Marco : Souvent, quand on parle du milieu scolaire, du milieu de l'éducation, on est très sévère avec eux, et avec raison dans bien des cas. Très souvent, on leur reproche d'être très en arrière, très archaïques dans leur façon de faire, dans leur façon d'enseigner. L'invité que j'ai pour toi aujourd'hui, c'est la preuve pour moi qu'à la fois le podcast est en vogue et est vraiment un endroit où tu veux être en ce moment pour développer ton entreprise, mais aussi un signe que graduellement, le milieu de l'éducation est en train d'évoluer.
Je reçois aujourd'hui Benoît Dussault. Benoît Dussault, c'est quelqu'un qui est à la tête de l'Association des directions et directions adjointes des écoles franco-ontariennes. Ça s'appelle l'ADFO. Et ils sont venus vers moi et vers l'Académie du podcast pour qu'on puisse les aider à mettre sur pied un podcast pour mieux communiquer avec leurs membres, les gens qui font partie de cette association-là. Donc essentiellement, ce sont des gens qui font partie des directions d'écoles francophones en Ontario.
Et pourquoi je trouve ça vraiment intéressant? C'est qu'en plus de faire figure de pionnier dans le domaine de l'éducation, c'est un super bel exemple pour les gens qui disent : « Hey, est-ce que mon podcast serait un peu trop niché? Est-ce que je vais vraiment être capable de répondre à des besoins, est-ce que je vais rejoindre assez de gens différents avec mon podcast si je vais de façon très nichée? » Et l'exemple de l'ADFO est criant par rapport à ça, parce que ce podcast-là, il peut pas être plus niché.
On s'adresse d'abord à des gens qui parlent français, qui sont membres de directions d'écoles franco-ontariennes. Il n'y a pas énormément de membres. On parle de six, sept cents membres environ. Le podcast de l'ADFO s'adresse à une niche d'exclusivement entre six et sept cents membres au moment où on se parle. Donc c'est pas plus niché que ça. Et malgré tout ça, déjà, les retours que Benoît et son équipe ont par rapport à leur podcast sont vraiment très intéressants. Alors il y a une foule de raisons pourquoi je trouve ça hyper intéressant de recevoir quelqu'un comme Benoît Dussault. Je t'invite à écouter l'entrevue qu'on a faite ensemble un peu plus tôt.
L'Académie du podcast, c'est pour toi, podcasteur aguerri ou en devenir, qui veut projeter ton message aux oreilles du plus grand nombre de personnes possible. À chaque épisode, on traite d'un sujet qui va t'aider à amener ton message encore plus loin. Je te remercie de passer quelques minutes avec moi aujourd'hui. C'est parti.
Salut Benoît, comment tu vas?
Benoît : Salut Marco, ça va très bien, et toi-même?
Marco : Oui, ça va bien, merci. Je suis content de te recevoir parce que, comme je l'ai dit en intro, on va parler de podcasts, avec un S, qui sortent de l'ordinaire. Normalement, dans l'Académie du podcast, on fait surtout affaire avec des gens qui sont soit des coachs, des entrepreneurs sur le web, des gens qui veulent placer le podcast au centre de leur stratégie marketing. Dans votre cas, c'est différent. On parle de milieu scolaire, on parle d'information pour des employés. Parle-moi de comment est née l'idée de lancer un podcast au sein de votre organisation.
Benoît : Bon ben Marco, en fait, nous, on a des membres. On est une association professionnelle de directions d'école. On regroupe toutes les directions d'écoles francophones de l'Ontario. On a au-dessus de six cents membres, tout près de sept cents membres. On a plusieurs rôles, mais on a deux rôles où les podcasts deviennent intéressants. On a un rôle de formation professionnelle pour nos membres : on les accompagne dans le développement de leur leadership.
Et on a aussi un gros service d'aide juridique et de conseil professionnel, où on voulait travailler peut-être plus en prévention avec nos membres. Comment éviter de se mettre dans le pétrin? Comment reconnaître des situations qui pourraient être litigieuses, et tout ça. On le faisait par des webinaires, par des infolettres, par des monographies qu'on envoyait en format PDF, avec plus ou moins de succès. C'est-à-dire que les gens lisaient plus ou moins.
