Épisode 213 du podcast L'Académie du Podcast : Bâtir des relations grâce au podcasting avec l’entrepreneur Romain Collignon
mars 14, 2022

Bâtir des relations grâce au podcasting avec l’entrepreneur Romain Collignon | E213

Tu publies des épisodes.

Tu ne sais pas toujours qui t’écoute.

Et tu te demandes si ton podcast crée vraiment des liens avec les bonnes personnes.

Parfois, la réponse arrive des années plus tard. Par un simple appel.

Dans cet épisode de L’Académie du Podcast, Marco Bernard reçoit l’entrepreneur Romain Collignon, le podcasteur derrière le balado Structure. Leur histoire est l’exemple parfait de la façon dont un podcast bâtit des relations d’affaires durables : Romain a écouté Marco pendant des années, puis il est devenu client.

Ce que tu vas apprendre dans cet épisode

  • Comment un podcast peut transformer un auditeur silencieux en client
  • Le parcours de podcasteur de Romain Collignon et le lancement de son balado Structure
  • Ce que Romain a retiré de son podcast jusqu’ici
  • Pourquoi le podcast est un outil puissant pour bâtir des relations durables en affaires

Comment un podcast peut-il bâtir des relations d’affaires durables?

Un podcast bâtit des relations durables parce que tes auditeurs apprennent à te connaître épisode après épisode, souvent bien avant de te contacter.

L’histoire de Marco et Romain Collignon le démontre parfaitement.

Leur relation a débuté par un appel de l’adjointe de Romain. Elle a dit à Marco que Romain écoutait tous ses podcasts. Et que le jour où il aurait envie de lancer le sien, c’est vers l’Académie du Podcast qu’il se tournerait.

Pendant deux ans, ils ont développé leur relation.

Aujourd’hui, Romain est officiellement client de l’Académie du Podcast.

« C’est l’exemple parfait qui démontre l’importance de créer une relation à partir d’un podcast. »

Marco Bernard

Pourquoi ton podcast a-t-il plus d’impact que tu ne le crois?

Ton podcast a plus d’impact que tu ne le crois parce que des auditeurs peuvent t’écouter fidèlement sans jamais te le dire, jusqu’au jour où ils sont prêts à passer à l’action.

Romain écoutait tous les épisodes de Marco. Marco ne le savait pas avant cet appel.

C’est la force du podcast : une relation se construit même quand tu ne la vois pas encore. Ce n’est pas une vente en un épisode. C’est une confiance qui s’accumule.

C’est le cœur de la vente relationnelle par le podcast : tu ne pousses pas. Tu crées un lien, et ce lien finit par ouvrir la porte. Pour aller plus loin, écoute aussi l’épisode Pourquoi ton podcast a plus d’impact que tu ne le crois (même si personne ne réagit).

Qui est Romain Collignon, le podcasteur derrière Structure?

Romain Collignon est un entrepreneur et le podcasteur derrière le balado Structure.

Lors de cette entrevue, Marco et Romain ont bien sûr discuté de son parcours de podcasteur, du lancement de son balado Structure et de ce qu’il en a retiré jusqu’ici.

Mais ils ont surtout parlé de la force du podcast pour bâtir des relations durables dans un contexte d’affaires.

Romain accompagne des entrepreneurs qui veulent passer de six à sept chiffres de chiffre d’affaires, ou de sept à huit. Structure explore les coulisses des entreprises en hypercroissance : recrutement, processus, réunions, technologie. Il y met en lumière ceux dont on parle peu, le COO ou l’intégrateur qui pilote les équipes derrière le CEO.

Sa première intention n’était pas la vente, mais la connexion. Pour lui, le podcast est une carte de visite incroyable : une demande de rencontre à froid reste souvent sans réponse, alors qu’une invitation à passer sur son podcast ouvre la porte.

« Le podcast, c’est juste un médium, c’est une carte de visite juste incroyable. »

Romain Collignon

Que retenir de l’histoire de Romain Collignon pour ton podcast?

À retenir : chaque épisode que tu publies peut nourrir une relation qui deviendra une collaboration, même des années plus tard.

  • Tes auditeurs t’écoutent parfois longtemps avant de se manifester.
  • La relation se construit dans la durée, ici pendant deux ans.
  • Un podcast bien pensé devient un podcast qui génère des clients, sans pression de vente.

