Épisode 95 du podcast L'Académie du Podcast : Invité Nicolas Pène de La business de la connaissance
mai 25, 2020

Invité Nicolas Pène de La business de la connaissance | E095

Vivre de la formation en ligne depuis 2011.

Entre la France et le Chili.

Tu hésites à lancer ton podcast parce que tu crois que ça prend trop de temps pour ce que ça rapporte?

Nicolas Pène pensait exactement la même chose. Il s’est trompé, et tant mieux.

Dans cet épisode de L’Académie du Podcast, Marco Bernard reçoit Nicolas Pène, entrepreneur et animateur du podcast La business de la connaissance. Ingénieur de formation, spécialiste de l’Ennéagramme et géographiquement libre, il raconte comment un podcast lancé sans objectif est devenu un vrai levier de conversion pour son entreprise de formation en ligne.

Ce que tu vas apprendre dans cet épisode

  • Le parcours de Nicolas Pène, de l’ingénierie à la formation en ligne
  • Comment il vit de la formation en ligne, tout en étant libre géographiquement
  • La place du podcast dans son entreprise : d’abord la conversion, ensuite l’acquisition
  • Pourquoi il a réduit sa fréquence de publication pour protéger la qualité
  • Son équipement et ses outils, et son conseil à ceux qui hésitent à se lancer

Comment le podcast soutient-il une entreprise de formation en ligne?

Le podcast crée une relation de proximité avec tes auditeurs, ce qui aide surtout à convertir des prospects en clients.

Nicolas Pène vit de la formation en ligne depuis 2011 et partage son temps entre la France et le Chili. Aujourd’hui, 80 à 90 % de son activité vient de la formation en ligne, et le reste du coaching d’entrepreneurs, partout dans la francophonie.

Avec La business de la connaissance, il partage son expertise et attire sa clientèle. Au départ, sa stratégie était surtout de conversion : le podcast servait à transformer des prospects en clients. Aujourd’hui, il joue aussi un rôle d’acquisition, grâce au référencement des titres et des textes, et aux appels au partage dans les épisodes.

Pour aller plus loin, lis comment faire un podcast qui génère des clients et la vente relationnelle par le podcast.

Le podcast vaut-il vraiment le temps qu’on y investit?

Oui : Nicolas croyait que le podcast demandait beaucoup d’énergie sans être rentable, et il a découvert l’inverse.

Pendant longtemps, il s’interdisait d’y aller. Il faisait du YouTube et avait plus ou moins arrêté le blogue. En 2018, lors d’un séjour de trois semaines au Chili, il s’est lancé, simplement parce qu’il en avait envie. Le nom, La business de la connaissance, lui est venu comme ça.

« 100 écoutes sur un podcast, ça n’a absolument rien à voir avec 100 vues sur YouTube. »

Marco Bernard

Les métriques ne se comparent pas. Et il y a la valeur plaisir : quitte à choisir un média parmi tous ceux qui existent, autant en choisir un où tu t’éclates.

Combien de temps faut-il pour voir les retombées d’un podcast?

Pour Nicolas, il a fallu quelques mois : lancé en août 2018, son podcast lui a valu ses premiers vrais retours début 2019.

  • Au début, 10, 20, 30 écoutes, sans en parler à sa liste.
  • En communiquant à sa liste mail, il est passé de 30 à 85 écoutes d’un coup.
  • Une plateforme l’a mis en avant pendant deux mois : de 120 à 240 écoutes, avant de redescendre.
  • Ensuite, une croissance progressive.

Le plus marquant : des gens de son entourage qui lui parlaient de ses épisodes, des messages sur d’anciens épisodes, et même un youtubeur qu’il admirait, interviewé lors d’un sprint d’entrevues, devenu un ami. Ce type de relation de proximité, il ne l’avait ni sur YouTube ni avec son blogue.

À quelle fréquence publier ses épisodes de podcast?

À la fréquence que tu peux tenir sans sacrifier la qualité ni la promotion : pour Nicolas, une fois par semaine est un grand maximum.

