Épisode 65 du podcast L'Académie du Podcast : Comment attirer 250000 auditeurs par mois sur le podcast Génération Do It Yourself avec mon invité Matthieu Stefani
septembre 30, 2019

Comment attirer 250000 auditeurs par mois sur le podcast Génération Do It Yourself avec mon invité Matthieu Stefani | E065

250 000 auditeurs par mois.

En français.

Toi, tu te demandes peut-être si ton podcast va un jour dépasser quelques centaines d’écoutes.

Et si ça vaut la peine de continuer chaque semaine, sans savoir si ça va rapporter.

Dans cet épisode de L’Académie du Podcast, enregistré pour la Journée internationale du podcast, Marco Bernard reçoit Matthieu Stefani, animateur de Génération Do It Yourself et cofondateur de l’agence Cosa Vostra. Matthieu raconte comment il est passé de 17 523 écoutes la première année à plus de 200 000 écoutes par mois, comment il fixe ses tarifs publicitaires, et comment son podcast lui amène des clients qui valent des centaines de milliers d’euros.

Ce que tu vas apprendre dans cet épisode

  • Comment Matthieu attire 250 000 auditeurs par mois
  • Le parcours derrière plus de 100 épisodes, et pourquoi il est passé en hebdomadaire
  • Comment il fait grandir son audience sans budget publicitaire
  • Comment il fixe son prix pour les annonceurs et comment il a décroché Google
  • Les leçons pour ton podcast : comment en faire un levier pour ton entreprise

Comment attirer 250 000 auditeurs par mois?

Avec plus de 100 épisodes, Génération Do It Yourself attire 250 000 auditeurs chaque mois. Le secret de Matthieu : du temps, de la constance et un bouche-à-oreille travaillé un auditeur à la fois.

C’est énorme pour la francophonie. Matthieu explique son parcours, chiffres à l’appui :

  • 2017 : 17 523 écoutes sur SoundCloud pour toute l’année. Aujourd’hui, il fait ça en deux jours.
  • Septembre 2018 : passage en hebdomadaire, avec un bond d’environ 50 % des écoutes mensuelles.
  • Mars à avril 2019 : son épisode sur la chance, avec Philippe Gabilliet, le fait passer de 85 000 à 125 000 écoutes par mois.
  • Septembre 2019 : plus de 200 000 écoutes par mois, avec une croissance qui descend rarement sous 25 à 30 % par mois.
  • Été 2019 : il continue de publier en août pendant que presque tous les autres s’arrêtent, et gagne 30 % entre juillet et août.

Une leçon qui surprend : ce ne sont pas forcément les invités les plus connus, avec un énorme compte Instagram, qui font grossir ton audience. Son plus gros épisode porte sur un sujet universel, la chance.

Et Matthieu n’oublie pas d’où il vient. Quand il faisait 200 écoutes par épisode, il disait à ses associés : « Tu te rends compte, 200 personnes m’ont écouté pendant une heure et demie avec cet invité. » Aujourd’hui, il fait à peu près, par épisode, la capacité du Parc des Princes, le stade du Paris Saint-Germain, soit près de 50 000 personnes.

« Invite 53 personnes demain chez toi, tu vas t’apercevoir que 53 personnes, c’est beaucoup de monde. »

Marco Bernard

Pour aller plus loin, lis transformer un épisode en contenus pour les réseaux et pourquoi la constance fait le succès d’un podcast.

Faut-il publier son podcast chaque semaine?

Publier chaque semaine aide clairement à faire grandir un podcast, mais ce n’est pas obligatoire au départ : selon Matthieu, l’important est d’abord de produire, épisode après épisode. Sa philosophie : « done is better than perfect ».

Quand il lance Génération Do It Yourself en février 2017, il se fixe un seul objectif : publier 12 épisodes avant ses vacances d’été, puis faire le bilan. Peu importe la fréquence. Marco le rappelle : environ 80 % des podcasts ne dépassent pas les premiers épisodes. Les deux conseils de Matthieu aux nouveaux podcasteurs :

  • Lance-toi. Ne passe pas des heures sur ton nom, ton logo ou ton site. Son site gdiy.fr n’existe que depuis janvier 2019, presque deux ans après le premier épisode.
  • Fais-en beaucoup. C’est en produisant que tu t’améliores.

Ensuite, les étapes se sont enchaînées : un projet artisanal pour tester, puis une passion à laquelle il consacre plus de temps, puis la décision d’en faire quelque chose de gros. En septembre 2018, il passe en hebdomadaire, avec un rendez-vous fixe le dimanche matin. Ce rendez-vous sert surtout à s’imposer un rythme à lui-même, mais une partie de son public aime ce côté rendez-vous.

Son secret pour tenir le rythme : le moins de production possible. Il enregistre sur un Zoom H6, appuie sur le bouton au début et à la fin, sans montage. Il passe ensuite ses deux pistes dans Auphonic, qui égalise le son et ajoute automatiquement son intro et sa sortie. Avant ses vacances, il avait huit épisodes d’avance.

Comment promouvoir son podcast sans budget publicitaire?

Pour promouvoir un podcast sans budget, Matthieu mise sur l’organique : le bouche-à-oreille, LinkedIn, Instagram et le référencement naturel. Il a testé 1 000 euros en Facebook Ads et en AdWords, mais l’essentiel de sa croissance vient de ses auditeurs.

Un petit podcasteur n’a pas l’affichage d’une radio ou d’une télé. Il commence de nulle part. Son opportunité, c’est de bâtir une armée d’ambassadeurs, petit à petit. Voici ce que fait Matthieu :

  • Il est allé chercher ses premiers auditeurs « avec les dents », un par un : il prenait le téléphone de ses amis, installait l’application et les abonnait lui-même.
  • À la fin de presque chaque épisode, il demande à ses auditeurs d’abonner leurs amis.
  • Il publie de l’éditorial sur LinkedIn, parce qu’il parle à un public business, et travaille aussi Instagram.
  • Il a écrit des articles qui sortent dans les trois premiers résultats Google sur « meilleur podcast français », ce qui lui amène des auditeurs chaque jour.
  • Il demande des notes sur Apple Podcasts. Être dans le top 50 français ne fait pas exploser les écoutes, mais c’est un argument de vente auprès des annonceurs.

Le nerf de la guerre, selon lui : que tes auditeurs partagent. Lui-même envoie chaque semaine sur WhatsApp un bon épisode qu’il a écouté, et la personne s’abonne.

Comment monétiser un podcast avec des annonceurs?

Matthieu monétise son podcast en vendant des campagnes au coût pour mille écoutes (CPM), à environ 80 à 85 euros, avec une seule annonce par épisode, lue par lui-même et insérée dynamiquement dans tous ses épisodes. Par exemple, 100 000 écoutes coûtent 8 000 euros à l’annonceur, et la campagne s’arrête quand les écoutes sont livrées.

Comment il a fixé son prix. Il a étudié les tarifs de podcasteurs américains comme Tim Ferriss et James Altucher. Avec plusieurs annonces, ils sont autour de 40 à 50 du CPM. Avec une seule annonce, entre 80 et 100. Il a choisi une seule annonce plus chère : plus d’impact pour l’annonceur, moins de pub pour l’auditeur, qui ne la zappe pas, et le même revenu net.

Comment il a décroché Google. Passé de l’iPhone à Android, il a proposé à des contacts chez Google une publicité où il raconte son changement, enregistrée d’avance. Son contact est passé chez Chromebook. Matthieu a exigé d’utiliser un Chromebook pendant un mois ou deux avant d’accepter. Sa règle : il doit aimer le produit pour l’endosser. Il refuse d’ailleurs les marques de voitures : à Paris, son public circule à vélo ou en transport, il ne serait pas légitime.

Ses autres principes :

  • Il écrit lui-même le message à partir des éléments de langage de l’annonceur, puis l’enregistre jusqu’à ne plus le lire, pour garder un ton naturel, hésitations comprises.
  • Il précise toujours qu’il s’agit d’un sponsor, par transparence.
  • Il utilise Art19 comme hébergeur et ad server : ciblage géographique, campagnes prioritaires, insertions en pré-roll, mid-roll et post-roll.
  • Son premier annonceur, l’application de méditation Petit BamBou, a eu 50 % de remise : environ 2 000 euros pour 50 000 écoutes. Il était ravi, c’était sa première monétisation.