Romain partage aussi ce que son lancement lui a appris :

  • lancer avant d’être prêt : trois premiers épisodes suffisent, on construit l’avion en plein vol;
  • concevoir son podcast comme une offre, avec un titre, une promesse et un cœur d’audience précis;
  • démarrer avec son réseau fort, puis viser une liste de rêve de cinquante à cent invités, le Dream 100 de Chet Holmes;
  • se donner une date limite ferme : il a lancé Structure devant environ cent cinquante personnes, principalement des clients, lors du grand dîner annuel de son entreprise;
  • chercher le qui plutôt que le comment, et s’entourer de quelqu’un qui maîtrise déjà le podcast.

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Les liens pour retrouver Romain Collignon

Liens mentionnés dans l’épisode

Pour aller plus loin : lis notre guide Podcast pour entrepreneurs : la vente relationnelle par l’audio, ou parcours tous nos guides du podcast.

Questions fréquentes

Un podcast peut-il vraiment générer des clients?

Oui. Romain Collignon a écouté tous les podcasts de Marco Bernard, a développé une relation avec lui pendant deux ans, et il est aujourd’hui client de l’Académie du Podcast.

Qui est Romain Collignon?

Romain Collignon est un entrepreneur et le podcasteur derrière le balado Structure. Il est l’invité de l’épisode 213 de L’Académie du Podcast.

Combien de temps faut-il pour bâtir une relation d’affaires grâce au podcast?

Ça peut prendre du temps. Dans le cas de Romain Collignon, la relation avec Marco s’est développée pendant deux ans avant qu’il devienne client.

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Marco : Aujourd'hui, je suis super heureux de te présenter quelqu'un qui va te donner l'exemple parfait de ce que c'est que de créer une relation à partir d'un podcast. Notre relation a débuté par un simple appel de son adjointe. Elle nous a dit : « Romain écoute tous tes podcasts, et il nous avait dit que lorsque le temps serait venu de lancer son propre podcast, c'était très clair pour lui qu'il allait faire appel à tes services. » Pendant deux ans, on a développé notre relation par le podcast sans même que je le sache. Et nous voilà : on a un nouveau client premium à l'Académie du Podcast, qui s'appelle Romain Collignon, et on s'entretient avec lui aujourd'hui.

L'Académie du Podcast, c'est pour toi, podcasteur aguerri ou en devenir, qui veux projeter ton message aux oreilles du plus grand nombre de personnes possible. À chaque épisode, on traite d'un sujet qui va t'aider à amener ton message encore plus loin. Je te remercie de passer quelques minutes avec moi aujourd'hui. C'est parti.

Romain Collignon, c'est un très grand entrepreneur. Il accompagne des entrepreneurs qui veulent passer de six à sept chiffres de chiffre d'affaires, ou de sept à huit chiffres. Et son podcast, pour comprendre la réalité des start-up, s'appelle Structure. Il vient tout juste d'être lancé : on en est à près de vingt épisodes au moment où on enregistre. Et le fait qu'il soit venu de l'autre côté de l'Atlantique pour faire affaire avec l'Académie du Podcast repose exclusivement sur la relation qui a débuté à partir du podcast de l'Académie. C'est la preuve indéniable de la force d'un podcast.

D'ailleurs, si tu souhaites rejoindre Romain dans l'aventure de l'Académie du Podcast parce que tu as déjà ton podcast et que tu veux trouver des façons de l'améliorer, de booster tes résultats, tu peux te joindre au Club Momentum. Romain est dans ce club-là, avec plein d'autres personnes : cent quarante membres au moment où on se parle, des francophones de onze pays différents. Il y a la communauté, qui est absolument exceptionnelle, mais aussi les stratégies que j'enseigne pour créer du contenu qui attire des clients comme Romain.

Il y a aussi des séances de questions et réponses chaque semaine, et tu as accès à l'équipe pour des séances de codéveloppement. Bref, c'est un endroit idéal pour vraiment augmenter tes revenus et les résultats de ton podcast. Je te laisse à cette entrevue extraordinaire avec Romain Collignon, et nous, on se reparle la semaine prochaine.

Marco : Romain Collignon, comment tu vas?

Romain : En pleine forme, Marco.

Marco : Excellent. Je suis vraiment choyé de te recevoir aujourd'hui pour parler podcast avec toi. C'est relativement nouveau dans ton cas, mais je pense que c'est quelque chose auquel tu pensais depuis très longtemps. On va parler de Structure, mais aussi de tout ce qui est arrivé avant et depuis. D'emblée : le podcast, pour toi, ça arrive d'où?

Romain : Déjà, je suis un gros consommateur de podcasts depuis des années et des années. C'est mon médium favori pour apprendre. J'adore apprendre, et le podcast, c'est génial : tu l'écoutes dans les transports, tu découvres de nouvelles personnes, tu l'écoutes en vitesse deux, aussi. Donc je suis déjà un passionné de podcast. Et l'idée du podcast Structure a toujours été dans un coin de ma tête. On l'a lancé il y a un mois et demi, mais ça faisait peut-être deux ans que j'avais cette idée qu'un jour, je lancerais un podcast.