Le webinaire, tu rejoins un certain nombre de personnes à un temps très donné. Tandis que là, avec le podcast, on réussit à rejoindre des gens qui sont partout en province. Ils peuvent l'écouter sur leur propre temps. C'est rapide, c'est direct, c'est très apprécié des membres. Et ça répond très bien aux objectifs qu'on s'était donnés.
Marco : Donc l'idée, c'est d'informer les gens sur les points qui pourraient être litigieux, leur donner un peu plus d'informations sur les différentes situations qu'ils pourraient rencontrer dans le cadre de leur travail. C'est ça?
Benoît : Exactement. Par exemple, le ministère a lancé un nouveau curriculum, un nouveau programme. Les gens ont besoin de formation. Les gens sont super occupés, c'est des gens qui sont débordés. On offre un webinaire qui va durer une heure et quinze, avec des rencontres de suivi après ça. C'est pas tout le monde qui a le temps de s'embarquer là-dedans ou qui a l'énergie pour le faire. Mais au moins, à l'intérieur d'un podcast, on peut leur dire : « Écoute, en vingt minutes, trente minutes max, tu vas savoir l'essentiel qu'il y a à savoir. »
Marco : OK.
Benoît : Et si après ça, t'as l'impression que t'as besoin d'en savoir plus, ben là, viens à notre webinaire, viens assister à nos réseaux d'apprentissage professionnel. Mais au moins, en trente minutes, en retournant chez vous du travail, tu pourras écouter ça dans l'auto. Tu auras une très bonne idée : c'est quoi les changements majeurs? Qu'est-ce que tu devrais faire comme sélection d'école? À quoi tu devrais t'attendre? Fais attention à ci, fais attention à ça, surveille telle chose. Au moins, t'auras l'essentiel.
Marco : Fait que dans le fond, c'est comme une activité de sensibilisation à ce qui existe déjà dans votre écosystème, que ce soit des webinaires ou d'autres types d'informations. C'est un genre de résumé, si tu veux, de trucs qui pourraient les sensibiliser à dire : « Hey, finalement, j'ai besoin de ce webinaire-là, j'ai besoin d'aller chercher cette information-là parce que je pense qu'il y a un manque à ce niveau-là que je dois absolument combler. »
Benoît : Oui, ou le contraire, où les gens vont se dire : « OK, j'en ai assez de trente minutes. J'ai compris où le ministère s'en allait avec ça, et je suis assez à l'aise pour continuer sans avoir à participer au webinaire. » La même chose au niveau juridique. Par exemple, le dernier podcast qu'on a fait, c'est sur la supervision. Comment est-ce que je supervise des employés? L'année scolaire commence, je suis direction d'école, j'ai un nouvel adjoint, j'ai une nouvelle secrétaire. Qu'est-ce que je mets en place pour que la relation de supervision se passe bien? C'est quoi les incontournables?
Il ne faut pas attendre que les problèmes arrivent : c'est là qu'ils nous appellent. Mais si on est capable de travailler un petit peu en amont, avec des podcasts qui sont très précis, simples, qui s'écoutent rapidement, avec des trucs, des astuces, de bonnes pratiques, ça aide énormément les gens. Et souvent, c'est des choses qu'ils savent, mais c'est juste de leur rappeler des petites choses à mettre en place en début d'année, par exemple.
Marco : OK. Je suis curieux de savoir, dans le processus d'implantation, au départ, quand vous avez décidé de faire un move à ce niveau-là, est-ce qu'il y a eu une consultation des membres? Est-ce que ce sont les membres qui vous ont demandé ça, ou si vous êtes plutôt arrivés avec l'outil, vous l'avez proposé aux membres et les membres vous ont donné un feedback pour savoir si ce serait pertinent, utile pour eux de l'avoir de cette façon-là?