Il a commencé à deux épisodes par semaine, une interview et un épisode de contenu. Ses épisodes de contenu ont commencé à perdre en qualité, alors il est passé à un par semaine, en alternance. Aujourd’hui, il publie de façon plus sporadique, volontairement : il a tendance à surestimer sa capacité de production.

Plus tu produis, moins tu as de temps et d’énergie pour faire la promo. La constance compte, mais pas au prix de la qualité. Pour ses entrevues, il choisit d’abord l’angle qui sera utile à ses auditeurs, puis il les enchaîne selon les calendriers, parfois trois ou quatre en deux jours.

De quel équipement as-tu besoin pour commencer un podcast?

De très peu : Nicolas a commencé avec les écouteurs de son iPhone et l’application Anchor.

  • Hébergement : Anchor, et SoundCloud.
  • Micro : un Shure MV88 sur mobile, un Blue Yeti sur Mac pour les interviews.
  • Montage : Final Cut, plutôt que GarageBand, qu’il trouve trop compliqué.
  • Écoute : l’application Podcasts d’Apple.

Il recommande d’ailleurs Immobilier Company, de Nicolas Popovic, qui parle d’immobilier, mais aussi de finance et d’entrepreneuriat.

Qu’est-ce que l’Ennéagramme?

L’Ennéagramme est un outil de profilage de personnalité basé sur neuf profils, qui aide à mieux se connaître, mieux comprendre les autres et mieux communiquer.

Nicolas parle de neuf familles de personnalité. Chacune est liée à des mécanismes inconscients, à une façon de voir le monde et à une peur profonde distincte. C’est le sujet de sa première activité de formation en ligne, aux côtés de son coaching d’entrepreneurs sur comment vivre de la formation en ligne.

Questions fréquentes

Qui est Nicolas Pène?

Nicolas Pène est un ingénieur devenu entrepreneur, qui vit de la formation en ligne depuis 2011. Spécialiste de l’Ennéagramme et coach d’entrepreneurs, il anime le podcast La business de la connaissance.

Un podcast peut-il convertir des prospects en clients?

Oui. Pour Nicolas, le podcast a d’abord servi à convertir des prospects en clients, grâce à la relation de proximité qu’il crée avec les auditeurs.

Comment faire grandir l’audience de son podcast?

Nicolas a vu sa plus forte hausse en parlant de son podcast à sa liste mail. Il soigne aussi les titres et les textes pour le référencement, et invite ses auditeurs à partager.

Comment savoir si le podcast est fait pour moi?

En essayant. Prends ton téléphone, active l’enregistreur et fais comme si c’était ton premier épisode. Le podcast est moins intimidant que la vidéo.

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Et si tu es prêt à lancer ton podcast et à trouver ton rythme de publication, le Campus de l’Académie du Podcast te donne la structure pour démarrer du bon pied. Résiliable à tout moment.

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📄Transcription complète▼

Marco : Aujourd'hui, je reçois le podcasteur derrière le podcast La business de la connaissance. Il se dit lui-même entrepreneur philosophe, chercheur de vérité et quelqu'un de libre financièrement. Nicolas Pène, c'est aussi un coach PNL, entre autres, mais il va nous raconter tout ça beaucoup plus en détail. Il anime son podcast depuis près de deux ans maintenant, et on va discuter de son parcours personnel, mais aussi de son parcours de podcasteur. Bienvenue à l'épisode 95 de L'Académie du Podcast.

Narrateur : Vous désirez amener votre entreprise à un autre niveau, vous démarquer et créer du contenu différent et original? L'Académie du Podcast est l'outil qu'il vous faut. Marco Bernard est l'expert qui a formé le plus grand nombre d'entrepreneurs francophones à démarrer leur propre podcast sur la planète. Il vous enseigne les détails du podcasting en profondeur et partage avec vous les secrets des podcasteurs qui ont du succès. Bienvenue sur L'Académie du Podcast. Voici votre hôte, Marco Bernard.