Mais je ne savais pas comment m'y prendre, comment démarrer. Parce que sur papier, quand tu consommes du podcast, tu mets tes écouteurs, tu lances le truc, c'est facile. Et quand tu es de l'autre côté et que tu lances ton podcast, il y a un apprentissage qui demande du temps, du savoir-faire. Heureusement, je suis tombé sur ta route, Marco. C'est pour ça que le démarrage a pris beaucoup de temps. Voilà un peu l'histoire : d'une part consommer, et me dire qu'à un moment donné, je pouvais aussi lancer le mien.

Marco : Au moment où tu as vraiment fait le pas, où tu t'es dit : « OK, on le sort du coin de la tête, on l'amène au centre et on essaie d'en faire quelque chose d'intéressant », c'était quoi le plus grand défi?

Romain : C'est cette notion du comment. Parce qu'il y a le projet podcast, mais c'est un projet marketing qui s'inscrit dans énormément de choses que l'on fait dans l'entreprise. Et le podcast, c'est un jeu de long terme. Combien de podcasts sont lancés puis arrêtés? Ce n'était pas du tout l'intention. Je voulais avoir une certaine bande passante pour me dire : « Quand je m'investis et que je lance le podcast, j'y vais au minimum pour cinq ans. » J'espère beaucoup plus. Il fallait donc que j'aie cette ouverture.

Ensuite, quand je dis que c'est l'histoire du comment, c'est que tu vois le résultat final en tant que consommateur de podcast. Et quand j'ai commencé à me renseigner sur comment le mettre en place, je me suis dit : « En fait, il y a une montagne de trucs à faire. » Et ça s'est résolu en trouvant le qui, qui connaît le comment. Et le qui, en l'occurrence, c'est toi, Marco. Ça a vraiment été le déclic : travailler avec quelqu'un qui maîtrise le podcast, qui en mange tous les matins au petit déjeuner, pour pouvoir lancer les choses correctement.

Marco : Au moment où tu as dit « OK, on le lance », il fallait avoir un objectif clair pour que ça colle avec l'entreprise. C'était quoi, l'objectif que vous visiez avec Structure?

Romain : Pour donner un peu de contexte, Structure, c'est un podcast passion, dans le sens où la thématique que j'aborde, c'est la structuration des entreprises en hypercroissance. Et ça part aussi d'une frustration. Comme j'écoute beaucoup de podcasts, de développement personnel ou d'entrepreneuriat, je me disais : il y a vraiment un manque dans l'écosystème français, ou francophone à tout le moins, de podcasts qui vont regarder dans les coulisses comment des entreprises qui font la une des journaux, dont tout le monde parle, fonctionnent vraiment de l'intérieur. C'est quoi, la structure?

On met toujours en avant le CEO, la personne qui est sur scène, mais très peu le COO ou l'intégrateur, la personne qui, derrière, pilote les équipes, structure, et cetera. C'est un sujet passion pour moi. Les membres avec qui on travaille viennent nous voir pour la structuration de leur entreprise, et pour la communauté qu'on arrive à rassembler. Je me suis dit : on a ces défis de structure dans l'entreprise, j'adore la structure, pourquoi ne pas lancer un médium, le podcast? On ne s'est pas trop foulé pour le nom.

La première intention, c'était une intention de connexion, de réseau, parce qu'on peut connecter avec des entreprises plus avancées. Le podcast, c'est un médium, une carte de visite juste incroyable. J'ai pu faire le test : en prospection à froid, quand tu demandes « Est-ce qu'on peut se rencontrer? », tu n'as pas de réponse. Quand tu demandes « Est-ce que je peux t'interviewer sur mon podcast? », la différence est juste incroyable. Ce premier pied dans la porte permet de nouer des relations, ou non. Au-delà du point de vue business, parce qu'on peut aussi voir ce médium comme de l'acquisition, la relation avec son audience, pour moi le plus gros avantage, c'est de pouvoir connecter avec des gens que je n'aurais jamais pu toucher autrement.

Marco : Ça, c'est le côté intéressant pour l'animateur. Qu'est-ce que tu penses que les gens qui écoutent Structure viennent chercher?

Romain : Ils viennent chercher de l'inspiration et de l'authenticité. Ce qui se passe vraiment dans les coulisses des entreprises. On va parler de recrutement d'équipe, de mise en place de processus, de comment tu gères les réunions, de tout l'aspect technologique d'une entreprise : vraiment la structure. Il y a une part d'inspiration, parce que ce sont des sujets qui ne sont pas forcément partagés de manière globale.

