucoup plus sympa que si j'avais juste une conversation avec telle ou telle personne qu'ensuite j'oublie.
Marco : Je regardais l'ensemble des épisodes que tu as réalisés sur ton podcast, et je notais qu'au début, il n'y avait pas nécessairement de fréquence très fixe. Parfois il pouvait y avoir un épisode dans un mois, parfois deux consécutifs dans l'espace de quelques jours. Et à un certain moment, il y a eu une certaine régularité qui s'est installée. Comment s'est faite cette réflexion autour de la fréquence de ton podcast ?
Pauline : Complètement. J'ai lancé le podcast, pour être honnête, en me disant : « Je tente, je vais voir si j'apprécie, je vais voir s'il y a un retour positif. » Je vais pas faire un plan sur la comète. Entre le moment où j'ai eu l'idée de faire ce podcast, où j'ai commencé à réfléchir à la ligne éditoriale, et le moment où je l'ai lancé, je pense qu'il y a eu deux semaines : le temps que je commande sur Amazon mes deux micros Shure et mon enregistreur Zoom. J'ai pas vraiment réfléchi plus que : je veux tester, je veux voir si ça me plaît, je vais faire trois, quatre épisodes et puis, si ça me plaît, je verrai comment je le fais évoluer. C'est pour ça que le début est beaucoup plus déconstruit : je voulais juste voir si ça me plaisait.
Il y a eu un bel impact rapidement, et surtout, je me suis prise au jeu assez vite. Je me rappelle pas exactement à quel moment j'ai décidé de passer à quelque chose de plus régulier, mais je me suis rendu compte, en observant ce que faisaient mes confrères, que la régularité, le fait d'avoir un rendez-vous, c'était quelque chose qui se faisait beaucoup. Et moi-même, en tant qu'auditrice de podcast, j'aimais me dire que le lundi ou le dimanche, tel podcasteur que j'aime beaucoup allait publier un épisode. Je l'attendais, ça créait une sorte d'anticipation. Ça, c'est le premier élément.
Le deuxième élément, à titre purement égoïste, c'est que j'avais mon activité Gemmyo, qui me prenait beaucoup de temps. Je me suis dit : si je me crée pas une discipline qui est de me forcer à faire un épisode par semaine, il y a 80 % de chances pour qu'au bout d'un moment, ça parte complètement en vrille, que j'arrête de les faire, ou qu'il y ait six mois entre chaque épisode. C'était presque une discipline personnelle : si j'annonce un rendez-vous tous les lundis matins, ce qui est le cas pour les interviews du Gratin, je vais être obligée de le faire parce que j'ai cette pression publique. C'est pour ces deux raisons que je l'ai fait, je dirais au bout de trois, quatre mois peut-être.
Marco : Au départ, c'était la majorité du temps des entrevues. Après ça, il y a eu des épisodes solo qui se sont mixés à travers ça. C'était quoi la réflexion derrière ça ? Et comment les gens ont-ils réagi quand ils ont vu qu'à un certain moment, il y avait des épisodes avec juste Pauline ?
Pauline : Je vais être tout à fait honnête avec toi, Marco, je crois que tu es la première personne à qui je l'avoue. Le premier épisode solo, je l'ai fait parce que je n'avais pas d'invité : j'étais sur la corde raide, je m'étais dit qu'il fallait que je publie un épisode et j'en avais pas. Je me suis dit : bon, je vais faire un épisode solo, why not, je réponds à vos questions. J'avais pas mal de personnes qui commençaient à me poser des questions, je commençais à avoir ma petite communauté.
Je me suis dit : je tente, on va bien voir. Je crois que le premier épisode était assez court, peut-être une vingtaine de minutes. Je l'ai fait franchement un peu par erreur, par anticipation : il me semble qu'un invité avait décommandé, ou un truc dans le genre.
