Marco : Cette semaine, je reçois la podcasteuse derrière le podcast TheBBoost. Aline Bartoli est coach d'affaires et elle aide les entrepreneurs à booster leurs résultats. Elle anime son podcast depuis près d'un an maintenant, et on va discuter avec elle de son parcours, mais aussi de son podcast. Elle a démarré à la suite d'une formation à laquelle elle avait assisté, et qui l'avait scandalisée tellement elle avait été ratée. On va en parler aujourd'hui, ainsi que de son blogue et du podcast qui a suivi. Aline, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation.
Aline : Franchement, merci à toi. Je suis tellement ravie d'être là et toute excitée à l'idée d'échanger avec toi.
Marco : Si tu me permets, j'aimerais inviter les gens qui nous écoutent à discuter podcast avec toi et avec les autres passionnés. Le groupe Facebook de l'Académie du Podcast réunit près de 400 passionnés de podcast, et c'est là que les gens vont pour discuter des dernières tendances. Je vous invite à vous rendre au marcobernard.ca/groupe, un lien raccourci pour aller directement sur le groupe Facebook. On vous posera une question en lien avec un mot de passe : le mot de passe est tout simplement « académie ». Vous aurez accès automatiquement au groupe pour discuter podcast avec nous et avec Aline.
Marco : Aline, tu es coach d'affaires. Raconte-nous comment ça s'est passé, cette fameuse formation.
Aline : C'est une histoire assez incroyable, quand j'y pense. J'étais à l'époque indépendante, retoucheuse photo, et je vivais un mois un peu down au niveau du chiffre d'affaires et des clients. C'était en juillet 2018. Je me suis dit : pourquoi ne pas aller me former? Je consulte le programme de la Chambre des métiers dont je dépends et je vois une formation qui s'appelle « Définir une stratégie pour ses réseaux sociaux ». Je me suis dit : parfait, c'est ce qu'il me faut pour développer mon business. Je m'inscris, je m'y rends, et la formation a commencé à huit heures. À dix heures, je me suis dit : OK, c'est une catastrophe.
Aline : L'intervenant était un dinosaure qui n'y connaissait rien et qui racontait n'importe quoi. Les personnes présentes, alors que ça s'appelait « Définir une stratégie sur les réseaux sociaux », n'avaient même pas de compte Instagram et ne savaient pas ce que c'était, une page Facebook. À la pause café, j'avais deux solutions : partir, parce que je perdais clairement mon temps, ou rester et essayer de relever le niveau. Je me suis retrouvée à faire la formation avec le formateur pendant deux jours.
Marco : Tu es donc allée devant les gens pour compléter la formation avec le formateur.
Aline : Exactement. C'était une petite formation dans une salle de bureau, une dizaine de personnes, donc un petit comité. Mais je ne pouvais pas laisser les choses comme ça, et ç'a été plus fort que moi.
Marco : C'est ce qui t'a donné le coup de pied pour démarrer ton affaire par la suite?
Aline : Tout à fait. En rentrant chez moi, je me suis dit : c'est pas possible. Il y avait des coiffeurs de Paris, avec trois salons dans la ville, qui ne connaissaient pas certaines choses. Je vais créer un blogue et partager dedans absolument tout ce que je sais sur la vie d'entrepreneur, sur le business, sur le développement du chiffre d'affaires, sur les réseaux sociaux. La nuit même, j'ai créé mon blogue, et le lendemain, TheBBoost était né.
Marco : À ce moment-là, ton entreprise de consultation est née, ou c'était simplement un blogue?
Aline : Au début, c'était simplement un blogue, pendant huit mois environ. Ça a bien décollé, j'ai reçu de plus en plus de demandes d'accompagnement et de formation, et au bout d'un moment, j'ai décidé de tout laisser tomber pour faire ça à temps plein, après huit, dix mois à peu près.
Marco : Et le podcast est arrivé à quel moment dans cette chronologie?
Aline : En novembre 2018, quatre mois après la création du blogue. Tout simplement parce que je suis une très grande bavarde, et qu'un article, ce n'était pas assez pour dire tout ce que j'avais à dire.