Et j'ai l'occasion de faire des analyses en profondeur avec mes invités, parce que je vais parfois les choisir pour une spécificité. Un épisode est sorti cette semaine avec Virgile Ringeard, fondateur d'une entreprise qui s'appelle Figures et qui fait un comparatif des salaires dans les start-up. Quand tu es entrepreneur et que tu veux recruter quelqu'un, tu as envie de connaître le salaire de référence. On a fait trois quarts d'heure juste sur ce sujet très pointu. Ça me permet d'explorer des verticales comme ça, sur des sujets précis. Et j'adore aussi avoir une vision plus large : une entreprise est en hypercroissance, quelles ont été ses bonnes pratiques, ses erreurs de structuration? Il y a toujours des pépites et des enseignements pour sa propre entreprise.

Marco : As-tu trouvé des choses hyper surprenantes que tes invités t'ont confiées, où tu t'es dit : « Jamais je n'aurais pensé que cette personne-là irait jusque-là dans l'entrevue »?

Romain : Dit comme ça, rien de précis ne me vient. Ce que je demande à chacun de mes invités, c'est de résumer en trois conseils les pépites que l'audience doit retenir. Et c'est toujours assez intéressant de voir que les pépites qui ressortent sont des choses classiques. On les a toutes vues sur papier, mais personne ne les fait. Un exemple parmi d'autres, le premier qui me vient : dans un recrutement, si tu as un doute sur les valeurs, il n'y a pas de doute. Combien de fois tu fais venir quelqu'un dans l'entreprise en sentant qu'il y a un truc qui ne va pas, et à chaque fois, le recrutement est mauvais.

Dans le podcast, il y a des vérités que tu réentends, et ça fait vraiment du bien de les entendre, surtout de la part d'entreprises plus avancées que toi. Et puis on découvre des sujets très précis. Avec le comparatif des salaires, j'ai appris énormément de choses. Par exemple, qu'il y a une inflation des salaires dans le domaine des start-up, pour toutes les entreprises qui ont fait des levées de fonds. Elles proposent des salaires très élevés, qui ne sont pas du tout représentatifs du marché. C'est juste une inflation due aux levées de fonds.

Marco : C'est intéressant, parce que ce sont des choses auxquelles on n'a généralement pas accès à moins d'être un initié. Si on revient au lancement de ton podcast : dans le processus, as-tu identifié des choses plus difficiles que ce à quoi tu t'attendais?

Romain : Je crois que le plus difficile, c'est de se lancer avant d'être prêt. Et c'est purement une question d'état d'esprit. J'ai tendance à vouloir planifier à l'avance tout ce que l'on peut faire pour un podcast. Alors qu'au final, pour lancer un podcast, tu n'as pas besoin de grand-chose. Faire l'enregistrement, le mettre sur une plateforme, et tu as déjà ton podcast. Moi, j'imaginais : « Il faut le site web connecté au podcast, il faut l'infolettre. » Des « il faut, il faut » qui m'empêchaient finalement de lancer le truc. De la procrastination.

Et ce que j'ai réalisé, d'ailleurs en discutant avec toi, c'est qu'un podcast se lance étape par étape. D'abord, on lance, on fait les premiers épisodes. Tu m'avais dit : « Fais les trois premiers. » Pas besoin d'en avoir quinze avant de lancer. Ça a vraiment été mon plus gros changement d'état d'esprit : tu lances avant d'être prêt, tu construis l'avion en plein vol. Et une fois que tu es engagé, ça suit. Ça, c'est le premier enseignement.

Le deuxième enseignement, c'est qu'un podcast, il faut vraiment le concevoir. Ça dépend s'il y a une stratégie d'affaires derrière ou non, mais pour moi, un podcast, c'est un produit comme n'importe quoi d'autre. C'est comme une offre. Il faut un titre et une promesse. Il faut cibler un cœur d'audience particulier. Nous, on cible vraiment des entrepreneurs, des CEO qui ont de vrais besoins de structuration. Et même le design, tout l'image de marque, joue autour de ça. Il ne faut pas hésiter à être très pointu dans le podcast que l'on fait, et surtout, que ce soit connecté à une passion.

Moi, j'adore avoir des conversations. J'ai la chance de faire des enregistrements comme celui d'aujourd'hui, sur des sujets qui me passionnent, avec des gens passionnants. À partir de là, c'est difficile de se louper.