Il a aussi vendu à l’assureur Hiscox une série hors-série de six épisodes, Early Stage, sur les jeunes entrepreneurs, à un prix fixe, pour toujours, sans autre sponsor. Une amie avocate agit comme agente : 15 % si elle amène le client, 10 % si c’est lui. Selon Matthieu, il l’aurait vendu nettement moins cher sans elle, parce qu’il est difficile de dire soi-même « je vaux cher ». Il fait aussi payer ses conférences, dont la valeur dépend du public visé.

Comment un podcast peut-il générer des clients pour ton entreprise?

Un podcast génère des clients parce que tes auditeurs te connaissent avant même de te rencontrer : quand ils t’appellent, la confiance est déjà là. C’est le plus gros levier de Matthieu, bien avant la publicité : des centaines de milliers d’euros signés pour son agence Cosa Vostra.

Son déclic : des amis lui disaient avoir payé McKinsey ou Accenture pour leur plan de digitalisation, sans penser à lui. Il a compris que le problème, c’était lui. Depuis, il travaille le « top of mind », comme Coca-Cola : quand tu penses digital, start-up ou innovation, tu dois penser Matthieu Stefani et Cosa Vostra. Résultat, la semaine de l’entrevue, il a rencontré deux prospects venus du podcast, des clients qui peuvent représenter de 20 000 à 200 000 euros par an. Son modèle : Gary Vaynerchuk, qui ne vend pas de pub mais promeut son agence VaynerMedia.

Son défi : ces clients viennent souvent pour lui. Il doit leur faire adhérer à son équipe de 50 personnes, meilleure que lui dans chacun de ses métiers. Et la relation est asymétrique : eux le connaissent, lui non. Il doit donc apprendre à écouter.

Marco a vécu la même chose avec L’Accélérateur : plus de 200 000 dollars générés pour ses deux entreprises en deux ans. Il apporte aussi à chaque invité de son émission radio une bouteille réutilisable aux couleurs de son entreprise de produits promotionnels. En une dizaine d’épisodes, au moins quatre contrats en sont sortis, dont un de plus de 200 000 dollars. Pour bâtir ce système, découvre comment créer un podcast qui génère des clients, et écoute aussi l’histoire de Cliff Ravenscraft, qui a transformé son podcast en entreprise.

Et au-delà du business, il y a l’impact. Matthieu garde en mémoire le message d’une auditrice qui lui a écrit que ses épisodes lui avaient redonné l’envie de faire des choses. Pour lui, même si ça n’arrive qu’une fois, c’est une immense fierté.

Questions fréquentes

Qui est Matthieu Stefani?

Matthieu Stefani est un entrepreneur français, cofondateur et CEO de l’agence d’innovation digitale Cosa Vostra. Il anime depuis février 2017 le podcast Génération Do It Yourself, qui attire plus de 200 000 écoutes par mois.

Combien un podcast peut-il facturer à un annonceur?

Matthieu facture environ 80 à 85 euros du coût pour mille écoutes, avec une seule annonce par épisode. Une campagne de 100 000 écoutes représente donc 8 000 euros.

Faut-il un site internet pour lancer un podcast?

Non. Selon Matthieu, t’as juste besoin d’un podcast. Il a lui-même créé son site gdiy.fr presque deux ans après son premier épisode.

Quels outils Matthieu Stefani utilise-t-il pour son podcast?

Il enregistre sur un Zoom H6, sans montage, et passe ses pistes dans Auphonic. Il héberge son podcast sur Art19, qui gère aussi ses publicités, et écoute ses podcasts sur Google Podcasts.

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Marco : Aujourd'hui, je me fais un vrai cadeau, exactement comme je l'avais fait l'an dernier à l'occasion de la Journée internationale du podcast. Comme vous le savez, j'anime un autre podcast qui s'appelle L'Accélérateur, et ce podcast-là est rendu à plus de 215 épisodes maintenant. Aujourd'hui, sur l'Académie du podcast, on en est à 66 épisodes. Ça fait quand même pas mal d'épisodes. Vous comprendrez que j'ai une grosse passion pour le monde du podcast.

Cette passion m'a même amené à lancer une formation, celle de l'Académie du podcast, qui permet aux gens de lancer leur propre podcast à leur tour. Alors pour la Journée internationale du podcast, j'ai pensé inviter quelqu'un qui fait du podcasting en français : Matthieu Stefani, qui attire avec son podcast 250 000 auditeurs chaque mois. Je suis très heureux de vous présenter Matthieu Stefani, du podcast Génération Do It Yourself.

Annonce : Vous désirez amener votre entreprise à un autre niveau, vous démarquer et créer du contenu différent et original? L'Académie du podcast est l'outil qu'il vous faut. Marco Bernard est l'expert qui a formé le plus grand nombre d'entrepreneurs francophones à démarrer leur propre podcast sur la planète. Il vous enseigne les détails du podcasting en profondeur et partage avec vous les secrets des podcasteurs qui ont du succès. Bienvenue sur l'Académie du podcast. Voici votre hôte, Marco Bernard.

Marco : Cette semaine, je reçois le podcasteur Matthieu Stefani, du podcast Génération Do It Yourself. Matthieu est un entrepreneur, cofondateur et CEO de Cosa Vostra, une agence d'innovation digitale. Il anime son podcast depuis février 2017 et s'apprête à passer le cap des 100 épisodes. D'abord, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation d'être sur l'Académie du podcast, Matthieu, c'est super apprécié.

Matthieu : Salut Marco, c'est moi qui te remercie. T'es fou ou quoi? Je suis plus que ravi et honoré d'être sur ton podcast. Vraiment, c'est un immense plaisir.

Marco : Mais d'abord, félicitations d'arriver à ce cap-là. En fait, c'est un peu plus de 100, parce qu'il y a des hors-séries à travers tout ça. Et la clé dans le podcast, on le sait, c'est la constance. Je pense que tu démontres à fond que ça fonctionne.

Matthieu : C'est vrai. On voit que t'es un connaisseur. Je ne connais pas les stats, je ne sais pas si tu les connais, mais le nombre de podcasts qui ne dépassent pas les cinq, six épisodes ou dix épisodes...

Marco : 80 %, tout simplement.

Matthieu : Oui, c'est ça. Moi, je m'étais juré au début, quand j'ai lancé Génération Do It Yourself, que je ferais au moins douze épisodes avant de faire un bilan. C'était en février 2017, et je m'étais dit : avant de partir en vacances en juillet, parce que tu sais peut-être qu'en France, on part tous en vacances fin juillet, tout le mois d'août, la France est fermée. Je me suis dit : j'ai à peine six mois pour faire douze épisodes, donc deux épisodes par mois. Et j'ai réussi. Cela dit, j'en ai mis onze en ligne, parce qu'il y en a un que j'avais perdu sur une fausse manip de carte, des erreurs de débutant.

C'est un conseil que je donne beaucoup aux nouveaux podcasteurs ici en France. Le conseil numéro un : lance-toi. Parce que si t'attends des heures, tu cherches ton nom, tu fais ton logo, ton machin, en fait, c'est pas la peine. Et conseil numéro deux : fais-en beaucoup. Parce que c'est comme ça que tu pourras te rendre compte.

Marco : Il n'y a rien de mieux pour s'améliorer, définitivement. Si tu me permets, Matthieu, avant l'entrevue, j'aimerais inviter les podcasteurs qui nous écoutent à venir discuter podcast et améliorer leurs résultats avec d'autres passionnés de podcast. Est-ce que ça te va?

Matthieu : Je t'en prie. Oui, oui.

Marco : Parfait. J'aimerais inviter les podcasteurs qui nous écoutent à venir discuter podcast pour améliorer leurs résultats sur un tout nouveau mastermind. C'est l'endroit où tu vas pouvoir être en contact avec d'autres podcasteurs pour partager avec eux tes défis, tes bons coups, apprendre d'eux, améliorer tes résultats. Si tu aimerais être à l'affût des dernières nouveautés et ressources pour améliorer ton podcast, tu peux maintenant le faire en postulant sur le mastermind de l'Académie du podcast, qui se mettra en branle très bientôt.