Ensuite, à un moment, je me suis dit que ça fonctionnait plutôt bien, donc je vais en faire tous les quatre, cinq épisodes. Je l'ai fait avec une certaine régularité, et maintenant, je me laisse un peu de flexibilité. Parce que pour être honnête avec toi, c'est quand même pas mal de travail, les épisodes solo, encore plus qu'un épisode à deux, parce que je parle plus. Et au fond, j'aime assez rencontrer des gens : j'aime bien les épisodes où je vais découvrir une nouvelle personnalité.
Je continue à en faire des solos, notamment via le Book Club, un autre format que j'ai lancé, où je parle toute seule, mais qui est beaucoup plus court. Mais c'est vrai que je le fais pas avec une très grande régularité. Tu m'as bien grillée sur ce point.
Marco : Tu parlais de tes invités, tu disais que c'était intéressant de recevoir des invités. Comment les choisis-tu ?
Pauline : Je peux pas te répondre réellement, parce qu'il y a pas de framework hyper précis, si ce n'est que j'ai envie de connaître cette personne et de lui poser des questions. Ça peut tout autant être un champion du monde de kickboxing, ce que j'ai déjà eu sur le podcast, qu'une tatoueuse ou qu'un entrepreneur à succès. Et ce n'est pas forcément des secteurs qui m'intéressent fondamentalement. Moi, le tatouage, je suis pas tatouée, je compte pas me faire tatouer, a priori rien me lie au tatouage.
Mais on m'a parlé de cette femme, Marlène, et quand j'ai regardé son univers et ce qu'elle faisait, j'ai vu une telle dedication, comme ils disent en anglais, une telle intensité dans son travail. Je me suis dit : cette femme, j'ai vraiment envie de la connaître, de comprendre pourquoi elle fait ça, ce qui la drive, ce qui fait qu'elle se lève tous les matins à 5 h du mat' et qu'elle bosse entre 6 h et 22 h tous les jours sur ce sujet. Je suis désolée, je te fais une réponse pas très claire, mais en gros, ce qui fait que j'ai ces invités sur Le Gratin, c'est deux choses.
La première, c'est que j'estime que ce sont des personnes qui sont un exemple et qui ont du succès. Le positionnement du Gratin, ça s'appelle Le Gratin, c'est un jeu de mots sur le fait que c'est la crème de la crème. Je fais assez attention à prendre des personnes qui ont réellement des choses à nous apprendre et qui ont eu un vrai succès. Je sais que le thème du succès est débattu, mais globalement, ce sont des personnes qui se sont démarquées, qui font partie, en France en tout cas, des un pour cent qui ont le plus réussi dans leur domaine. C'est assez important pour moi d'avoir un niveau assez élevé sur mes invités.
Et en plus de ça, je sélectionne ensuite au coup de cœur, en fonction de mon appétence à leur poser des questions. C'est pas uniquement égoïste : je me dis que si j'ai rien à leur dire et pas de questions à leur poser, l'interview va être mauvaise. C'est aussi pour mon audience que je me dis que c'est le meilleur moyen de procéder.
Marco : Tout à fait. Est-ce que tes invités sont déjà revenus vers toi en te disant qu'ils avaient eu des retours à la suite de leur passage sur ton podcast ?
Pauline : À peu près tous, oui. Je sais pas si toi, tu le vis aussi, mais ce qui est hyper agréable, c'est que j'ai une communauté vraiment hyper bienveillante, agréable, qui soutient les invités, qui s'implique. Je donne très souvent soit le mail quand la personne l'a donné, soit le réseau social de mes invités, LinkedIn ou Instagram. Il m'est arrivé assez régulièrement d'avoir des messages, le lendemain du podcast, d'un de mes invités qui me disait : « Mais en fait, j'ai jamais eu autant d'e-mails, je suis complètement submergé, sincèrement, je ne sais plus quoi faire. » Parce que le podcast a une certaine audience, mais au-delà de ça, je pense que les gens s'impliquent, donnent leur avis, félicitent et remercient.