Benoît : On a fait une consultation quand même assez restreinte au niveau de notre conseil d'administration, parce que le constat qu'on avait au départ, c'est que ce qu'on faisait fonctionnait plus ou moins. Avant d'arriver vers le podcast, on s'est dit : « Il faut trouver quelque chose d'innovant, quelque chose de différent pour rejoindre nos membres. » On sort de deux ans de pandémie. Je sais pas si tu peux imaginer la réalité d'une direction d'école pendant ces deux années-là : on ferme, on communique avec la santé publique. En tout cas, ça a été des années extrêmement difficiles.
Marco : Clairement.
Benoît : Ici, en plus, on était en négociation de nos conditions de travail. Ça a été très chargé. Et comme je disais, les gens n'ont pas le temps, ou en tout cas ont moins de temps, pour suivre des webinaires d'une heure et demie, deux heures. Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas le faire, c'est qu'ils doivent vraiment maximiser leur temps, optimiser toutes les minutes qu'ils ont à donner dans une journée, et souvent le soir, les fins de semaine.
On s'est dit : « Essayons le podcast », parce que je pense que c'est de plus en plus l'outil que la jeune génération utilise. Et je dis jeune génération : une direction d'école, habituellement, ce n'est pas très jeune. Ce n'est pas quelque chose qu'on fait en début de carrière, c'est quelque chose qu'on fait plus en milieu, fin de carrière. Mais de plus en plus, avec la pénurie qu'on vit présentement, on a des directions qui sont au début de la trentaine, ce qu'on ne voyait pas.
Marco : Et quel genre de retour vous avez jusqu'à maintenant de vos membres là-dessus? Quel genre de retombées vous avez?
Benoît : Écoute, ça fait pas longtemps que c'est arrivé. Mais ce qu'on a, en tout cas des gens qui sont proches de nous, c'est que les gens apprécient beaucoup le format. Ils trouvent ça très professionnel, très rapide, très facile à consommer. Ils peuvent y revenir quand ils veulent : « Ah oui, il y avait quelque chose d'intéressant dans le podcast, j'y retourne. » Et le fait qu'on offre aussi la transcription du podcast donne déjà une bonne idée, avant d'écouter, de quoi on va traiter. Alors c'est quand même très apprécié.
Marco : Ah ben excellent. Donc ça veut dire que les objectifs sont en voie d'être atteints, parce que vous avez un outil qui permet de consommer rapidement, peut-être à des moments où normalement, vous n'étiez pas en contact avec les gens : dans le véhicule par exemple, quand les gens se déplacent, quand ils s'entraînent, prennent une marche, etc. Ils vont juste aller s'informer là-dessus. Et normalement, c'est pas des moments auxquels vous aviez accès, parce que quand ils sont au bureau et qu'ils sont pris pour aller consommer un webinaire, ça tombe probablement dans les heures de travail, donc ils sont déjà en train de faire autre chose. Alors ça fait en sorte que c'est plus facile pour vous de les rejoindre.
Benoît : Absolument. Ça offre une flexibilité autant pour le membre que pour nous, pour livrer ce qu'on a à livrer.
Marco : Je trouve ça intéressant. Quand tu es venu vers nous, Benoît, pour qu'on puisse travailler avec vous et vous aider à mettre ça en place, le premier réflexe que j'ai eu, c'était de penser à un podcast qui existe avec l'Université de Chicoutimi. Il y a un prof qui a lancé un podcast pour ses élèves. Dans le fond, il donne de l'information en lien avec les cours qu'il donne, comme des informations d'appoint sur la théorie qui est déjà traitée pendant les cours.
Ce qu'il m'avait livré dans une entrevue que j'ai faite avec lui, c'est qu'il est arrivé quelquefois que son épisode soit diffusé avec quelques heures ou une journée ou deux de retard. Et les élèves revenaient vers lui en disant : « Hey, l'épisode de cette semaine est pas là. Moi, je veux avoir les informations d'appoint sur ce que tu nous as donné comme théorie dans le cours. » Les élèves venaient vers leur prof pour dire : « Hey, il est où, mon complément? » C'était la référence que je voyais comme un peu similaire à ce que vous avez, dans le sens où c'est une information peut-être plus concise, plus directe, qui permet d'être consommée à d'autres moments.