Marco : Notre invité d'aujourd'hui est non seulement libre financièrement, mais aussi géographiquement. Il partage son temps entre le Chili et la France. C'est un auteur et un spécialiste reconnu de l'Ennéagramme. Il va nous expliquer brièvement ce que c'est, mais je vais vous inviter, à la toute fin de l'épisode, à vous rendre sur le site de Nicolas Pène pour en découvrir un peu plus. Il vit confortablement de la formation en ligne depuis 2011, et il accompagne personnellement des entrepreneurs qui génèrent des millions de dollars chaque année. Il anime le podcast La business de la connaissance, classé dans le top 20 d'iTunes.

Je suis très heureux de vous le présenter aujourd'hui et de pouvoir discuter avec lui. C'était un super bon moment. Je ne le connaissais pas beaucoup, c'est un podcast que j'avais croisé dans mes recherches sur iTunes, et j'étais très heureux de le recevoir et de partager ce moment-là avec lui.

Le présentateur de l'épisode, c'est une ressource qui s'en vient très bientôt, pour les gens qui veulent lancer leur podcast, le promouvoir, faire grandir leur audience ou encore le monétiser. C'est une communauté de podcasteurs francophones qui ont tous un seul et même but : avoir du succès avec leur podcast. Si ça correspond à ta description, le mastermind Momentum de l'Académie du Podcast sera lancé début juin, et tu peux déjà t'inscrire sur la liste d'attente pour être avisé dès que ce sera en ligne.

On est en train de monter tout ça avec des membres fondateurs au moment où on se parle. Je suis très excité de vous présenter ça. On est une dizaine de personnes qui travaillent là-dessus présentement pour s'assurer que le contenu va correspondre exactement à ce que les gens s'attendent d'avoir dans un mastermind de podcast, une première dans la francophonie. La liste d'attente est disponible sur academiepodcast.com/momentum, tout simplement. Au plaisir de vous croiser là-bas. Alors je vous laisse à l'entrevue avec Nicolas Pène, et on se reparle tout de suite après.

Nicolas Pène, c'est un entrepreneur libre, un chercheur de vérité, mais c'est aussi et surtout, pour l'épisode qui nous occupe aujourd'hui, l'animateur du podcast La business de la connaissance. On parle avec lui de son parcours professionnel, mais aussi de son parcours de podcasteur. Merci beaucoup, Nicolas, d'être passé sur l'émission, c'est super apprécié.

Nicolas : Merci à toi pour l'invitation, c'est top.

Marco : Nicolas, d'abord, j'aimerais qu'on fasse le tour de ton parcours professionnel et personnel. D'où il arrive, le petit Nico?

Nicolas : Il arrive de loin, d'un autre monde. Comme pas mal d'entrepreneurs du Web, je trouve, je viens du milieu scientifique. J'étais ingénieur à la base, passionné par tout ce qui est psychologie et développement personnel. Au bout d'un moment, en 2010, j'ai vu des personnes qui pouvaient vivre du Web et de leur savoir, de leurs connaissances. Je me suis dit : pourquoi pas me lancer? C'était tout neuf à l'époque. En 2011, j'ai lancé mon activité sur le Web. Au tout début, c'était 100 % développement personnel au sens large. Puis ça s'est affiné avec le temps.

Marco : OK. Et aujourd'hui, tu fais quoi pour gagner ta vie?

Nicolas : J'ai deux activités vraiment conjointes et complémentaires. La première est autour de la psychologie et de la spiritualité, au travers d'un outil génialissime que j'ai rencontré dans ma vie, qui s'appelle l'Ennéagramme : un outil de profilage de personnalité. Je fais de la formation, tout particulièrement de la formation en ligne, sur ce sujet. Et à côté de ça, j'ai une autre activité, liée au podcast La business de la connaissance, où je fais du coaching d'entrepreneurs et de la formation en ligne sur comment vivre de la formation en ligne.

Marco : Donc c'est une formation en ligne sur comment bâtir ses propres formations, comment les mettre en ligne, comment gérer tout ça.