Marco : Je trouve intéressant ce que tu mentionnes, surtout sur le fait de construire l'avion en plein vol. C'est une analogie que j'utilise souvent avec les académiciens. Tu parlais des secrets de l'intérieur que tes invités te livrent. Je vais te donner un secret de l'intérieur de l'Académie du Podcast. Ce que je remarque très souvent, et je généralise, c'est que les Européens sont beaucoup plus perfectionnistes que les Canadiens. On a onze pays représentés dans l'Académie du Podcast, donc j'ai l'occasion de travailler avec des Européens.

Ces Européens-là veulent avoir tout prévu, tous les détails. Il faut que tout soit parfait avant de lancer. Ils enregistrent leur épisode zéro sept fois avant d'avoir un épisode qui a du sens. Puis ils enregistrent l'épisode un, l'épisode deux, se rendent compte qu'ils avaient oublié un détail dans l'épisode zéro, et le réenregistrent encore.

Romain : Alors que le Canadien est déjà à l'épisode cent.

Marco : Épisode un, deux, c'est fait. On lance. Au pire, rendu au quinzième épisode, si on n'est pas content de l'épisode zéro, on le refera, ce n'est pas grave. C'est typiquement européen, en général, on s'entend. Je suis sûr que je peux trouver des Européens qui pensent plus à la canadienne, et des Canadiens qui pensent plus à l'européenne. Mais j'en parle souvent avec les académiciens. As-tu observé ça dans ton entreprise? Tu es aussi en contact avec des invités canadiens.

Romain : Comme on parle de structure, j'ai plutôt des gens carrés, même chez les Canadiens. Mais il y a cette volonté d'apprendre : on lance, on apprend, on fait un retour. Qu'est-ce qu'on a appris, réussi, pas réussi? Comment on change la prochaine fois? Je ne sais pas si c'est le côté européen, mais on a ici une philosophie qui vient certainement de l'éducation en France : on n'a pas droit à l'erreur. Il faut que ce soit parfait, qu'on ait vingt sur vingt. Ce qui fait que tu ne prends pas forcément de risques et que tu fais toujours les choses de manière calculée. Sauf que dans la vie adulte et la vie entrepreneuriale, ça ne marche pas comme ça. Tu apprends en avançant.

En tout cas, pour moi, le déclic pour me lancer, ça a été de me dire : on lance avant d'être prêt, et on apprend. On est au dixième épisode, je crois, et à chaque épisode, j'apprends et on raffine le processus derrière. C'est juste génial. Pour moi, lancer un podcast, c'est comme être sur la mer avec une planche de surf. Tu peux attendre les vagues, mais tant que tu n'en as pas pris une, tu n'avances pas, tu restes dans la mer. Dès que tu en prends une, tu t'adaptes, tu en prends une deuxième, tu t'adaptes, une nouvelle vague arrive et tu la surfes.

Et c'est ce que je vois aujourd'hui : on surfe vraiment la vague, parce que mes premiers invités, issus de mon réseau, m'ont donné des contacts et fait des mises en relation pour de nouveaux invités. Je rencontre de nouvelles personnes, c'est juste génial. Je ne sais pas où la vague m'emmènera, mais en tout cas, le trajet est hyper sympa.

Marco : Donc jusqu'à maintenant, ce sont les invités qui te trouvent les prochains invités. Le plus difficile, c'était d'aller chercher les trois, quatre, cinq premiers, puis la vague est partie.

Romain : Oui. Après, il faut avoir une démarche un peu proactive. Pour entrer dans la technique pure et dure, il y a un concept marketing développé par Chet Holmes, un des plus grands marketeurs de tous les temps, qui s'appelle le Dream 100. Avant même de commencer le podcast, j'avais une liste de cinquante à cent personnes que je rêverais d'avoir sur le podcast. Pour la plupart, je ne les connaissais pas. Mais au fur et à mesure des relations, tu commences à faire des ponts. On dit qu'on est à quelques relations seulement du président de son pays. C'est un peu ça.

Je pense que si on a ce modèle d'entrevue, c'est important de démarrer avec son réseau fort, parce que c'est l'histoire de la première impression. Au départ, je contactais des gens sans épisode à leur montrer pour prouver la valeur. Maintenant, j'envoie le lien vers ce qu'on a déjà fait, et tout de suite, au niveau de l'image de marque, de la qualité sonore, les gens se disent : « Ça pourrait me plaire d'être mis en avant sur ce podcast-là. »

Marco : Justement, en parlant de tes premiers invités, c'était quoi la réflexion derrière : « Je vais aller chercher cette personne-là plutôt qu'une autre »?

Romain : C'était mon réseau, et dans mon réseau, les personnes les plus représentatives des invités que je voulais avoir. Pour créer un précédent, une sorte d'ADN du podcast à travers les invités, qui allait ensuite pouvoir s'étendre. Et c'est le cas : sur Structure, on a des Canadiens et des Européens, tout simplement parce que j'ai commencé avec une partie de mon réseau canadien et une partie de mon réseau ici, en France. On alterne quasiment une fois sur deux une entrevue canadienne et une entrevue française. L'ADN a commencé par là, et ça me plaît beaucoup.