Marco : C'est plus facile de le faire avec le micro. Ça demande beaucoup moins de temps et d'efforts. Pourquoi un podcast? Est-ce que c'était un format que tu consommais déjà?
Aline : Je le découvrais tout juste, et je l'adorais. Ce qui m'a beaucoup plu, c'est que tu peux faire des formats longs. Sur YouTube, les formats optimaux sont de cinq, six minutes, et moi, cinq, six minutes, c'est le temps qu'il me faut pour faire mon introduction. Je travaille avec des entrepreneurs qui n'ont pas le temps, et un podcast, tu peux l'écouter en conduisant, en faisant ta vaisselle, en faisant ton sport. Tu n'es pas immobilisé devant un écran.
Marco : Qu'est-ce que tu consommais comme podcasts au moment où tu as décidé de faire le saut?
Aline : Je consommais Amy Porterfield, parce que je suis très entrepreneuriat côté américain. J'aimais aussi beaucoup Brooke Castillo, qui est coach de vie. Et j'écoutais un Français qui s'appelle Antoine BM.
Marco : Un très bon podcast, malheureusement pas super régulier dans ses diffusions. Ce serait intéressant qu'il puisse le faire avec une meilleure régularité, je pense.
Aline : Il se laisse porter par son envie du moment. En ce moment, il est plus sur les courriels, alors il fait du mailing.
Marco : Un n'empêche pas l'autre, mais c'est mon humble idée. Qu'est-ce qui t'excite dans le fait d'animer un podcast, maintenant que ça va faire bientôt une année complète?
Aline : J'adore la proximité que tu as avec les gens. C'est un peu contradictoire, mais un article de blogue, je trouve ça assez froid. Et mes articles de blogue, je les optimise pour le référencement, donc je ne suis pas totalement libre. J'adore l'idée, dans le podcast, d'être libre de parler de ce que je veux, de la manière dont je le souhaite, avec mes fautes à l'oral. Il y a aussi une petite intrusion dans la vie des gens, parce que tu es littéralement dans leurs oreilles. Il y a une proximité que tu n'as pas du tout avec la lecture d'un blogue, et la liberté de sujet et d'expression.
Marco : Qu'est-ce que tu as vécu depuis le départ, avec les podcasts que tu réalises, qui a vraiment fait la différence?
Aline : C'est de voir le retour des gens quand ils me disent : j'étais complètement bloqué, tu m'as entièrement reboosté. Des fois, je fais des podcasts de motivation, ou alors on essaie de résoudre un problème, comme le syndrome de l'imposteur ou le fait de ne pas se sentir légitime dans ce qu'on fait. Quand des gens me disent : tu m'as entièrement débloqué, depuis, ça va beaucoup mieux, c'est vraiment la plus belle récompense qu'ils puissent nous faire.
Marco : Si tu compares ce qui provient de ton blogue et ce qui provient de ton podcast, comment pourrais-tu comparer les retours?
Aline : J'ai beaucoup plus de commentaires sur le podcast, de gens qui partagent en story sur Instagram le fait qu'ils écoutent le podcast. Les gens en parlent plus. Au niveau des chiffres, il y a quand même plus de trafic sur le blogue que sur le podcast, mais au niveau humain, il y a plus de commentaires sur mon travail avec le podcast.
Marco : Donc tu as plus de gens qui visitent tes pages, mais l'engagement est plus fort avec le podcast, même s'il y a moins de gens.
Aline : Voilà. Merci de l'avoir aussi bien résumé.
Marco : Au moment où tu as mis en place ton podcast, comment as-tu déterminé la fréquence, la durée et le format?
Aline : Quand je me suis dit que je voulais me lancer, j'avais deux problèmes. Le premier, c'était comment faire d'un point de vue technique et organisationnel. Très vite, j'ai vu que ce n'était pas simple : l'idée d'héberger à l'extérieur pour diffuser sur plusieurs plateformes avec un RSS, je ne l'ai pas comprise tout de suite. Il a fallu que je me renseigne beaucoup. Mon deuxième gros point d'appréhension, c'était de parler à l'oral. Comme tout le monde, j'aime déconner avec mes potes, mais d'ici à parler dans un micro, d'avoir une élocution fluide, de ne pas dire euh toutes les trente secondes, je n'étais pas du tout douée. J'avais fait quelques tests, c'était catastrophique.