Les élèves, c'est ce qu'ils disaient au prof : ils écoutaient le podcast pendant qu'ils allaient au cours le matin même, de sorte qu'ils rafraîchissaient un peu la théorie du cours précédent et que, quand ils arrivaient, ils étaient déjà dans un mood. Et le prof me disait que le taux de présence dans ses cours, le taux d'intérêt, l'engagement dans ses cours, ça a augmenté simplement parce que les jeunes découvraient. Souvent, je pense que c'est un prof d'histoire, il allait simplement raconter des histoires en lien avec la théorie. Et on sait à quel point les histoires, c'est intéressant pour assimiler une théorie.
C'est le premier réflexe que j'ai eu quand tu es venu vers nous. J'ai fait comme : « OK, dans le milieu de l'éducation, il y a peut-être quelque chose à faire avec ça, vraiment, pour faciliter l'enseignement, faciliter le contact avec les membres, faciliter aussi l'accès à de l'information autre, peut-être, que ce qu'on livre normalement. » Et là, on le voit dans plein de contextes. Le contexte dont je te parle, c'est un contexte d'étudiants, mais toi, tu me parles d'un contexte de directions d'école. Donc il y a vraiment une foule de contextes où on peut mobiliser ce format de création de contenu-là.
Benoît : Oui, ben oui. Et je pense que le parallèle que tu fais avec le prof d'université, il y a beaucoup de vrai là-dedans. Tu parlais d'engagement. C'est sûr que nous aussi, on cherche à engager les gens envers leur association le plus possible. Malgré leur journée bien remplie, il faut qu'ils sachent ce qui se passe à l'association. Nous, c'est une façon facile, rapide de leur transmettre cette information-là. Les gens cherchent en tout temps : qu'est-ce que mon association fait pour moi? Elle travaille sur quel dossier en ce moment? Ils sont toujours tenus au courant, tandis que ce qu'on faisait avant, c'était l'infolettre et tout ça. Certains la lisaient assidûment, d'autres pas du tout.
Marco : Ouais. C'est une façon d'engager, effectivement. Et c'est une façon différente et actuelle d'engager. Et clairement, ça remplit l'objectif au moment où on se parle. J'ai envie de te poser la question, Benoît : tu t'es tourné vers nous pour l'engagement. Qu'est-ce qui a fait que tu as décidé de te tourner vers nous plutôt que vers d'autres ressources qui existent dans le domaine?
Benoît : Il faut que je te dise, Marco, qu'au même moment, on était en refonte de notre site internet. Et la compagnie qu'on avait embauchée nous a fortement recommandé de faire affaire avec toi pour tout ce qui était podcast. Alors on est allés sur ton site, on s'est parlé, tu m'as présenté ton produit, les tutos, les démos, tout ça, qui sont accessibles. Ça nous a beaucoup aidés. C'est ce qui a fait qu'on a vu que c'est quelque chose de sérieux, c'est bien fait, il y a une longue expérience, pour nous accompagner dans ce processus-là.
Parce que c'est simple, mais en même temps, ce n'est pas simple. Il y a quand même beaucoup de choses quand tu es néophyte, que ce n'est pas ton milieu. Même si on est habituellement de bons communicateurs en éducation, il y a plus que ça. Il y a tout l'aspect technique et la mise en ligne. Les trucs que vous nous avez donnés nous ont beaucoup aidés.
Marco : Qu'est-ce que tu as découvert, justement, qui pour toi était inconnu et qui t'a fait dire : « OK, je n'aurais jamais pensé à cet aspect-là, mais ça fait vraiment la différence »? Peut-être qu'il y a des trucs inattendus que tu ne te serais pas attendu à devoir mettre en place, et finalement, tu t'es dit : « Heureusement que j'ai eu cet accompagnement-là, parce que sinon, je n'aurais jamais pensé à ça. »
Benoît : Il y a plein de petites choses. Tu me prends un peu de court. Mais par exemple, présenter les invités. Habituellement, quand j'anime le podcast, je me mets un peu dans le rôle de celui qui pose des questions un peu naïves, qui se met dans la peau d'un parent : « Si le parent te demande ça, qu'est-ce que tu vas répondre? » Ou : « C'est quoi les arguments pour convaincre tes profs que c'est une bonne chose d'aller dans cette direction-là? » Je me mets un petit peu dans la position du naïf.