Il y a vraiment cette ambiance hyper conviviale et agréable. Quasiment tous les invités m'ont dit : « Je suis étonné », même si je les préviens. Et j'en ai certains qui m'ont dit : « Limite, c'est un problème, en fait. » Par exemple, Victor Lugger, le fondateur de Big Mamma, avait laissé son mail, il m'a dit : « Sincèrement, j'en ai reçu tellement que je sais plus quoi faire. »
Il n'y a pas très longtemps, un autre podcasteur, Cédric, qui a un podcast très sympa sur le management, m'a dit : « C'est pareil. J'ai, entre guillemets, fait la folie de laisser mon mail, et je m'en suis pris des centaines et des centaines. » Je leur ai pas demandé combien c'était, donc je peux pas te dire, mais je peux imaginer qu'il y en a un certain nombre.
Marco : Parallèlement à ça, je vais te poser une question en lien avec des pratiques aux États-Unis qui commencent à voir le jour depuis un certain temps. Il y a des boîtes qui créent des podcasts, et des indépendants aussi, qui exigent de leurs invités de payer pour paraître sur un podcast, jusqu'à trois mille dollars US pour une apparition. Qu'est-ce que tu penses de ça ?
Pauline : D'accord. Je pense que ça peut se justifier, mais il faut que ça soit clair, il faut que ça soit dit. Ça dépend si c'est un format qui est vraiment un publireportage, un peu comme ça peut arriver dans la presse. Dans un magazine papier, une marque de cosmétiques, par exemple, ça se fait souvent, peut avoir carrément une page où t'as l'impression que c'est une page normale du magazine.
En réalité, c'est pas du tout un reportage écrit par un journaliste : c'est la marque qui a écrit « On adore ce produit pour telle et telle raison ». Ça, c'est payant, évidemment, et c'est marqué plutôt en petit « publireportage ». Certaines personnes s'y trompent et comprennent pas que c'est un publireportage, mais c'est quelque chose qui existe.
Je serais pas étonnée que ça soit de plus en plus présent dans le monde du podcast. Je pense qu'il faut faire attention. Ce qui me paraît essentiel, c'est que si t'es podcasteur, ce qui fait ta valeur ajoutée, c'est de garder ta ligne éditoriale. À la rigueur, j'ai pas tellement de jugement sur le fait de faire payer ou pas tes invités, parce que ça peut te permettre de soutenir ton podcast.
Mais pour moi, il est évident qu'il faut que tu gardes ton indépendance, ta liberté de penser, et que tu aies le choix de dire non. Par exemple, telle marque te dit : « On aimerait bien passer dans votre podcast et on est prêt à vous payer. » D'accord, mais dans ce cas, tu choisis l'invité, tu choisis le discours, tu l'invites de la manière dont tu veux.
Si c'est un vrai publireportage comme dans la presse, où c'est écrit publireportage de A à Z, le podcasteur n'a plus rien à dire, c'est même pire que dans son interview. Je pense qu'un truc plus intelligent, c'est de mettre en valeur des gens qui ont envie d'être mis en valeur, mais de façon gagnant-gagnant, pour que le podcasteur garde complètement son indépendance. Et c'est aussi à lui de savoir dire non quand la marque va le forcer. La réalité, c'est que si t'es payé, les marques vont probablement commencer à dire : « On aimerait couper tel passage et rajouter ça. » Il va falloir être très vigilant là-dessus, je pense.
Marco : Qu'est-ce qui t'excite le plus depuis deux ans d'animer ton podcast ?
Pauline : Ça reste de rencontrer des gens que je n'aurais jamais rencontrés sinon. Toi et moi, on se rencontre : t'es au Canada, je suis en France, y a pas de raison qu'on se rencontre. Je t'ai parlé de Cédric Doumbé, le kickboxeur : je connais rien au monde du kickboxing, au MMA, aux arts martiaux, et j'ai adoré Cédric, on est potes. Maintenant, on s'envoie régulièrement des messages sur Insta. Pareil avec plein d'autres personnes, la fameuse tatoueuse, ou une personne neuroscientifique.