Aline : Je me suis donné un mois. Pendant un mois, tous les soirs, j'enregistrais minimum dix minutes sur le sujet que je voulais, dans mon dictaphone, sans jamais diffuser. Je me réécoutais après et, petit à petit, j'ai appris à me corriger. Quand j'ai enregistré mon tout premier épisode, il était loin d'être parfait, mais beaucoup mieux que mon point de départ.
Marco : Et en termes de fréquence?
Aline : J'ai choisi une fois par semaine. Je t'avoue que je ne me suis pas vraiment posé la question. L'objectif, c'était de me faire connaître et de transmettre aux gens mon énergie, parce que je suis très positivité, bonne humeur. Je voulais qu'il y ait un petit rythme, assez régulier. Une fois par mois, ça me semblait vraiment pas assez.
Marco : J'ai regardé l'ensemble de tes épisodes, et je remarque qu'il n'y a pas beaucoup d'invités. J'ai vu Nicolas, à l'épisode 21, qui est trois fois plus long que les autres. Pourquoi ce format? Pourquoi les formats solo?
Aline : C'est une vraie question que je me suis posée : est-ce que je fais des interviews, est-ce que c'est juste moi, est-ce que je mélange les deux? Chez nous, en France, il y a tellement de podcasts sur l'entrepreneuriat et le business qui ne sont que des interviews que je n'avais pas envie de faire ce qui existe déjà et qui est très bien fait. Le deuxième truc, c'est que c'est génial d'entendre des interviews et d'en retirer des leçons, mais pour moi, ça manquait de pratique. Je suis quelqu'un de très pratique, il me faut des trucs concrets à appliquer tout de suite dans mon business. Je vais être en face des gens, les imaginer avec leur carnet et leur stylo, prêts à prendre des notes, et leur donner une stratégie pas à pas, une méthode, des astuces qu'ils puissent appliquer immédiatement.
Marco : Pourquoi l'avoir invité à l'épisode 21?
Aline : Parce qu'il m'a contactée, et que c'était un sujet que je trouvais hyper intéressant. Je n'ai rien contre les invités, mais je n'avais jamais pris la peine d'en chercher. Il est arrivé comme ça, j'ai dit : allez, go.
Marco : Ce n'était donc pas un choix arrêté de faire absolument du solo : si un invité se pointe et que ça fait du sens, tu le fais. Je comprends. J'aimerais que tu nous racontes la plus belle histoire qui t'est arrivée depuis le lancement de ton podcast. Tu n'as pas le droit d'en avoir trois.
Aline : Je pense que c'est une histoire qui va bientôt se produire. J'ai été contactée pour intervenir à mon premier événement physique, devant une salle de deux cents, trois cents personnes, pour donner ma première conférence. Ça a toujours été un de mes objectifs de développer le côté speaker, et je pense que c'est en grande partie grâce au podcast. L'événement est à la fin du mois.
Marco : Les gens t'ont découverte grâce au podcast, c'est ce qu'ils t'ont dit. Je suis d'accord avec toi : ces histoires arrivent souvent de nulle part, parce qu'on ne peut pas nécessairement les provoquer. J'ai eu la même histoire : au printemps dernier, quelqu'un d'une station de radio FM de la région de Montréal m'a contacté pour monter un concept d'émission, tous les mercredis midis. J'ai donc mon émission live à la radio FM à la suite de l'écoute d'un podcast. Ce sont de belles histoires qui arrivent du champ gauche, comme on dit chez nous au Québec. C'est les dommages collatéraux positifs du podcast.
Aline : Exactement. Mes félicitations, d'ailleurs, pour ton émission de radio.
Marco : Merci beaucoup, c'est vraiment trippant, une belle expérience à ajouter à mon CV. J'aimerais qu'on parle un peu plus de technique. Quel logiciel de montage utilises-tu?