Les candidatures sont acceptées : tu passes par academiepodcast.com/candidat-mastermind pour déposer ta candidature en répondant à un court questionnaire. Avec ça, je vais pouvoir entrer en contact avec toi dès que les portes vont être officiellement ouvertes, si ta candidature est retenue évidemment. Donc, academiepodcast.com/candidat-mastermind.

Matthieu, merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui. On est la Journée internationale du podcast, rien de moins, le 30 septembre. L'an dernier, j'ai eu la chance de recevoir Dave Jackson. Je ne sais pas si ça te dit quelque chose?

Matthieu : Non, je ne suis pas sûr, très honnêtement.

Marco : Dave Jackson, c'est probablement celui qui fait des podcasts depuis le plus longtemps aux États-Unis.

Matthieu : Ah oui, je l'ai vu dans tes invités. Je l'ai écouté. Mais bien sûr.

Marco : Il a été intronisé au Temple de la renommée du podcast américain en 2018. Je me suis fait un beau cadeau en recevant Dave Jackson l'an dernier pour la Journée internationale du podcast dans un épisode spécial. Et cette année, c'est Matthieu Stefani, l'homme qui arrive aux 100 épisodes officiels.

Matthieu : Tu vois quelle chance j'ai, je te l'avais dit.

Marco : Et voilà. Comment t'as vécu ça, tes 100 premiers épisodes? Est-ce que t'as vu des gros défis à travers ça?

Matthieu : C'est une question difficile, parce que je l'ai très bien vécu, et le podcast m'a changé dans plein d'aspects, mais vraiment qu'en bien. Je suis sur un format où mon trip, c'est de dire : nous sommes la moyenne des personnes que nous fréquentons. Donc, pour mes auditeurs, je vais fréquenter des gens incroyables. Comme ça, on va augmenter notre moyenne.

Marco : Et tu t'élèves toi-même en même temps.

Matthieu : Exactement. Je vais voir des gros entrepreneurs. Un épisode que j'ai tourné récemment, avec un type qui s'appelle Pierre-Édouard Stérin, qui a monté sa boîte tout seul, dont il a 90 % du capital, et qui fait presque 600 millions d'euros de chiffre d'affaires, donc plus d'un demi-milliard de dollars US en tout cas. C'est un type qui investit 40 millions d'euros par an dans des start-up. Il est incroyable et très à part. Il compte donner toute sa fortune : à 50 ans, il vend tout, il va donner toute sa fortune, et zéro pour ses enfants. On en parle et il m'explique pourquoi.

T'es d'accord ou pas d'accord avec lui, peu importe. Mais en tout cas, t'entends des points de vue différents, des gens qui ont fait des choses incroyables, et ça te change la vie. Donc pour répondre à ta question, le défi, c'est plus un défi de temps. Quand tu passes en mode hebdomadaire, il faut quand même envoyer. J'ai décidé par exemple cet été de partir en vacances, mais de continuer à publier. J'ai la chance d'avoir des gens qui travaillent avec moi chez Cosa Vostra qui s'occupaient de publier. Mais il a quand même fallu, au mois de juillet, que je tourne deux fois, trois fois plus de podcasts.

Quand je suis parti en vacances, j'avais huit podcasts d'avance. En revenant, le temps de revenir, je n'en ai pas tourné pendant une ou deux semaines, et maintenant, je n'en ai plus d'avance. Celui que j'ai tourné ce matin sort dimanche, et j'en tourne un demain, j'en aurai un d'avance.

Marco : OK. On va reparler de la fréquence et pourquoi tu as choisi cette fréquence-là. Avant, justement, tu parles de Cosa Vostra. Parlons-en un petit peu. Comment le podcast s'inscrit-il dans l'activité de cette entreprise-là, ou à tout le moins dans ton activité à toi, qui est quand même assez près, parce que t'en fais mention à l'occasion sur ton podcast? Comment t'as inscrit ça dans le paysage de ton entreprise?

Matthieu : Ça a commencé comme une activité assez personnelle. Je ne me rends pas compte d'un point de vue canadien, québécois, quelle est la perception, mais nous, ici, en France, le podcast a vraiment explosé très récemment. Moi, j'écoutais des podcasts depuis 2013, 2014 : Rich Roll, Tim Ferriss, James Altucher. Je me régalais, j'adorais, je passais des super bons moments, et j'attendais un peu qu'un Français s'y mette. Et puis à un moment, je me suis dit : il n'y a pas de Français qui s'y met, et en fait, je peux être légitime. J'ai monté pas mal de boîtes, donc je vais le faire.

Je n'avais pas complètement une vue par rapport à Cosa Vostra, c'était quelque chose qui s'inscrivait en plus, mon petit pré carré à moi. Mes associés m'ont dit : « OK, tu peux prendre un peu de temps. À terme, si ça donne un peu de visibilité, tant mieux. » Ça a pris beaucoup plus d'ampleur. Aujourd'hui, l'idée, c'est que j'invite beaucoup de gens qui sont dans l'innovation, dans le digital, qui créent des grosses start-up, et j'essaie de comprendre comment évolue le monde, comment on crée les business de demain, comment on lève de l'argent. Tout ça, évidemment, ça m'alimente.

Cosa Vostra, c'est avec un V, parce que Cosa Nostra, c'est la mafia sicilienne. Là, c'est votre chose, votre cause. En apprenant tout ça avec le podcast, en apprenant comment mieux manager, je recrute des personnes incroyables et on est capables de faire un travail de fou pour des grandes entreprises internationales. On travaille pour des Kellogg's, des Microsoft, des Google, et aussi des petites PME. Comme je le fais là, ça me permet de placer un peu mon produit, mon service, et d'expliquer que c'est une bonne boîte.

Et le gros avantage que ça donne, c'est que, comme je suis le patron de cette boîte, les gens qui viennent me voir et qui ont écouté pas mal de mes podcasts me connaissent et savent que je suis authentique. Je n'ai pas à leur prouver quoi que ce soit, parce qu'ils m'ont écouté des heures.

Marco : Il y a déjà un lien d'établi. Même si c'est la première fois que tu les rencontres, le lien est déjà là.

Matthieu : Exactement. En revanche, c'est très asymétrique, parce qu'eux me connaissent et moi, je ne les connais pas. Donc je dois, pour une fois, et c'est compliqué parce que comme tu le vois, je suis très bavard, me mettre dans une position d'écoute pour les comprendre. J'aime beaucoup ça parce que je suis très curieux, mais il faut que j'apprenne à me taire dans ces moments-là.

Marco : Tu parlais tantôt de tes associés, au moment où tu les as approchés pour leur dire : « On va essayer ça, un beau projet de podcast. » Est-ce qu'ils t'ont challengé sur le format? Pourquoi ce format-là plutôt qu'un autre? Pourquoi pas un vlog, pourquoi pas un blog?

Matthieu : Comme j'ai décidé de le faire un peu dans mon coin et que c'était mon projet à moi, ils ne m'ont pas trop interrogé. Ici, le podcast était perçu comme un vieux format, périmé. Il y avait cette sorte de surprise : « Quoi? Un podcast? C'est chelou. » Eux savaient que j'en écoutais beaucoup. Je pense qu'ils voyaient un petit peu l'intérêt, peut-être le potentiel, mais ils n'y prêtaient pas tant attention que ça.

Depuis, en revanche, je les ai fait mordre eux-mêmes au format podcast, que ce soit en tant qu'auditeurs, mais aussi en tant que producteurs. Ça, c'est une de mes grandes fiertés. Mais à partir d'un moment, ça a pris beaucoup de place dans ma vie et beaucoup de temps. Il a fallu qu'on se mette d'accord, d'un point de vue business et personnel : ce podcast m'appartient, mais qu'est-ce qu'il doit rapporter à Cosa Vostra? Quels sont les tenants et les aboutissants pour chacun des acteurs autour de la table? Aujourd'hui, tout le monde est très content, on a bien géré tout ça.