Je trouve que c'est une ouverture d'esprit et sur le monde que je n'avais pas avant. Avant, comme malheureusement beaucoup de gens et en tout cas beaucoup d'entrepreneurs, j'étais très centrée sur mes problèmes, mes soucis, ce que j'avais à faire et mon petit cercle d'amis. Pour moi, ce que le podcast m'apporte le plus, c'est cette ouverture sur le monde et des amitiés que je n'aurais jamais anticipées. Cette surprise, c'est quelque chose que j'aime beaucoup.
Je te donne un exemple : pour les un an du podcast, j'ai fait un truc assez sympa, j'ai invité toutes les personnes que j'avais reçues sur Le Gratin et j'ai appelé ça le grand dîner du Gratin. Comme c'est en France, à Paris, c'est un petit monde, donc il y en a beaucoup qui sont venus. Ce qui était génial, c'est qu'on a passé une super soirée alors qu'il y avait des gens qui n'avaient rien à voir les uns avec les autres : un publicitaire complètement fou, une championne du monde d'escrime, une fille qui a fait que des ultra-trails et des ultra-marathons, une avocate. Des personnes qui ne devraient pas se rencontrer. J'aime assez cette idée de casser les conventions et d'ouvrir son champ des possibles.
Marco : Si tu parles de faire un meet up avec les gens sur Paris, j'imagine que les invités viennent pas mal tous de Paris ?
Pauline : Pas tous. J'avoue que j'ai un biais fort pour Paris, parce que j'y habite. Et puis la France est un pays très centralisé, comme tu sais, donc comme j'ai beaucoup d'invités français, il y en a quand même beaucoup qui passent à un moment donné par Paris. Ils ne viennent pas tous de Paris du tout.
J'ai déjà fait très souvent des épisodes à distance : j'ai eu Stan, de Marketing Mania, qui est au Vietnam, et Greg, qui habite à Toulouse. J'ai évidemment des personnes un peu partout dans le monde, j'ai même eu une Indienne qui habite en Inde. Mais oui, il y a une surreprésentativité de Paris, qui traduit une réalité : souvent, les gens qui sont très compétitifs et qui essaient d'être les plus actifs et les plus présents en France sont très souvent basés à Paris. C'est pas forcément une bonne chose, c'est pas forcément la réalité pour tous, mais ils passent très souvent à Paris, ces gens-là.
Marco : Parlons un peu de technique. Est-ce que c'est toi qui fais ton montage ?
Pauline : Ça l'a été pendant longtemps. Je l'ai fait pendant un an, je dirais, toute seule, avec Audacity. Pour tout te dire, j'aimais plutôt bien ça. C'est juste que ça prend du temps, comme tu sais.
Je monte très peu : je faisais en sorte que ça soit agréable à l'écoute, j'ai toujours pris le parti que ça soit très naturel, mais s'il y a des toux ou des sons pas très agréables, ou des tics de langage vraiment trop récurrents, j'essaie d'améliorer un petit peu la réalité. Je gardais le discours, à moins que l'invité me dise : « Ce passage, je t'en supplie, enlève-le. » Là, je l'enlève, mais sinon, je garde tout.
Il y a pas énormément de montage, mais c'est du temps quand même, parce que je réécoutais l'épisode de A à Z. Je sais que tous les podcasteurs ne le font pas : plein de podcasteurs publient directement le podcast sans l'avoir réécouté. Moi, j'avoue que je suis mal à l'aise à cette idée. Comme je fais une introduction, pour me rappeler l'épisode, j'aimais bien réécouter. Je l'ai fait pendant longtemps, mais depuis un an, je l'externalise, déjà parce que ça me prenait beaucoup de temps, et parce que j'ai travaillé avec quelqu'un qui a fait du bénévolat pendant trois ou quatre mois, qui faisait ça, et qui a maintenant monté sa boîte. Pour le soutenir, je l'externalise auprès de lui.