Nicolas : Voilà, sur vraiment l'intégralité de cette industrie-là. J'ai vu qu'il y avait pas mal d'apports sur la partie marketing, la partie stratégique, mais qu'il y avait un manque sur la partie : comment créer concrètement une formation. Dans mon enseignement, je veux vraiment couvrir chaque point de l'activité : la commercialisation, la stratégie marketing et la création de contenu.

Marco : Très intéressant. Je veux que tu me parles brièvement de l'Ennéagramme. Je ne connaissais pas ça. Je l'ai découvert en faisant les recherches pour l'entrevue, directement sur ton site. Il y a une belle vidéo qui l'explique, mais je veux que tu nous en parles parce que je trouve ça vraiment intéressant.

Nicolas : L'Ennéagramme, c'est génial. C'est un outil de profilage de personnalité. Il en existe plusieurs. En quoi celui-là est génial et aidant? C'est un outil qui va beaucoup aider à mieux se connaître, mieux se comprendre et, comme tout outil de profilage, à mieux communiquer. Ça se fait au travers de neuf profils de personnalité, que j'aime bien appeler des familles de personnalité. Plusieurs personnes peuvent avoir une façon d'être différente au sein d'une même famille de personnalité.

Un peu comme sur notre carte d'identité, où il est marqué homme ou femme. Ce n'est pas parce que quelqu'un est un homme que tous les hommes vont être pareils, idem pour les femmes. L'Ennéagramme, c'est une autre partie de notre identité, qui se crée très tôt dans l'enfance, à l'âge de cinq, six, sept ans grand max. C'est très lié à des mécanismes inconscients, à notre façon de voir le monde, de voir la vie, et à des peurs profondes : chaque profil a une peur profonde bien distincte.

Ça permet de mieux comprendre pourquoi, dans certaines situations, tu vas croiser des gens et te dire : « Je ne comprends pas pourquoi untel fonctionne comme il fonctionne, ou pense comme il pense. » En fait, c'est tout à fait normal, parce qu'on n'a pas la même façon de voir le monde. L'Ennéagramme permet de comprendre ça. Et c'est un super outil pour travailler sur soi, vraiment en profondeur, évoluer et grandir.

Marco : Très intéressant. Sur ton site, tu écris que tu es un entrepreneur indépendant de fortune et géographiquement libre.

Nicolas : Tout à fait.

Marco : Raconte-nous. Juste avant de sauter dans l'entrevue, dès que j'ai entendu ta voix, j'ai dit : « J'entends le sud de la France dans ta voix. » Et tu m'as dit : « Oui, mais là, présentement, je suis au Chili. » Inévitablement, on pense à la liberté géographique. Je veux t'entendre là-dessus.

Nicolas : Bien sûr. Pour revenir à mon parcours, j'ai un parcours un peu atypique dans le domaine de la formation, parce que j'ai commencé à vivre de mon activité par la formation en ligne. Quelques années plus tard, j'ai donné de la formation en présentiel en plus de la formation en ligne, pour revenir in fine à la formation en ligne. J'ai donc pu voir les deux aspects de ce métier-là. Aujourd'hui, 80 à 90 % de mon activité vient de la formation en ligne, et le reste du coaching d'entrepreneurs.

Tout ça, je le fais en ligne, à distance. Forcément, puisque les personnes qui me sollicitent pour du coaching se trouvent un petit peu partout dans la francophonie, vers laquelle je travaille essentiellement. Et pour la formation en ligne, ce qui est génial, c'est qu'on a des clients un petit peu partout, selon le secteur d'activité. C'est ça qui permet d'avoir cette véritable liberté géographique.

Et ça, j'ai pu l'expérimenter véritablement. La première fois, ce n'était pas au Chili. En 2016, à un moment où j'avais un petit ras-le-bol, je me suis dit : « Tiens, je vais partir, je vais prendre un aller simple pour l'Italie. » J'ai pris un aller pour Rome, et pendant trois semaines, j'ai fait six villes. Souvent, je décidais de la ville suivante depuis la ville où j'étais.