Marco : On va parler justement des résultats de tout ça, mais avant, je veux t'entendre sur ce qui t'excite le plus dans ce format-là, dans le fait d'animer ton podcast.

Matthieu : Grâce à tous ces gens qui nous écoutent, mes invités et moi, j'ai cette chance... Tout à l'heure, j'étais dans une réunion avec Aurélie, qui m'aide un petit peu sur la programmation, et je lui disais : « J'aimerais vraiment avoir Zinédine Zidane. » Elle me dit : « S'il vient au bureau, je te promets, je m'évanouis. » Je lui dis : « C'est quand même impossible d'avoir Zinédine Zidane. Mais ce qui est sûr, c'est que c'est impossible qu'on l'ait si on ne lui demande pas. »

J'ai eu des entrepreneurs comme Jacques-Antoine Granjon, qui a créé Vente-Privée, un immense entrepreneur, des sportifs incroyables, des artistes incroyables. J'ai l'occasion pendant deux heures, d'un point de vue très égoïste, d'être en face de quelqu'un de très intelligent, de très créatif, qui va échanger avec moi grâce à tous ces gens qui nous écoutent. Pour moi, c'est ultra grisant. Quand j'appuie sur le bouton rouge de mon petit enregistreur Zoom, il y a un shot d'adrénaline, d'endorphine, je ne sais pas ce que c'est, mais tout de suite, j'ai ce sourire qui vient, et je sais que je vais passer un bon moment. C'est cette curiosité, la chance d'avoir ces questions et de se créer ce réseau, qui est vraiment fantastique pour moi.

Marco : Le 22 février 2017, c'était le premier épisode de Génération Do It Yourself. Le deuxième a eu lieu le 28 mars 2017. Donc la fréquence n'était pas hebdomadaire à ce moment-là. Présentement, tu fais même deux épisodes par semaine?

Matthieu : Non.

Marco : Alors, donne-moi le rationnel derrière la fréquence de tes épisodes.

Matthieu : Je suis très décomplexé de nature. On utilise beaucoup d'anglicismes ici, je ne sais pas si c'est chassé chez nos amis québécois, mais c'est vraiment le « done is better than perfect ». Je me disais : « Je veux faire ces douze épisodes avant l'été. La fréquence, ça m'est égal. Si j'en sors deux dans la semaine ou deux dans le mois, c'est pas grave. Ce que je veux, c'est les faire. » Pendant longtemps, si tu regardes, il y a des moments où j'en ai trois en un mois, d'autres quatre, d'autres deux, et par moments, je n'en sors pas pendant trois semaines. Puis, à peu près en septembre 2018, j'ai décidé que j'allais être hebdo, et là, j'ai commencé à entrer dans une approche plus industrielle.

Marco : C'était plus rigoureux à ce moment-là?

Matthieu : Oui, c'était plus rigoureux. C'était vraiment un choix. J'ai commencé en me disant : « C'est artisanal, je teste. » L'étape d'après, ça a été : « J'aime ce que je fais, ça me passionne, donc je vais en faire un peu plus. » L'étape d'après : « A priori, je dois pouvoir en faire un business, en faire quelque chose de vraiment gros, donc il faut que je m'applique. » Là, je passe en hebdo. Et après, c'est commencer à monétiser tout ça, voir du monde, vraiment professionnaliser.

Je pense que le problème des gens qui veulent tout faire trop tôt, c'est de se dire : « Je vais faire deux heures de montage à chaque épisode, je veux un logo extraordinaire, il me faut absolument un site. » Mon site Génération Do It Yourself, c'est gdiy.fr. Alors que mon métier, c'est en partie d'avoir des ingénieurs et des créatifs qui font des sites internet, je l'ai seulement depuis janvier 2019, presque deux ans après la création de mon podcast. T'as pas besoin d'un site internet pour avoir un podcast. T'as juste besoin d'un podcast. Il faut mettre les choses dans le bon ordre. Et l'ordre, ce n'était pas forcément un hebdo ou deux par mois. C'est : fais-les les uns après les autres.

Marco : OK. Concrètement, depuis que tu es passé en mode hebdo, as-tu remarqué une différence dans les résultats, dans les retours que tu as sur ton podcast?

Matthieu : Oui, mais je ne suis pas complètement arrêté là-dessus, parce que je vois quand même des gros podcasteurs, notamment américains, qui n'ont pas de jour de sortie. Généralement, ils sont à un par semaine, mais de temps en temps, ils en mettent deux. Et ça ne me dérange pas, parce que je ne les écoute pas religieusement le dimanche matin. Ça, pour moi, c'est une problématique de programmation de la radio traditionnelle. Aujourd'hui, il se trouve que j'ai créé ce rendez-vous du dimanche matin, et ça me permet surtout de m'imposer un rythme, vis-à-vis de moi-même.

Mais quand je suis passé en hebdo il y a un an, il y a eu un effet organique. Avant, j'étais plutôt à deux ou trois fois par mois. Si tu passes à quatre fois par mois, évidemment, t'augmentes mécaniquement tes audiences. Mais je crois quand même qu'un certain nombre de personnes aiment bien le côté rendez-vous : « Le dimanche matin, il y a un nouvel épisode. » J'ai eu clairement un boom. Je crois qu'à l'époque, j'avais fait plus 50 % d'écoutes par mois. Et depuis que je suis passé en hebdo, je ne suis quasiment jamais passé en dessous de 25, presque 30 % de croissance tous les mois. C'est vraiment mon KPI.

Marco : Excellent. Je dois te dire, Matthieu, avant qu'on poursuive, que je suis particulièrement jaloux d'un truc de ton podcast. Il y a eu un afficheur cet été chez vous : Google. Je veux qu'on parle des afficheurs, de comment t'as réussi à aller chercher un gros afficheur comme ça, et de comment ça se passe concrètement quand tu fais ça. Premièrement, comment as-tu réussi à aller chercher Google, ou comment eux sont-ils arrivés vers toi?

Matthieu : C'est arrivé par plusieurs faisceaux. Déjà, je connais des gens chez Google, et je savais qu'ils écoutaient mon podcast. Et moi, je suis passé, sur le téléphone en tout cas, de l'iPhone à Android il y a bientôt deux ans. Il y a un an, j'ai contacté des personnes que je connaissais qui étaient sur le Google Pixel, et je leur ai dit : « Vu la typologie de personnes à qui je parle, j'ai beaucoup de gens dans mon audience qui sont sur Apple. Je pourrais te proposer un plan : on utilise mon podcast, je fais un host read, une intro où je dis que je suis passé sur Android il y a un an, que j'utilise un Google Pixel, que je suis ravi et que ça a été hyper simple. »

Je l'avais même enregistrée, la publicité. Je leur ai envoyé un format d'une minute : la batterie dure toute la journée, les évolutions sont super. J'ai pris tous les problèmes qu'avait Apple sur son téléphone et j'ai dit : « Chez Google, je ne les ai plus. » Ça leur a plu, ils avaient envie de le faire. Et il se trouve que la personne à qui je parlais est passée de chez Pixel à chez Chromebook. Elle m'a dit : « Je veux toujours faire ça, mais je voudrais qu'on le fasse sur Chromebook. » Je lui ai dit : « OK, mais je veux un Chromebook, parce que je n'en ai jamais utilisé. »

Ils m'ont prêté un Chromebook, puis même un deuxième après, et j'ai bossé pas mal sur différents Chromebook pendant un mois ou deux. Je trouvais ça très bien, donc j'ai dit OK. Un des principes importants pour moi avec un annonceur, ce que t'appelles un afficheur, c'est que je veux être certain que j'aime le produit et que je peux l'endosser. C'est un critère hyper important pour moi. J'ai essayé, je trouvais ça super, et on a négocié. Mon prix est affiché : 80, 85 euros du coût pour 1 000. J'utilise une plateforme qui s'appelle Art19, qui est mon hébergeur et mon ad server, et je leur vends une campagne, en l'occurrence en centaines de milliers d'écoutes, à 80 euros pour 1 000 écoutes.

Marco : OK. Donc ce n'est pas simplement sur l'épisode en cours, c'est sur tous les autres épisodes également.