Marco : Tu parlais d'un parcours : on construit l'avion en vol, on démarre quelque chose et on peaufine au fur et à mesure. Si je comparais ça à une marche dans la jungle, une quête pour trouver un trésor, est-ce qu'il y a des pépites que tu as découvertes en cours de route? Dans la structure pure et dure de ton podcast, ce qu'on a travaillé ensemble, ou avec tes auditeurs, tes invités, des choses auxquelles tu ne t'attendais pas?

Romain : La première pépite, c'est que c'est un vrai plaisir, ce médium. Tu dois connaître les Pokémon : j'ai l'impression de collectionner les invités comme des Pokémon. Dès que j'ai un nouvel invité qui dit oui, je me dis : « C'est génial, j'augmente ma collection de super entrepreneurs qui passent sur le podcast. » C'est assez bizarre, je ne pensais pas que ça allait me faire cet effet-là.

Côté apprentissage, la première pépite, c'est que le plus dur, c'est de le lancer. Ce n'est pas que c'est plus dur, mais on s'en fait toute une montagne. Une fois que c'est lancé, c'est rodé. Il y a le produit fini, l'épisode. Mais en amont, quand on fait des podcasts avec des invités, il faut les contacter, il faut préparer les entrevues. Moi, je prépare beaucoup. Toi, Marco, je sais que c'est « hop, on y va » : tu es un naturel, tu maîtrises tellement bien que tu peux y aller comme ça.

Cette structuration du podcast, c'est le lancement qui est un peu compliqué : l'image de marque, les couleurs, l'épisode de démarrage qui explique. Après, une fois rodé, on a notre patte, on continue, on améliore, on s'amuse. Et là, je suis dans une phase où le nouveau défi, c'est que même si on est entourés pour la production, notamment avec Amélie, je passe encore peut-être trop de temps sur de petits détails. Pour moi, l'idéal, c'est de pouvoir connecter avec les invités, faire l'entrevue où j'apporte le plus de valeur, et c'est tout. On est encore dans cette recherche d'optimisation, mais chaque chose en son temps.

Marco : On est à dix épisodes. Il y a des gens qui sont à cent épisodes et qui sont encore à cette étape-là, donc il n'y a pas de souci. Mais effectivement, l'idéal, c'est ça. Tu es un homme très occupé, tu as plusieurs clients. La création de contenu est importante dans ton entreprise, mais ça ne peut pas prendre dix heures de ton temps par semaine.

Romain : Exactement.

Marco : Je veux t'amener du côté des retombées. Tu as déjà dix épisodes au moment d'enregistrer cette entrevue, et probablement beaucoup plus au moment où les gens l'écoutent. Tu me confiais avant qu'on commence que ton réseau s'est déjà agrandi de gens de qualité que tu n'aurais probablement jamais eu la chance de connaître autrement. Quel genre d'autres retombées as-tu eues jusqu'à maintenant?

Romain : D'un point de vue marketing, on peut se demander : est-ce que ça attire de nouveaux prospects ou de nouveaux clients à terme? Est-ce que ça nourrit aussi la relation? Aujourd'hui, je peux clairement dire que ça nourrit la relation, parce qu'on nous en parle beaucoup. Je ne sais pas si c'est un effet de nouveauté, mais on est identifiés, cités, et les retours sont bons de manière globale. J'avais aussi une deuxième intention avec ce podcast, notamment pour les membres de nos programmes Mastermind les plus avancés : c'est du contenu que je leur livre sur un plateau. Plutôt que de passer ce temps à créer du contenu moi-même, on va directement voir les experts pour créer ce contenu-là et inspirer nos membres.

Et je pense qu'à terme, je le suppose, mais je me fie à mon expérience d'auditeur : tous les produits d'information, de coaching, que j'ai pu acheter viennent du podcast. J'écoutais le podcast avant. Je suis du genre à prendre un podcast, écouter tous les épisodes d'un coup, puis me dire : « C'est bon, je vais travailler avec cette personne-là. » J'imagine donc qu'à terme, ce podcast nous permettra de sensibiliser des entrepreneurs à ce que l'on fait, à nos programmes Mastermind, et qu'ils auront envie de nous rejoindre. Je te dirai ça plus tard.

Marco : Dans les faits, c'est comme ça que nous, on s'est rencontrés.

Romain : Oui, complètement. Avec aussi du bon bouche-à-oreille sur ton travail. Mais ça pouvait venir du podcast, exactement.