Marco : C'est intéressant. Côté plateforme d'hébergement, où as-tu affaire, où pointes-tu tes épisodes ?
Pauline : J'ai changé, pour tout te dire. J'ai commencé sur Libsyn, une plateforme nord-américaine, je crois, qui fonctionne plutôt bien, qui est pas chère du tout, donc ça a pas mal de bénéfices. Libsyn te permet de rediriger tout autant sur Spotify que sur SoundCloud, sur Apple Podcasts. C'est très complet comme plateforme, même si l'interface est pas très intuitive et franchement un petit peu vieillotte, mais ça me dérangeait pas plus que ça. Là, j'ai changé en janvier, il y a trois mois, pour passer sur Art19. Pourquoi ?
Pour être tout à fait franche avec toi, Marco, je fais du sponsoring en pré-roll depuis quelques mois, et Libsyn coûte les deux bras, les deux jambes et la tête en même temps. Ça me coûtait presque plus cher de faire du sponsoring que de ne pas en faire. J'ai donc décidé de changer de plateforme. Sincèrement, je comprends pas très bien la politique tarifaire de Libsyn à cet égard : ils sont pas chers du tout quand tu fais pas de sponsoring, mais dès que t'en fais, c'est hallucinant. Du coup, j'ai switché sur Art19, qui est un peu moins bien, pour être honnête, parce qu'il y a moins de fonctionnalités, mais au moins, le prix est à peu près dix fois moins cher.
Marco : Au niveau statistique, qu'as-tu vu comme évolution depuis le début ? Est-ce que tu vois une évolution constante ? Comment ça se traduit en termes de chiffres ?
Pauline : J'ai jamais eu de pic. Enfin, si, j'ai eu des pics, mais j'ai pas eu de moments où avant, je faisais deux mille écoutes par mois et maintenant dix mille, ou tout d'un coup deux cent mille par mois. C'est arrivé de manière assez graduelle, franchement. C'est une pente qui monte, qui monte et qui, entre guillemets, s'arrête jamais. Même si là, en ce moment, avec le confinement, ça a un peu baissé.
Mais jusqu'à présent, ça montait sans trop s'arrêter, lentement mais sûrement. Pour te donner les chiffres, jusqu'à avant le confinement, ça dépend un peu des mois, mais en février, je crois que j'ai fait pas loin de trois cent mille écoutes. C'est pas des auditeurs uniques, etc., c'est toujours un peu difficile, les statistiques. Mais globalement, le podcast, c'est entre deux cent cinquante et trois cent mille écoutes par mois maintenant.
Marco : Est-ce que tu observes une augmentation stable ?
Pauline : L'augmentation, elle est stable. Je suis toujours un peu étonnée : le mois de janvier est historiquement plutôt un bon mois, j'ai remarqué que je faisais toujours des pics en janvier. Je peux pas t'expliquer pourquoi, mais je constate. Le mois de septembre aussi, à la rentrée, j'ai l'impression que les gens se mettent au podcast, alors que le mois d'août est plutôt un mois pas très bon.
J'ai un podcast qui est très écouté par des gens qui travaillent, et c'est pour ça qu'il est un peu moins écouté en ce moment, en période de confinement. Mes statistiques me disent qu'ils l'écoutent essentiellement le matin en allant au travail et le soir en rentrant du travail, probablement aussi en faisant leur sport. S'il y a pas ce rituel d'aller au boulot le matin et le soir, il y a un peu moins d'écoute. Pour répondre à ta question, au niveau des pics, j'ai jamais eu de pics énormes, si ce n'est quand j'ai un invité qui me met en avant, ce qui est évidemment un bon moyen de gagner de l'audience.
En général, ça augmente, mais ça ne double pas tout d'un coup. Même si un invité est hyper connu : j'ai déjà eu sur mon podcast des personnes qui ont plus d'un million de followers sur Instagram, qui l'ont bien relayé, mais c'est pas pour autant que tout d'un coup, la terre entière va l'écouter. Ça reste un format long d'une heure. Tout le monde n'a pas envie de passer du temps à faire ça.