Matthieu : Certains annonceurs m'achètent 100 000 ou 200 000 écoutes. Je leur dis : « 100 000 écoutes, c'est 8 000 euros. 200 000 écoutes, c'est 16 000 euros. » Là, il se trouve que j'avais un partenaire, une sorte d'agent qui prend une petite commission aussi. Une fois que les 100 000 écoutes sont livrées, la campagne s'arrête. J'ai ce qu'on appelle des ad insertion points, des insertions dynamiques, publiées sur tous mes épisodes passés. Donc je vends ça, entre guillemets, au kilo, puisque c'est pour 1 000 écoutes.

Marco : OK, je comprends. Comment en es-tu arrivé à fixer ton tarif à 85?

Matthieu : J'ai eu la chance d'être un des premiers en France à le faire. J'ai écouté pas mal d'épisodes et cherché de la littérature chez nos amis américains, notamment un épisode de James Altucher et un autre de Tim Ferriss où ils donnaient leurs tarifs et comment ils faisaient. Quand ils font plusieurs annonces, ils sont souvent à 40, 50 du CPM, en dollars d'ailleurs. Quand ils ne font qu'une seule annonce, ils sont fréquemment entre 80 et 100. Je me suis dit : je préfère faire une seule annonce, avoir plus d'impact pour l'annonceur, moins de publicité pour l'auditeur, qui ne va pas la zapper, et être plus cher. À la fin, le revenu net est le même, puisque le prix double. Donc on va se caler là-dessus.

Très honnêtement, le premier annonceur que j'ai eu, c'était Petit BamBou, une application de méditation comme Headspace. Je ne remercierai jamais assez Petit BamBou d'avoir été le premier, c'était un acte important pour moi. Je leur avais fait 50 % de remise. À l'époque, je faisais nettement moins d'écoutes. Je pense que c'était 40 euros le coût pour 1 000, ils avaient dû prendre 50 000 écoutes et me donner 2 000 euros, mais j'étais ravi. C'était la première fois que je monétisais.

Marco : OK. Comment tu bâtis tes publicités à partir de ça? Est-ce que c'est l'annonceur qui te fournit le contenu, ou c'est toi qui le bâtis? Est-ce que c'est contextualisé avec ton épisode?

Matthieu : C'est vraiment moi qui bâtis le tout. D'ailleurs, rappelle-moi ça, Marco : si tu veux, je te partagerai mon deck, ma présentation, qui est assez open source. Je la partage très volontiers. Si jamais vous voulez me donner 10 ou 15 % sur ce que vous faites grâce à ça, je les prends! Non, je suis très open source sur tout ça. Ce que je fais, c'est que je leur demande les éléments de langage importants : qu'est-ce que tu veux mettre en avant sur ta marque en ce moment, le prix, des promotions, tel ou tel objet. J'écris un message, je leur envoie, généralement ils me font quelques modifs, et après, j'enregistre. De temps en temps, la première fois, c'est bon. Généralement, il y a quelques allers-retours. J'enregistre deux, trois fois, mais c'est un message d'une minute.

Je fais attention à une chose qui, pour moi, est très importante, et ça a été dur à faire passer auprès de Google, parce que c'est une grosse corporation, très à cheval sur certaines choses. J'enregistre le message plein de fois, je le lis, je le lis, je le lis. Et au bout d'un moment, j'essaie de ne plus le lire et d'avoir un message où je peux hésiter. Je veux que ce soit très naturel. Sinon, tu vas avoir : « Aujourd'hui, je suis ravi de vous proposer un Google Chromebook. Le Google Chromebook est un super ordinateur. » Ça, pour moi, c'est insupportable.

Je préfère dire : « J'ai adoré cet ordinateur. Honnêtement, c'est un truc fantastique, c'est hyper rapide. » Je vais hésiter. « Honnêtement, allez-y, achetez ce Chromebook. Vous le trouvez chez Boulanger, chez Darty, ça se trouve partout. » Là-dessus, j'ai un truc plus naturel. Je joue énormément la carte de l'authenticité, et je veux que ce soit le cas aussi dans les publicités, même si je précise à chaque fois que c'est un sponsor, pour être certain que mes auditeurs le sachent.

Marco : Pour être transparent.

Matthieu : Que je suis payé pour ça. Exactement. C'est très important pour moi aussi.

Marco : Matthieu, je veux qu'on parle de statistiques. Je veux que tu nous partages d'où tu partais en 2017, si t'avais des attentes. Mais d'abord, à la fin, je pose toujours la question de ta plateforme d'hébergement. Peut-être que tu peux déjà nous partager la plateforme d'hébergement que t'utilises.

Matthieu : Je suis passé en 2018 de SoundCloud à Art19. Je ne sais pas si tu connais Art19?

Marco : Non, je ne connais pas.

Matthieu : C'est une plateforme américaine basée à Los Angeles, je crois. A-R-T, 19. Pour moi, c'est une des meilleures plateformes, notamment parce qu'ils ont un très bon ad server. Je peux choisir de ne diffuser qu'à Paris ou en Île-de-France, mettre des campagnes de 20 000, 30 000, 40 000, avec des campagnes prioritaires par rapport à d'autres. Ça gère les insertion points en pré-roll, mid-roll, post-roll, des insertions dynamiques. C'est vraiment top. Je suis un grand fan d'Art19.

Et je me suis connecté pour être très transparent, je t'avais dit que je l'étais. Je me suis connecté à mon SoundCloud, où j'étais à l'époque. En 2017, sur SoundCloud, j'ai fait 17 523 écoutes. Aujourd'hui, je fais ça en deux jours. C'est ça qui est fou. Mais je n'oublie pas d'où je viens. Quand je faisais 200 écoutes sur un épisode, je le disais à mes associés, je les ai saoulés avec ça : « Tu te rends compte, il y a 200 personnes qui m'ont écouté pendant une heure et demie avec cet invité, c'est quand même incroyable. » Et aujourd'hui, j'ai des jours où je fais 11 000, 12 000 écoutes. C'est vraiment fou.

Marco : Moi, je dis souvent aux gens qui me disent : « Oui, mais j'ai eu seulement 53 personnes qui ont écouté mon premier épisode » : invite 53 personnes demain chez toi, tu vas t'apercevoir que 53 personnes, c'est beaucoup de monde.

Matthieu : C'est exactement ça. Et dis-toi bien que si tu dis des conneries tout le temps, il faut faire attention, parce que tu ne te rends pas bien compte derrière ton micro. Je me suis fait cette remarque, figure-toi. À Paris, on a un stade qui s'appelle le Parc des Princes, le stade du Paris Saint-Germain, dont je suis assez supporter, et j'y vais assez souvent. Ce stade fait à peu près 50 000 places, un peu moins. C'est à peu près ce que je fais par épisode aujourd'hui, sachant que ça grossit tous les mois. J'étais au Parc des Princes il y a une semaine, je voyais tous ces gens-là et je me disais : « C'est vraiment fou. » Mais en effet, 200, 3 000, il faut commencer quelque part.

Et je dois vraiment dire que je suis allé les chercher avec les dents, un par un. À chaque fois, je prenais les téléphones des gens autour de moi, j'installais une application s'il n'y en avait pas, je les abonnais sur Apple Podcasts. Un par un : des potes, des amis, des ambassadeurs. Je demande presque systématiquement à chaque fin d'épisode de ne pas oublier d'abonner de force tes amis à mon podcast. Je fais très attention à ça.

Marco : Est-ce qu'il y a eu un point de bascule à un certain moment, où ça a vraiment été spectaculaire au niveau des statistiques?

Matthieu : Je suis en train de me connecter cette fois-ci sur Art19. Il y a quelques épisodes assez clés, évidemment, mais c'est quand même lié au temps. Plus j'avançais dans le temps, plus j'avais d'écoutes. Ça, c'est la vraie vérité. Après, t'as quelques invités qui vont être intéressants. Contrairement à ce que je pensais, ce ne sont pas forcément les invités les plus connus, avec un énorme compte Instagram, qui vont te faire grossir le plus. Mon plus gros épisode, par exemple, c'est un épisode sur la chance, avec un type qui s'appelle Philippe Gabilliet. Il est vraiment extraordinaire, cet épisode : comment avoir de la chance?