Mais moi, je laissais mes invités se présenter. J'avais deux, trois invités, chacun prenait cinq minutes, tour de table, pour se présenter. Comme c'est souvent les mêmes, ça faisait long. Tu m'as dit : « Non, c'est ton show, c'est toi qui présentes les invités d'avance. » Ce n'est pas grand-chose, mais ça change la dynamique complète du podcast, en tout cas du produit fini.
Des petites choses aussi, par exemple comment s'assurer de l'engagement. Des petits trucs : comment annoncer le prochain épisode, faire un retour sur ce qu'on a fait dans l'épisode précédent, pour qu'il y ait toujours comme une continuité avec les gens. Qu'ils se disent : « OK, il va nous parler de ça la semaine prochaine, ça va être intéressant, j'ai hâte que ça sorte. » C'est comme ça qu'on développe l'engagement auprès de nos membres.
Marco : Oui. OK, excellent. Dernière question. Tu es à la tête de cette initiative-là, qui est vraiment intéressante, pour ne pas dire novatrice dans le domaine de l'éducation. Comme tu le sais, tu as probablement fait quelques recherches là-dessus, il n'y a pas grand-chose qui existe en termes de podcast dans votre secteur d'activité. Je sais que tu as mobilisé plusieurs membres de l'équipe, plusieurs membres de l'association autour de ce podcast-là. Il y a des gens qui viennent intervenir, il y a des gens qui sont là dans l'ombre aussi, qui sont en train de travailler.
Vous avez un podcast juridique, un podcast pour un peu plus d'informations, et un podcast aussi au niveau du président. De quoi tu es le plus fier, d'avoir réussi à mettre tout ça en place, d'avoir mobilisé autant de personnes autour de ce projet-là, alors qu'il n'y avait pas vraiment de base sur laquelle on pouvait dire : « Ce n'est pas compliqué, ce qu'on veut faire, c'est exactement ce projet-là qui existe »? Quand il y a déjà quelqu'un qui a marché le terrain avant nous, on peut observer ce qui s'est passé et essayer de calquer. Mais là, dans le cas présent, c'est vous autres qui avez ouvert la trail, entre guillemets. C'est vous autres qui avez vraiment été les premiers à marcher sur ce chemin-là. De quoi tu es le plus fier par rapport à ça?
Benoît : Écoute, je pense à une personne en particulier, qui est notre responsable du service juridique. Denis, il s'appelle. Il va sûrement se reconnaître. Quand je lui ai amené l'idée au début, c'est pas qu'il n'était pas chaud à l'idée, mais il ne voyait pas la plus-value. Il disait : « Écoute, on a nos PDF. » Lui, il faisait des webinaires par région. Il se promenait de région en région, il animait un webinaire sur un sujet. Il disait : « On couvre déjà la matière. Pourquoi est-ce qu'il faut faire autre chose? » Je lui ai dit : « Donnons-nous une chance, on va en faire trois ou quatre, on va voir le produit final. »
Et quand Amélie nous a retourné le produit final des deux ou trois premiers épisodes, bien monté, il m'a appelé tout de suite et il a dit : « Wow, je suis super fier de ce qu'on a fait. Et oui, là, je vois toute l'autre dimension que ça apporte. C'est beaucoup plus accessible. C'est une flexibilité pour les gens. » Il était très fier, même si les deux ou trois premiers épisodes, ce n'étaient pas nos meilleurs. Quand on commençait, on avait des hésitations. Je les écoute aujourd'hui et je me dis : « Il me semble que j'aimerais ça le reprendre, celui-là, parce que ce n'était pas à mon goût. »
Mais bon, c'est correct. On va juste aller en s'améliorant. Et maintenant, lui, il écrit des épisodes, il se pose toutes sortes de questions : « Je vais répondre à ça, ça va être bon. » C'est quand même super le fun de voir cet engagement-là sur quelque chose auquel ils croyaient plus ou moins.