Par exemple, je suis allé à Bologne sur un coup de dés. J'étais à Florence, je me baladais dans la rue, je vois une vieille affiche d'un journal où il était marqué : « Cet événement s'est passé à Bologne. » Je me suis dit : « Tiens, c'est pas loin. Je vais y aller. » Pendant ces trois semaines, j'ai expérimenté une véritable vie de liberté, pour voir si je pouvais vivre de mon activité et travailler un petit peu partout. Et je me suis dit : « Ouais, c'est possible. » Je me suis rendu compte vite que du moment que tu as une connexion Internet correcte, bien sûr avec quelques contraintes, tu peux faire cette activité d'un petit peu partout. Ça, c'est vraiment génial.

Marco : En 2018, tu as décidé d'intégrer un podcast à ton activité. Pourquoi un podcast? Pourquoi pas un blogue, qui est beaucoup plus simple pour quelqu'un qui est nomade, qui voyage?

Nicolas : Je suis très content que tu me poses cette question, parce que, pour une des rares fois, la réponse n'est pas stratégique du tout. Pendant très longtemps, j'avais la croyance que le podcast, c'était quelque chose qui demandait du temps et de l'énergie, mais qui n'avait pas forcément une rentabilité derrière. J'avais un appel vers le podcast, parce que j'adore communiquer, mais je m'interdisais d'y aller. Je faisais de la vidéo YouTube. Le blogging, j'avais plus ou moins arrêté.

Et en fait, ça m'appelait tellement qu'en 2018, je me suis dit : j'ai envie. Je me rappelle, c'était au Chili, justement, pour trois semaines. Je n'y vivais pas encore. Je me suis dit : « Tiens, j'ai un peu de temps, je vais faire un podcast. » Forcément, il faut un nom. Ça m'est venu comme ça : je vais l'appeler La business de la connaissance. J'ai commencé à raconter des choses sur lesquelles j'avais envie de m'épancher : la formation en ligne, l'activité d'entrepreneur, ce genre de choses.

Sans surprise, je me suis régalé. J'ai adoré ça et j'ai continué. Au bout de trois semaines, je me suis dit : « Bon, OK, il faut trouver un sens à tout ça. Comment ça peut s'intégrer dans ton business model? » Avec La business de la connaissance, j'ai pu exploiter cette partie-là de mon activité et la mettre plus en avant. J'ai décidé d'amener tout le contenu gratuit lié à cette activité sur le podcast. À l'époque, c'était YouTube et podcast, maintenant, c'est seulement le podcast.

C'est comme ça que je me suis développé progressivement. Et je me suis rendu compte que cette croyance, que le podcast c'était compliqué, que ça ne convertissait pas bien, c'était totalement faux. Il y avait un vrai business, un vrai potentiel derrière. Les métriques aussi étaient très différentes de celles de YouTube. Par exemple, 100 écoutes sur un podcast, ça n'a absolument rien à voir avec 100 vues sur YouTube. Loin de là.

Marco : Exact.

Nicolas : Là, j'ai commencé à voir le potentiel. Et en plus, il y a toujours la valeur plaisir, qui est importante pour moi. Dans nos activités, il y a tellement de choses, tellement de médias, que quitte à en choisir un, autant en choisir un où tu t'éclates.

Marco : Tout à fait. Comment es-tu arrivé à mettre en place la structure? Moi, j'ai démarré L'Accélérateur en 2017, et mon premier podcast en 2014. Il n'y avait pas beaucoup d'informations sur comment structurer un podcast. Tu disais que tu avais la croyance que c'était compliqué. C'était probablement fondé, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de ressources à ce moment-là. Comment as-tu fait pour mettre tout ça en place?