Aline : J'ai commencé avec Audacity. Mon objectif, au début, et je m'adresse à ceux de ton audience qui ont envie de démarrer un podcast, c'était de tout faire avec du gratuit, parce que je ne savais pas si c'était une aventure qui allait me plaire. Par principe, je passe par du gratuit, et après, je paie pour optimiser du temps et les processus. J'ai commencé avec Audacity, j'ai hébergé sur SoundCloud, et maintenant je monte sur GarageBand. Tu me diras que c'est toujours gratuit...
Marco : C'est gratuit, sauf que ça vient avec un appareil qui n'est pas gratuit.
Aline : Voilà. Maintenant, je paie mon hébergement, chez Ausha.
Marco : Je connais très bien. Et le micro? Je sais que présentement, tu enregistres avec un dictaphone.
Aline : C'est aussi une histoire très drôle. Au début, j'ai acheté un gros micro parce que je voulais faire comme tout le monde : le Blue Yeti, le truc un peu violet, énorme. Je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas du tout. Quand j'enregistre un podcast, il y a des moments où je m'excite toute seule et j'ai besoin de me lever, de bouger et de faire des grands gestes. Devant mon ordinateur, avec un micro fixe et des câbles de partout, c'était compliqué et très frustrant. J'ai donc cherché un dictaphone de super bonne qualité, pour être entièrement mobile et l'emmener en voyage. Ce n'est pas lourd, ça ne prend pas de place, et depuis ce jour-là, j'enregistre avec ça. Le micro est directement dans le dictaphone.
Marco : Utilises-tu une application spécifique pour écouter tes podcasts?
Aline : Je suis très pro Apple, donc j'utilise l'application Podcasts. Chez vous, au Québec, l'application s'appelle Balado, et elle va être complètement revampée dans les prochaines semaines, parce qu'Apple a annoncé qu'il allait scinder iTunes en trois et avoir une application spécifique au podcast.
Marco : Aline, dernière question : y a-t-il des podcasts que tu peux recommander à l'audience?
Aline : Je peux recommander le podcast d'Amy Porterfield, dont je te parlais tout à l'heure et que j'écoute toujours : marketing, formation en ligne, construction d'une liste de courriels. J'aime aussi beaucoup le podcast de Brooke Castillo, du coaching en développement personnel pour apprendre à connaître son état d'esprit et améliorer sa vie. C'est assez pointu, ça te retourne un peu. Antoine BM, un peu moins : il m'a accompagnée pendant un an, mais en ce moment, je me reconnais moins dans ce qu'il fait. Le troisième podcast que j'aime beaucoup en francophone, c'est Marketing Mania, de Stan Leloup, une grosse pointure en technique marketing et en technique de vente. On apprend toujours beaucoup de choses.
Marco : Ce serait un très bon invité pour toi. Je l'ai reçu sur L'Accélérateur, et c'est un chic type à interviewer. Il y a beaucoup de valeur à apporter.
Aline : J'adorerais, mais je pense ne pas avoir encore le niveau pour m'adresser à ce genre de mastodonte.
Marco : Le pire qui va arriver, c'est qu'il va dire non.
Aline : C'est vrai, mais quitte à le démarcher, je veux qu'il dise oui. Je vais bien préparer.
Marco : On va travailler ça ensemble avec plaisir, Aline. Où est-ce qu'on te trouve?
Aline : Sur mon blogue, thebboost.fr. Vous avez absolument tous les liens dessus : mes réseaux sociaux, mon podcast, mes articles de blogue, mon adresse courriel. C'est la plaque tournante, et il y a tout ce qu'il faut.
Marco : Un gros merci encore d'avoir participé à cet épisode de L'Académie du Podcast. Cette semaine, on a deux épisodes, puisque tout le mois de septembre, on fait deux épisodes par semaine : septembre est le mois international du podcast, avec la journée officielle le 30 septembre. Jeudi, on aura un épisode sur le mastermind en podcast. D'ici là, osez porter votre message aux oreilles de tous et commencez à changer le monde un auditeur à la fois. Ciao tout le monde! Ciao Aline, à la prochaine.
Aline : À bientôt. Merci beaucoup.