Marco : Fait que ce n'est pas juste l'engagement des membres qui viennent écouter, c'est l'engagement aussi des intervenants, des gens dans ton équipe qui ont décidé de mettre l'épaule à la roue. Même s'ils n'étaient pas sûrs au début, premièrement, ils t'ont fait confiance et ont décidé de donner une chance au projet. Mais ultimement, en voyant le produit final, ils ont dit : « OK, vraiment, on est ailleurs. »
Benoît : Oui, et ils ont vu que notre objectif, nous, dans la vie, c'est d'aider nos membres, être là pour nos membres, leur en donner le plus possible pour leur argent, les défendre le mieux possible, les outiller le mieux possible. Et les gens se sont rendu compte que c'était un outil qui était mauditement efficace. Alors ça, je suis très fier de ça. Peut-être que dans dix ans, ce sera autre chose, mais pour le moment, ça fonctionne, et ça fonctionne bien. On rencontre nos objectifs de ce côté-là.
Marco : Benoît, en tout cas, moi, j'ai juste des félicitations à vous faire, parce que vraiment, on sait d'où on part avec ce projet-là. Je sais que d'un épisode à l'autre, il y a de l'amélioration dans l'animation. Je suis convaincu que vous prenez de plus en plus de plaisir à animer ces épisodes-là aussi. Quand on commence à animer un podcast, souvent, on est un peu, je ne dirais pas nerveux, mais coincé. Des fois, on est un peu plus dans notre tête quand on anime, et à la longue, on devient plus à l'aise avec le micro, plus à l'aise avec la discussion aussi.
Et ça fait en sorte que nécessairement, le résultat s'en ressent. Le résultat est de mieux en mieux. C'est ce que j'entends, en tout cas. Quand j'écoute vos épisodes, je vois une amélioration au fil du temps. Est-ce que les gens prennent de plus en plus de plaisir à ça? Toi, tu le vis de l'intérieur, les gens animent avec toi. Comment ça se passe à ce niveau-là?
Benoît : C'est sûr qu'autour de la table, on voit que les gens prennent de l'assurance. C'est moins robotisé, si je peux dire. On se permet de sortir de nos textes beaucoup plus qu'on le faisait au début. On est allés chercher aussi d'autres invités. Par exemple, on fait affaire avec une firme d'avocats : on est allés chercher l'avocat pour un sujet très particulier. Et d'autres gens aussi, qui sont spécialisés. Mais c'est sûr qu'on sent une dynamique qui s'installe au fur et à mesure que les épisodes avancent. La complicité et la dynamique d'équipe sont beaucoup plus présentes.
Marco : OK. En tout cas, comme j'ai dit, félicitations encore une fois. Moi, je trouve que c'est un projet qui est extrêmement stimulant pour nous, parce que nous aussi, ça nous sort de notre zone de confort. Ce n'est pas naturel pour nous d'aller travailler avec des associations comme ça. Mais quand on s'en est parlé avant, on savait un petit peu c'était quoi les attentes de part et d'autre. Et à ce moment-là, on a saisi qu'on pouvait peut-être vous aider à ce niveau-là.
Donc continuez votre bon travail, parce que je suis convaincu que les membres trouvent leur compte là-dedans. Tu nous l'as confirmé, et vous allez continuer d'avoir du plaisir avec ça. Je suis certain que vous allez inspirer aussi d'autres organisations, peut-être dans le monde de l'éducation, à se servir de ce média-là pour communiquer avec leurs membres, peut-être avec des étudiants éventuellement, des choses comme ça. Je suis convaincu que ça va faire des petits, ce que vous avez mis en place et ce que vous allez continuer de mettre en place.
Benoît : Merci, bien gentil, Marco. Et merci à toi pour tout votre appui et votre soutien durant cette expérience-là.
Marco : Merci, Benoît. Longue vie à ces trois podcasts. Merci. Salut.