Marco : Qu'est-ce que tu utilises comme méthode pour faire la promotion de tes épisodes ?
Pauline : Essentiellement deux méthodes. La première, c'est ma communauté personnelle : développer mes propres réseaux sociaux, LinkedIn et Instagram en particulier. Notamment LinkedIn qui, pour un podcast business comme le mien, et probablement comme le tien, a un impact assez énorme. J'ai quarante mille followers sur LinkedIn et franchement, le reach sur LinkedIn actuellement est quand même assez génial.
J'ai beaucoup de personnes qui me disent qu'elles ont connu mon podcast via LinkedIn. Sinon, c'est essentiellement via les invités. C'est évident, si tu as des invités avec une communauté, et dont la communauté les aime vraiment, c'est utile.
J'insiste toujours sur le fait que c'est pas parce que quelqu'un a une très grosse communauté que sa communauté est vraiment fan. Il vaut beaucoup mieux avoir une personne qui a même cinq mille followers sur Instagram, mais des die hard followers qui l'adorent, plutôt qu'un million de personnes qui la suivent pour la suivre, mais dont personne n'a vraiment rien à faire. J'ai déjà eu des cas de personnes qui avaient des super communautés hyper engagées, et ça m'a vachement aidée.
Marco : Et quand tu as encore le temps d'écouter des podcasts ?
Pauline : Je les écoute. Je fais un truc qui est terrible, mais je m'y suis faite : maintenant, j'écoute les podcasts en vitesse un et demi. J'ai vraiment l'impression d'être une workaholic.
Marco : Une junkie de podcast.
Pauline : Mais non, parce que comme j'ai moins le temps d'en écouter, parce que je fais les miens et que je travaille beaucoup, j'en écoute un peu moins qu'avant, par période. J'essaie quand même d'en écouter, et pour gagner du temps, je les écoute en vitesse un et demi. En ce moment, un peu comme mes propres auditeurs, j'en écoute moins, parce que je fais moins de transports et que je fais pas de course à pied. Normalement, ce sont ces moments-là où j'en écoute.
Marco : Quelle application utilises-tu pour écouter tes podcasts ?
Pauline : Personnellement, je suis sur Apple Podcasts, parce que j'ai un iPhone et que c'est comme ça que j'ai découvert les podcasts.
Marco : C'est plus simple. Est-ce qu'il y a des podcasts que tu veux nous recommander ?
Pauline : Avec plaisir. Attends, je prends mon téléphone en même temps, comme ça je vais vraiment te dire la vérité. Je vais être honnête, je suis assez exigeante : je suis pas abonnée à énormément de podcasts et je suis assez dure à convertir. C'est pas parce que j'estime que la personne ne fait pas du travail qualitatif, au contraire : très souvent, je trouve que les podcasts sont qualitatifs, mais ça me correspond pas ou c'est pas des sujets qui m'intéressent tant que ça. Mes quelques podcasts phares, déjà en langue anglaise : un que tu connais certainement, How I Built This avec Guy Raz, que j'aime beaucoup.
Un autre qui s'appelle Masters of Scale, avec Reid Hoffman, le fondateur de LinkedIn. Et le Tim Ferriss Show, qu'on ne présente plus. Ce sont, je pense, mes trois podcasts préférés au niveau anglo-saxon. C'est pas d'une très grande originalité, comme tu peux le voir.
Marco : Non, c'est bon. Je comprends bien que ces podcasts-là sont premiers dans leur catégorie respective aux États-Unis.
Pauline : J'aime assez un nouveau podcast, que j'écoute pas hyper régulièrement, mais que j'aime bien. Il s'appelle Starting Greatness, c'est le podcast de Mike Maples Jr., que j'avais d'ailleurs écouté pour la première fois sur le Tim Ferriss Show, un entrepreneur et surtout un investisseur américain que je trouve très juste dans ses podcasts et dans tout ce qu'il dit. Ça, c'est pour les podcasts américains.