Marco : C'est ce que tu m'as confié lors de notre première rencontre. Ton adjointe nous a contactés, puis on a planifié une rencontre toi et moi. Je pense même que c'est ton adjointe qui nous avait dit : « Romain nous a dit que quand on ferait un podcast, c'est sûr qu'on ferait affaire avec l'Académie du Podcast, parce qu'il a écouté son podcast. » Donc, ce que tu espères obtenir, c'est un peu le même concept.

Romain : Ce n'est pas l'intention première, mais c'est un effet d'entraînement, c'est certain.

Marco : Tu as probablement été accompagné dans plusieurs sphères de ta vie d'entrepreneur au fil du temps. Qu'est-ce que tu dirais qui est différent à l'Académie du Podcast par rapport à ce que tu as pu avoir ailleurs?

Romain : Je peux peut-être faire une petite dédicace à ton équipe. Ce que je n'ai pas forcément vu ailleurs, c'est ce qu'on pourrait appeler la responsabilisation, l'accountability. Les relances toujours hyper sympathiques : « As-tu besoin d'aide? Es-tu bloqué là-dessus? Est-ce qu'on peut planifier un appel? » Le côté service. Je te dis ça parce que c'est aussi ce qu'on travaille en ce moment avec nos membres : s'assurer que lorsqu'on leur donne des tâches, on ne les laisse pas dans la nature, et que quelqu'un prenne soin de savoir si ça avance ou non.

Dans le travail qu'on a fait ensemble, même si je suis du genre à faire les choses quand je m'engage, il y a toujours le petit moment où l'on se dit : « Je suis un peu en retard. » Heureusement que l'équipe de Marco est là pour donner un petit coup de pied aux fesses. Très gentiment, d'ailleurs : ce n'est jamais vraiment un coup de pied aux fesses. C'est ce qui m'a particulièrement marqué par rapport à d'autres programmes.

Marco : Parce que même si tu es quelqu'un d'hyper structuré, sans mauvais jeu de mots, et très à ton affaire, ce qui n'est pas le cas de tous les clients, des fois, il s'agit juste de s'assurer qu'il n'y a pas de perte quelque part. J'aimerais te parler de ta soirée de lancement. C'est très rare que des gens fassent des soirées de lancement comme tu l'as fait. Quand tu as eu ton épisode zéro, et que les épisodes un et deux étaient disponibles sur la plateforme, tu as décidé de faire quelque chose qui sort de l'ordinaire. Explique-nous.

Romain : Avec grand plaisir. Il y a deux facettes à ça. La première, c'est que chaque mois de décembre, on organise ce qu'on appelle le grand dîner, un événement où on réunit tous les membres actuels et anciens de nos programmes Mastermind. C'est la grande fête. Et c'est toujours un moment où on se demande : qu'est-ce qu'on peut présenter comme nouveautés? Sur quoi a-t-on travaillé? Un peu comme une keynote d'Apple, sans du tout la même prétention.

Quand je me suis engagé émotionnellement à lancer le podcast, au moment où on s'est contactés, je me suis dit : « Ça pourrait être la date limite parfaite. » Et je crois que pour lancer un podcast, comme pour n'importe quel projet, s'il n'y a pas de date limite, c'est mort. Émotionnellement, c'était hyper connecté à ça. On a d'ailleurs bien envoyé les épisodes un mois avant pour que tout soit prêt pour l'échéance. Et si je n'avais pas associé ce lancement à un événement physique, on peut aussi le faire virtuellement, je ne sais pas s'il aurait déjà été lancé. J'imagine que oui, quand même.

Marco : Je comprends que quand il y a une date limite ferme, le sentiment d'urgence embarque.

Romain : Exactement. Et c'était aussi une façon de le promouvoir, de le faire découvrir à notre audience. Je sais que des gens ont laissé des avis dans la foulée. En plus, c'était juste avant Noël, donc c'était le petit cadeau de Noël. C'était orchestré de cette manière-là. Et je pense qu'il faut l'annoncer, en parler au plus de monde possible, surtout au démarrage.

Marco : Et de le faire avec des gens qui sont déjà dans ton entourage. Ce que tu m'as confié, c'est que vous étiez environ cent cinquante personnes dans la même salle, principalement des clients, et que ça a été lancé avec eux. Ce sont des gens que tu connais, avec qui la conversation est déjà ouverte, donc c'est plus facile pour eux de te faire un retour. Est-ce que ça t'a donné encore plus de retours dès le départ?