Il m'a fait vraiment exploser entre mars et avril 2019, où j'ai pris plus de 50 % de croissance. C'est là où j'ai passé les 100 000 écoutes par mois. Je suis passé de 85 000 écoutes par mois à 125 000 d'un coup, entre mars et avril. Et aujourd'hui, je suis à plus de 200 000, et on est en septembre. C'est vraiment fou, cette progression.

Marco : Il s'est vraiment passé quelque chose d'exponentiel entre mars et avril 2019. Et depuis ce temps-là, ça ne cesse d'augmenter.

Matthieu : Exactement. Et il y a une chose que j'ai faite : j'essaie de me mettre un peu à contre-courant. Je suis très impliqué dans le monde des podcasteurs français, on organise des événements au bureau, je participe à d'autres événements. Et cet été, tout le monde disait : « J'arrête. » Moi, je te disais tout à l'heure, j'ai continué au mois d'août. Pendant que tout le monde arrêtait, on était deux, chez les indépendants en tout cas, à continuer les émissions. Même les stations de radio ont souvent des programmes estivaux qui ne sont pas les mêmes.

Alors moi, j'ai continué, continué, continué. Entre juillet et août, j'ai fait 30 % de croissance, des nouveaux abonnés. Et entre août et septembre, je vais faire encore 30 % solides de croissance. Alors que je pensais qu'en août, j'allais baisser. C'est fou.

Marco : C'est exceptionnel. Ce sont des statistiques tout à fait incroyables. Dis-moi, quelles sont tes stratégies pour promouvoir le podcast maintenant? Est-ce qu'il y a des choses que tu fais épisode après épisode pour promouvoir chaque épisode?

Matthieu : Je travaille beaucoup sur LinkedIn et Instagram. Je pense que l'éditorial LinkedIn, c'est vraiment important, parce que je suis très business. Je parle beaucoup à des cols blancs, des gens qui ont un niveau d'études assez élevé, qui travaillent dans de grandes entreprises, des GAFA, ou des startupers. Donc beaucoup de travail sur LinkedIn, le travail sur Instagram évidemment, mais je crois que l'essentiel de ma croissance vient du bouche-à-oreille. Et je veux travailler ça.

On a un gros désavantage, nous, petits podcasteurs : par rapport à une radio, un quotidien ou une télévision, on n'a pas d'affichage pour dire « Écoutez mon podcast ». On commence de nulle part. Notre opportunité, c'est d'avoir cette armée qui se crée petit à petit, de créer réellement la communauté. Les notations sur Apple Podcasts sont importantes, évidemment, je le dis comme tout le monde, parce que ça te permet de sortir dans les classements. En France, je suis quasiment toujours dans le top 50. J'ai fait des premières positions et des top 10, mais tu te rends compte que c'est très égocentré comme réaction. Ça ne te fait pas exploser en termes d'écoutes.

En revanche, c'est toujours sympa, et ça me permet, dans mon deck, de vendre un peu le truc en disant : « Je suis tout le temps dans les 50 premiers podcasts français. » C'est toujours intéressant.

Marco : Concrètement, tu disais que t'es allé les chercher un par un. Est-ce qu'il y a des actions concrètes que tu fais?

Matthieu : C'est vraiment de l'organique. J'ai essayé, quand j'ai fait mes premiers euros d'annonceurs, d'investir 1 000 euros en Facebook Ads, en AdWords. Il y a d'autres choses que j'ai faites qui sont très bien aussi, je pense. Je ne sais pas si ça sort au Québec, ça m'étonnerait, mais en France, quand tu tapes « meilleur podcast », « meilleur podcast 2019 » ou « meilleur podcast français », tu tombes sur des articles que j'ai écrits, au moins dans les trois premières positions sur Google. Ça me permet d'aller gratter, un par un, peut-être 50 auditeurs par jour. Je ne sais pas si c'est 50, mais voilà.

Je fais attention à bien travailler un peu de référencement naturel et du communautaire. Mais surtout, je pense vraiment que le nerf de la guerre, c'est que tes auditeurs partagent. C'est un truc de passionnés. Moi, les podcasts que j'écoute, je me régale tellement quand j'ai un bon épisode que systématiquement, toutes les semaines, je l'envoie sur WhatsApp à quelqu'un, et il s'abonne.

Marco : T'as tout à fait raison. Outre les annonceurs, est-ce qu'il y a d'autres façons de monétiser ton podcast, de façon directe ou indirecte? Parce que ça peut passer par ton agence.

Matthieu : Bien sûr. J'ai plusieurs choses. Pour rester sur les annonceurs, j'ai un autre deal. En ce moment, j'ai un hors-série qui s'appelle Early Stage, sur des plus jeunes entrepreneurs. C'est un projet que j'ai monté avec un partenaire qui s'appelle Hiscox. Ce sont des assurances, ce qu'on appelle en France une RC Pro, une assurance de responsabilité civile professionnelle. Eux cherchaient vraiment à s'associer à quelqu'un qui pourrait mettre en avant la prise de risque des jeunes entrepreneurs, travailler un truc différent.

Je leur ai vendu six épisodes hors-série sponsorisés seulement par eux, sans autres sponsors, ad vitam aeternam. Si le truc fait 200 000 écoutes par épisode ou 3 000, ils ont un prix, ça ne changera pas et ce sera toujours à eux. Je finis ma première saison, c'est six épisodes. C'est bien vendu aussi, je suis encore au-delà des 80 euros du CPM pour l'instant. Ça m'a permis de faire un format que je voulais faire, dans une approche un peu différente. C'est une belle monétisation.

Je considère maintenant que le canal Génération Do It Yourself peut porter différents formats, comme tu le fais d'ailleurs : t'as des interviews, t'as des choses que tu fais tout seul. Je m'inspire beaucoup de gens comme toi là-dessus.

Marco : Juste avant de poursuivre, comment as-tu établi ton tarif pour ces six épisodes-là?

Matthieu : Il se trouve qu'une amie auditrice qui écoutait pas mal mon podcast est avocate. En France, depuis quelques années, les avocats peuvent être agents : agent immobilier, agent de footballeur. Il faut avoir une licence pour ça, et quand tu es avocate, tu l'as automatiquement. Elle m'a proposé d'être mon agent. Et Hiscox, c'était vraiment de l'inbound : ils m'ont appelé et on est allés les voir. Je l'aurais vendu nettement moins cher si elle n'avait pas été là. On parle quand même en milliers d'euros par épisode.

Le tarif a été fait de manière assez simple : « Je fais ça pour vous. Vous achetez ma voix, vous achetez ma caution, et ça a une valeur. Si c'est avec moi que vous voulez travailler, il faut l'assumer. » C'est très difficile à assumer tout seul, parce que quand tu vas voir quelqu'un pour dire « Je vaux très cher », il te regarde et se dit que t'as le melon, les chevilles comme ça. Quand t'as un agent qui le fait, c'est différent. Le deal exact, c'est qu'elle prend 15 % si elle m'apporte un client et 10 % si c'est moi qui l'amène. Là, c'est moi qui l'ai amené, elle a pris 10 %, elle est contente et je suis content. Le prix a été fixé comme ça.

Après, les autres moyens de monétiser : on m'invite de plus en plus à des conférences, que je fais payer. C'est pareil, il faut avoir quelqu'un qui monétise, parce qu'est-ce que je vaux 1 000 euros ou 8 000 euros pour une conférence? En fait, je n'en sais rien. Ça dépend énormément de qui t'as en face, du nombre de personnes et de l'univers. Si tu m'invites à une conférence pour des gens qui ont des chiens ou des chats, je vaux zéro euro. Si c'est pour des gens qui veulent lancer un podcast, ou sur l'entrepreneuriat, je vaux beaucoup plus. Est-ce que je suis capable de faire venir du monde à cette conférence aussi? C'est assez important.