Pour les podcasts français, il y en a moins en réalité, mais j'en écoute un petit peu. Il y a un podcast que j'écoute pas tous les jours, mais une fois par semaine ou toutes les deux semaines, qui s'appelle Le Super Daily. C'est un podcast très axé social media, que je trouve intéressant en tant que marketeuse, et qui me permet d'être très rapidement tenue au goût du jour. Il dure vingt minutes, et quand je l'écoute en vitesse un et demi, ça me prend vraiment dix minutes : une information très concentrée en très peu de temps. Il y en a un autre que j'aime bien aussi, même si j'écoute pas tous les épisodes, qui s'appelle Outils du manager, dont j'ai d'ailleurs invité l'animateur sur le podcast.
Ce sont vraiment des outils RH pour bien gérer ses équipes. En français, ce sont les deux principaux que j'écoute. J'en écoute de temps en temps, mais assez rarement, un qui s'appelle Les couilles sur la table, que je trouve assez rigolo, un podcast sur la masculinité. Il y a pas grand-chose à voir avec moi, mais je trouve que c'est plutôt rigolo et intéressant au niveau du format. Sincèrement, c'est à peu près tout.
Marco : C'est unique. Je vais mettre ça dans les notes d'épisode.
Pauline : En fonction de certains épisodes, je découvre de nouveaux podcasts, j'en écoute de temps en temps, mais ce sont vraiment ceux que j'écoute avec régularité.
Marco : Excellent. À quel endroit peut-on poursuivre la discussion avec toi, Pauline, si on veut discuter ?
Pauline : On peut la poursuivre sur LinkedIn et sur Instagram, sur mes comptes. C'est facile, c'est Pauline Laigneau, tout attaché, et Laigneau, c'est L-A-I-G-N-E-A-U. Sinon, en écoutant Le Gratin aussi, bien sûr, mais essentiellement sur LinkedIn et sur Instagram, où je suis assez active.
Marco : Excellent. Un gros merci pour ton passage sur l'Accélérateur, super apprécié. On met dans les notes d'épisode les liens vers ton podcast, vers ton site, vers les plateformes de médias sociaux que tu as mentionnées. Continue ton bon travail, c'est super apprécié. En tout cas, moi, j'ai découvert ton podcast il y a quelques mois, et depuis ce temps-là, il est dans mon appli.
Pauline : Je te reconnais, j'ai pas encore eu le temps d'écouter l'Accélérateur, c'est pour ça que je l'ai pas cité, mais je vais le faire de ce pas. On se voit bientôt. Merci beaucoup, Marco. À bientôt.
Marco : Ciao. Un gros merci à Pauline Laigneau. Je pense que vous avez apprécié autant que moi de découvrir cette podcasteuse. Si jamais vous n'êtes pas déjà allés du côté du podcast Le Gratin, je pense que vous allez aller y jeter un coup d'œil dès que cet épisode va se terminer. C'est franchement bien fait, pour vrai. Allez jeter un coup d'œil, vous serez pas déçus, définitivement.
Au prochain épisode, on va parler de l'importance de l'équipement dans la production d'un podcast. Dit comme ça, ça va peut-être de soi : l'équipement, le micro, tout ce qui entoure la production d'un podcast sur le plan technique, sur le plan de l'équipement, sur le plan logiciel aussi. Mais en même temps, des fois, on peut être tenté de lancer avec des équipements un peu moins bien, moins coûteux, plus rudimentaires, qui vont très bien faire l'affaire au départ. C'est de ça dont on va parler : les avantages, les inconvénients d'avoir un équipement à la fine pointe, et ce que ça peut représenter comme investissement de bien faire au niveau de l'équipement dans l'animation d'un podcast.
On se donne rendez-vous la semaine prochaine, lundi prochain. D'ici là, osez porter votre message aux oreilles de tous et commencez à changer le monde, un auditeur à la fois. Ciao tout le monde, on se reparle lundi prochain.