Romain : Oui, et c'est assez gratifiant. Plutôt que de faire un podcast pour faire un podcast, tu sais tout de suite qu'il va servir. Quand des gens te disent le lendemain : « J'ai écouté le premier épisode, c'était génial », ça donne de l'énergie. Tu te dis que tu avais raison de le lancer. Et surtout, ça te donne de premiers commentaires, de premiers avis. On commence sur une note hyper positive. Je crois beaucoup à l'effet de la première impression, dans n'importe quel travail. La première, et la dernière d'ailleurs. Plus on crée un environnement qui va soutenir le podcast et l'aider à grandir rapidement, mieux c'est.

Marco : Dirais-tu que cette première impression, c'est ce dont tu es le plus fier du lancement de ton podcast?

Romain : Oui, et les invités que l'on a sur le podcast.

Marco : Les Pokémon! Ça fait une différence, les invités. Concrètement, est-ce qu'il s'est produit des choses spéciales avec les nouveaux Pokémon de ta collection?

Romain : Rien de spécial, mais encore une fois, ce sont des connexions, des relations que je n'avais pas avant. Il y a peut-être une vingtaine de personnes pour l'instant avec qui je vais faire des choses. Peut-être que j'en connais un tiers, et deux tiers que je ne connais pas. Et je pense que ça va s'accélérer. Toi, sur l'ensemble des invités que tu as eus sur ton podcast, combien en pourcentage connaissais-tu à la base?

Marco : À peu près 10 % que je connaissais vraiment avant. Ça peut être des gens que j'avais croisés une fois, ou que je connaissais de nom, mais que je connaissais vraiment à fond, peut-être 10 %, à part les clients, bien sûr. Le reste, pour moi, c'est la plus belle réussite en tant qu'animateur. Ce dont on peut bénéficier comme animateur d'un podcast, c'est justement d'agrandir ce fameux réseau-là, et de pouvoir compter des gens de très grande qualité dans notre réseau. Autrement, on n'aurait probablement jamais accès à ces gens-là.

Romain : Oui. Et j'anticipe un peu sur la suite, mais ce réseau-là est virtuel. Et nous, on adore organiser, rassembler des communautés, toujours autour d'une bonne bouffe. Je pense qu'au bout d'une vingtaine d'épisodes, on invitera tous les invités à venir dîner ensemble, pour qu'ils puissent aussi connecter entre eux. Parce que se voir ensemble, ça apporte de la valeur. Et tu te dis : « Tiens, un tel est passé sur le podcast, j'ai envie de le rencontrer. » C'est notre valeur cœur : la communauté et la structure. C'est aussi pour en bénéficier et pouvoir les faire connecter ensemble.

Marco : Belle façon de fêter un cinquantième épisode, ça.

Romain : Par exemple. Ou même avant. Un bon resto n'attend pas cinquante épisodes.

Marco : Ça, c'est sûr. Romain, juste avant de te laisser : je sais qu'il y a des gens qui se posent encore des questions. Toi, tu t'es posé la question pendant presque deux ans.

Romain : Trop longtemps. Trop longtemps.

Marco : Qu'est-ce que tu aurais à dire à ces gens qui ont encore un podcast dans un coin de leur tête et qui se demandent s'ils sont rendus là?

Romain : Deux choses. Je vais revenir sur « lancer avant d'être prêt ». Si quelqu'un se pose des questions, c'est peut-être qu'il veut que ce soit parfait. Mais ça ne marche pas comme ça, clairement. Et deuxième chose, en anglais, l'expression, c'est « who, not how » : le qui plutôt que le comment. Si vous pouvez, ne vous cassez pas la tête à essayer de trouver comment faire. Travaillez avec un qui, qui maîtrise ça. Et l'Académie, par exemple, c'est parfait pour ça.

Marco : Romain, un gros merci pour ce passage. Merci de ta confiance envers l'équipe et envers moi, pour la suite des choses avec ton podcast. Tu fais très bien les choses. Dans les notes d'épisode, comme d'habitude, il y a l'endroit pour te trouver et pour trouver ton podcast. Les gens vont pouvoir aller découvrir les pépites que tu as dénichées au fil des entrevues. Merci encore une fois, on se parle bientôt.

Romain : On se parle bientôt. Salut, Marco.

Marco : Ciao!

🎯

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À propos de l'Animateur

Marco Bernard

Marco Bernard anime L'Académie du Podcast et podcaste depuis 2014 (1 200+ épisodes au compteur).

Auteur du livre "Ton Podcast Ta Voix Influente", il a lancé l'ADP en 2018 et depuis, il a accompagné plus de 3 000 coachs, consultants et experts à utiliser le podcasting comme levier de croissance.

Sa philosophie : "Animer un podcast, c'est vendre. Et vendre, c'est servir."

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