J'ai eu l'idée à un moment, je ne l'ai pas trop fait, mais je pense qu'il y a quelque chose à creuser : devenir une sorte d'agent pour les personnes que j'invite sur mon podcast. Beaucoup de gens me demandent leurs courriels pour les faire participer à une conférence, et je sais que beaucoup sont payés. Pourquoi je ne prendrais pas 15 %, puisque j'ai participé à ça? Je négocie pour eux, je fais le contrat. Je ne l'ai pas trop creusé parce que je n'ai pas le temps, mais il y a quelque chose à faire là-dedans.

Et enfin, évidemment, ce sont des centaines de milliers d'euros qu'on a signés pour l'agence. Des clients qui sont des gens que je connais depuis longtemps et qui m'auraient oublié sinon. Il y a un truc assez fondateur là-dedans. À un moment, quand j'allais voir certains copains ou relations, ils me disaient : « C'est dommage, on a fait tout un plan stratégique avec McKinsey ou Accenture, des grosses boîtes, pour notre plan de digitalisation, d'innovation ou notre nouveau site internet. J'aurais pu t'interroger, mais je n'y ai pas pensé. » Et je me disais : il est débile ou quoi? Au bout d'un moment, je me suis rendu compte que le débile là-dedans, c'était moi. S'il n'avait pas pensé à moi, ce n'était pas de sa faute, c'était de la mienne.

Maintenant, je veux être sur cette stratégie que Coca-Cola a beaucoup travaillée, le top of mind. Quand tu veux boire quelque chose, il ne faut pas que tu penses à un verre d'eau, il faut que tu te dises : « Je veux boire un Coca-Cola. » Moi, quand tu veux travailler dans le digital, créer une start-up, créer un produit ou un projet autour de tout ça, il faut que tu penses Matthieu Stefani, que tu penses Cosa Vostra immédiatement. Et ça marche vraiment très fort avec ce podcast. Cette semaine, j'ai fait deux rendez-vous avec des prospects que je n'avais jamais vus. Un qui écoute mon podcast, et un autre recommandé par quelqu'un qui écoute mon podcast, qui ne savait même pas que je faisais des podcasts. On parle à chaque fois de clients qui peuvent nous ramener 20, 30, 40, 100, 200 000 euros par an. C'est énorme.

Marco : Petite anecdote par rapport à ça. Tu nous as partagé tes statistiques tantôt. Je n'ai pas la prétention d'avoir des statistiques aussi grandes, mais j'ai fait le bilan après la deuxième année de L'Accélérateur : on a réussi à générer, avec mes deux entreprises, plus de 200 000 dollars dans les deux premières années de L'Accélérateur.

Matthieu : C'est incroyable.

Marco : Et je me suis posé la question : comment je pourrais améliorer ça encore plus? On a décidé de dire oui à une station de radio qui m'avait demandé de monter un concept d'épisodes pendant l'heure du dîner, chaque mercredi. Donc chaque mercredi midi, je vais à la station de radio pour faire une entrevue. Dans mon autre entreprise, j'ai une entreprise d'articles et de vêtements promotionnels que j'opère avec mon frère et mon père. On a une trentaine d'employés, donc c'est quand même une bonne boîte. Je me demandais comment arrimer cette entreprise-là et le podcast.

Ce que je fais simplement, c'est que j'apporte à mon invité une bouteille réutilisable, et je la lui laisse. Évidemment, la bouteille est brandée au nom de l'entreprise que j'opère avec mon père et mon frère. De cette façon-là, la personne va penser à moi. Depuis que je fais ça, on est rendus à peu près à dix ou onze épisodes, et il y a au moins quatre contrats qui vont venir de là, dont un contrat de 200 et quelques milliers de dollars qui est sur le point de tomber. Juste grâce à une bouteille d'eau.

Matthieu : C'est fantastique. Et c'est drôle, parce qu'un de mes prochains annonceurs en France, avec qui je parle demain matin, est dans les objets promotionnels. Je te donnerai son nom, je ne vais pas le citer à l'antenne, ça ne sert à rien de lui faire de la pub si tu es là-dedans aussi, même si ce ne sont pas les mêmes territoires. Je pense que c'est très pertinent pour ce type d'activité. Toi, tu vends du produit, c'est fantastique. Celui qui m'inspire là-dedans, il faut le citer, c'est Gary Vaynerchuk. Lui ne fait pas de pub dans ses podcasts ni dans ses vidéos. Ce qu'il promeut, c'est VaynerMedia. C'est un peu ce que je fais aussi avec Cosa Vostra.

Mais j'ai un grand défi là-dessus : les gens qui nous contactent, c'est très intuitu personae. Ce qu'ils viennent chercher, c'est quand même pas mal moi. Et je ne peux pas me démultiplier autant que ça, je ne peux pas être sur tous les projets. On est 50 ici. Il faut réussir à relever le défi de dire : « Derrière moi, j'ai une équipe fantastique. » C'est le cas. Ils sont meilleurs que moi sur chacun de leurs métiers.

Il faut que mes leads entrants arrivent à adhérer à ça et à se dire : « OK, je crois en eux. » C'est difficile, parce que souvent, je suis là au premier rendez-vous, éventuellement à un autre, je suis le dossier jusqu'à la fin, mais je ne suis pas là à chaque rendez-vous dans l'opérationnel. C'est un défi. Mais en termes de business, les gens savent ce qu'ils viennent chercher et connaissent un peu mon expertise.

Ce que tu dis sur le produit, je trouve ça assez fantastique. As-tu lu cet article que j'ai trouvé récemment sur l'efficacité de la publicité, The Tim Ferriss Effect, sur Medium? C'est quelqu'un qui a une marque de vêtements pour hommes et qui donne tous ses chiffres, ses plus gros jours de vente réalisés grâce au Tim Ferriss Show. Ça montre la puissance de ce qu'on a. Mais on a une grosse responsabilité en tant que podcasteurs : si tu fais n'importe quoi, si tu vends des marques que tu n'aimes pas parce qu'elles te payent bien... Tu dois être certain que les produits que tu vends ou que tu endosses sont de bons produits.

Parce que là, t'apportes une valeur ajoutée à ton auditeur, à ton annonceur et à toi. Moi, de grosses marques de voitures m'ont demandé, mais je leur dis : « Je ne peux pas faire une pub pour des voitures, j'habite à Paris. Les gens n'ont pas de voiture ici, on est en vélo, en transport. Je ne suis pas légitime. » Je peux faire de la pub pour Pipedrive, Salesforce, des choses comme ça.

Marco : Des trucs que t'utilises.

Matthieu : Exactement.

Marco : Je suis entièrement d'accord avec toi. Avant de clore, Matthieu, j'aimerais te demander la plus belle histoire qui t'est arrivée depuis le lancement de ton podcast. Celle que t'as toujours envie de raconter quand quelqu'un te demande une belle histoire en lien avec ton podcast.

Matthieu : J'en ai plein, parce qu'il y a des rencontres avec des gens. Je ne sais pas si c'est mon épisode 40 ou 41, avec Catherine Painvin, une femme extraordinaire. Chaque enregistrement est incroyable. Mais la plus belle vient plutôt d'une auditrice. Je ne suis pas un podcast psy pour aider les gens à s'en sortir, je suis plus inspirationnel. Mais j'ai une auditrice qui m'a envoyé un message, et honnêtement, j'étais très ému. Je l'ai envoyé à ma femme après, elle était très fière aussi. Elle m'écrivait que quelqu'un lui avait envoyé mes podcasts, qu'elle les avait écoutés, et qu'elle avait repris goût à la vie, qu'elle avait envie de faire des choses.

J'ai été très surpris, parce que je n'ai pas du tout la prétention d'être un antidote. Je pense que je peux être un élan de motivation pour des gens qui ont besoin de s'inspirer. Mais quand tu reçois ça et que tu te dis que t'as participé à ça, c'est quand même mieux que des gens qui se rencontrent et créent un business ensemble après mon podcast, ou des gens qui invitent d'autres gens. Tout ça, c'est super, je suis très fier de ça. Mais même si c'est une seule personne et que ça arrive une fois, c'est une immense fierté.

Marco : De réaliser qu'on fait vraiment une différence dans la vie de quelqu'un qu'au final, on ne connaît pas du tout. Mais cette personne-là a vraiment l'impression de nous connaître, parce que ça fait peut-être 80, 100 épisodes qu'elle nous écoute. Un type m'a écrit un jour, sur Messenger : « J'ai découvert ton podcast il y a deux semaines et ma femme te déteste. » J'ai dit : « Mais pourquoi? » Il m'a dit : « J'écoute tes podcasts en série sur l'oreiller le soir, à côté de ma femme. Je ne suis pas capable de décrocher. » Il les binge, comme on dit en bon français. « À un moment donné, elle m'a dit : Arrête, là, Marco Bernard, Marco Bernard, Marco Bernard! » C'était quand même curieux.

Matthieu : J'ai pire ou mieux que toi. Quelqu'un m'a dit : « J'écoute tes podcasts, mais je suis jaloux, parce que ma femme t'écoute en s'endormant. » J'ai trouvé ça très louche aussi, c'est très bizarre ce qui nous arrive. Au début, c'est ma mère qui m'a dit ça. Elle écoutait plus quand j'étais moins régulier. Elle m'a dit : « Je suis assez contente, parce que c'est la première fois que je peux entendre ton travail. »

Nous, on n'a pas un travail public. Toi, t'es businessman, moi aussi. J'ai éventuellement des belles présentations PowerPoint, des sites internet qu'on fait, mais les gens ne savent pas dans le détail ce qu'on fait derrière nos rendez-vous, où on est toujours trois, quatre autour de la table. Là, tout le monde peut le voir. C'est une certaine pression, parce que si tu fais un travail de mauvaise qualité, tu passes pour un idiot. Ça te force à t'élever, à te tirer vers le haut. Donc c'est bien.

Marco : Tout à fait. Matthieu, rapidement, les petites questions techniques. Quel est le logiciel de montage que tu utilises?

Matthieu : Je monte très peu, voire presque pas. C'est une de mes grosses particularités. J'appuie sur le bouton de mon Zoom H6, je mets sur enregistrer, je rappuie sur le bouton quand c'est fini, au bout d'une heure et demie, deux heures, et c'est tout. Je ne monte pas. Avant, j'utilisais un peu Audacity pour mon intro. En revanche, il y a un logiciel que j'utilise toujours, dont je suis hyper fan, j'ai même voulu racheter la boîte, mais ils ne veulent pas : ça s'appelle Auphonic. Je le recommande à tout le monde. Au début, tout le monde me dit qu'il n'y a pas besoin de ça.

Moi, je passe tout là-dedans. J'enregistre sur deux pistes différentes, et Auphonic me permet de prendre mes deux pistes, de les merger et de sortir un son clean, égalisé de A à Z, en un seul bloc. J'ai aussi enregistré une intro et une sortie qui sont toujours les mêmes, et Auphonic me les merge aussi. Tu peux même mettre un overlap, pour avoir la fin de la musique qui commence sur le début. C'est pour moi une des clés pour gagner du temps. Parce que pour être régulier, un des secrets que j'ai, c'est de faire le moins de production possible, le moins de montage possible.

Marco : Il faut avoir un processus le plus efficace possible, pour ne pas avoir l'impression de perdre du temps avec ça. Plateforme publicitaire, on en a parlé. Plateforme d'hébergement, on en a parlé. L'app que tu utilises pour écouter tes podcasts?

Matthieu : Évidemment, ce n'est pas parce que c'est mon sponsor, mais c'est Google Podcasts. Je l'utilisais avant, parce que je suis sur Android. J'ai essayé pas mal de choses. J'aime bien ce que fait Majelan depuis peu, je trouve que ça évolue dans le bon sens. J'ai utilisé Podcast Addict, Pocket Casts, tous ceux qu'on connaît. Mais ça fait quelque temps que je suis sur Google Podcasts et je trouve ça assez bien. Elle est simple. Ça me télécharge mes épisodes. Ce que je regrette, c'est que je n'ai pas beaucoup de notifications sur les nouveaux épisodes, je dois aller les chercher moi-même. Mais en même temps, je me bats en ce moment contre les notifications, donc finalement, c'est bien.

Marco : Deux ou trois podcasts que tu nous recommandes, en terminant?

Matthieu : Il faut quand même que je mentionne que j'ai un autre podcast, La Martingale, sur les finances personnelles. Je me régale à le faire. Je pense qu'il est assez international, parce qu'on va parler d'or, de Bitcoin. L'immobilier, c'est plus lié à Paris et à la France, mais ce sont des sujets qui peuvent fonctionner ailleurs. J'aurais pu t'expliquer aussi comment on l'a vendu à un annonceur avant même de le commencer. On a un autre podcast qui s'appelle Le Panier, sur le e-commerce. C'est une sorte de copycat, je peux l'avouer, de Shopify Masters, que j'aime beaucoup : on fait le podcast français du e-commerce et on interroge tous les gros du e-commerce français.

Ensuite, dans les podcasts que j'écoute : mon ami Gabriel Gourovitch, qui a un podcast qui s'appelle Growth Makers, que j'adore, vraiment sur le growth marketing dans les start-up. Marketing Mania, que j'aime beaucoup en français aussi, de Stan Leloup, je ne sais pas si tu le connais.

Marco : Oui, je l'ai reçu sur L'Accélérateur.

Matthieu : D'accord. J'ai cité Tim Ferriss, Gary Vee, James Altucher. How I Built This, de Guy Raz sur NPR, je trouve ça fantastique chez les anglophones. Et je t'en cite quelques autres : Anti-brouillard, Réel, Code source du Parisien, qui est un bon podcast mais plus pour les Français, We Are New York, et le tout dernier, If This Then Dev, que nous produisons chez Cosa Vostra, pour les développeurs, les codeurs. I-F-T-T-D.

Marco : If This Then Dev. Merci beaucoup, Matthieu, pour cette entrevue qui a été, ma foi, fort intéressante. Je pense que les gens vont avoir apprécié ta transparence, toute ton authenticité. C'est quelque chose qui t'est reconnu dans ton podcast, et je pense que les gens qui t'auront découvert vont être intéressés à aller jeter un coup d'œil. Est-ce que tu peux nous dire où on te trouve?

Matthieu : On peut m'ajouter vraiment facilement sur LinkedIn : linkedin.com/in/stefani, S-T-E-F-A-N-I. Si tu tapes Matthieu Stefani sur Google, c'est pareil. Sur Instagram, c'est @matintouch. Je suis en train de fusionner mes comptes Génération Do It Yourself et Matintouch, parce que je pense qu'il faut avoir un seul compte. Ce sont les meilleurs endroits pour me contacter. Le site du podcast, c'est gdiy.fr, G-D-I-Y point F-R. Il y a une newsletter : toutes les semaines, j'envoie l'épisode et deux, trois recos de la semaine, un livre à lire, une application que j'ai bien aimée.

Marco : Excellent. Un gros merci encore une fois, Matthieu. Super apprécié, ton passage sur l'Académie du podcast.

Matthieu : Marco, je te remercie vraiment à mon tour. J'apprécie beaucoup ce que tu fais pour le monde du podcast. J'essaie d'en faire autant que je peux à mon échelle, et c'est bien de pouvoir avoir ça sur un format audio qu'on apprécie tous. Donc bravo.

Marco : Merci beaucoup. Voilà qui termine cet épisode 66. Lundi prochain, retour à l'horaire régulier d'un épisode par semaine. Bonne Journée internationale du podcast à vous tous, les podcasteurs. D'ici là, osez porter votre message aux oreilles de tous et commencez à changer le monde, un auditeur à la fois. Ciao tout le monde, on se reparle lundi prochain.

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Marco Bernard - L'Académie du Podcast - Rond

À propos de l'Animateur

Marco Bernard

Marco Bernard anime L'Académie du Podcast et podcaste depuis 2014 (1 200+ épisodes au compteur).

Auteur du livre "Ton Podcast Ta Voix Influente", il a lancé l'ADP en 2018 et depuis, il a accompagné plus de 3 000 coachs, consultants et experts à utiliser le podcasting comme levier de croissance.

Sa philosophie : "Animer un podcast, c'est vendre. Et vendre, c'est servir."

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