Nicolas : En farfouillant, je suis tombé sur une application, Anchor, que j'utilise encore aujourd'hui, qui permettait de diffuser le podcast sur quasiment toutes les plateformes. Je suis parti avec ça au départ, j'ai vu que c'était simple, alors j'ai continué. Après, je me suis dit : « Bon, on va aller chercher un micro. » J'ai cherché une qualité de micro un petit peu sympa, j'ai testé quelques trucs. Au début, c'était simplement avec les écouteurs de l'iPhone, sans véritable structure. J'ai avancé petit à petit pour arriver à quelque chose de beaucoup plus mature, beaucoup plus structuré.

Marco : Je trouve intéressante l'approche que tu avais au départ. Tu te lances sans nécessairement avoir d'objectif, parce que tu avais une fausse croyance qui disait qu'il n'y aurait probablement pas de résultats. Avec le recul, ça a pris combien de temps pour commencer à avoir des retombées de ton podcast?

Nicolas : Au début, j'ai expérimenté juste en en parlant ici et là. Je n'ai pas trop communiqué à ma liste mail, qui était déjà présente. J'étais curieux de voir ce que ça donnait. C'était sympa : dix écoutes, vingt, trente. Après, j'ai commencé à en parler à ma liste, et là, les écoutes ont augmenté de façon plus conséquente. Mais là où j'ai vraiment pu quantifier le retour du podcast, c'est au bout de plusieurs mois. Je l'ai lancé en août 2018, et c'est vraiment début 2019 que j'ai commencé à avoir des retours de personnes de mon entourage.

Ils me disaient : « J'ai écouté ton épisode, c'était super intéressant. » « T'as interviewé untel, ça m'a plu. » « Au fait, j'écoute tes podcasts. » Là, je me suis dit : « Wow, il y a vraiment un truc qui se passe. » Encore aujourd'hui, il n'y a pas longtemps, une personne m'a envoyé un message sur un épisode assez ancien. Quand je compare avec YouTube ou avec l'époque où je faisais du blogging, je n'avais pas ce type de retours-là.

Marco : Tu n'avais pas autant d'interaction avec ton audience.

Nicolas : Elle y était, mais différemment. Il n'y avait pas ce truc-là de personnes vraiment proches. C'est une relation de proximité. C'est vraiment ça, le mot clé.

Marco : OK. La plus belle histoire qui t'est arrivée depuis le lancement de ton podcast, c'est quoi?

Nicolas : Bonne question. Déjà, ces retours-là m'ont fait chaud au cœur, au-delà de l'aspect financier. Et une histoire qui est chouette : l'an dernier, dans la première partie de l'année, j'étais dans une espèce de sprint d'interviews. Il y avait un youtubeur que j'apprécie énormément, qui n'était pas super connu à l'époque, mais j'adorais ce qu'il faisait. Je lui ai demandé un épisode de podcast. Grâce à ce podcast, on a appris à se connaître et on est devenus potes.

C'est assez rigolo, parce que j'avais la posture du fan : il y a quelqu'un que j'adore, je suis abonné à sa chaîne, chaque fois qu'il crée un contenu, je regarde. Et aujourd'hui, c'est quelqu'un avec qui j'ai des discussions et des échanges hyper stimulants intellectuellement.

Marco : C'est sûr qu'on crée des relations, autant avec les gens qui nous écoutent qu'avec les gens qu'on interviewe. C'est un des avantages vraiment intéressants d'animer un podcast. Quand tu parles de ton sprint d'interviews, comment ça se passe chez toi? Est-ce que tu organises tout sur une même journée? Est-ce que tu « batches », comme on dit en bon français, les épisodes un à la suite de l'autre? Comment fonctionne la production de ton podcast?

Nicolas : Aujourd'hui, les interviews se font vraiment selon l'occasion, l'intérêt. J'ai une approche beaucoup moins cadrée. Je fonctionne plus à l'inspiration, au choix stratégique. Et quand je dis stratégique, ce n'est pas forcément d'un point de vue business, c'est surtout d'un point de vue contenu : privilégier à fond la qualité du contenu. En 2019, j'avais une stratégie différente : mettre un maximum d'interviews pour me faire connaître au maximum. J'étais plus dans la productivité. J'ai fait appel à tout mon réseau, à toutes les personnes que j'appréciais.

Chaque fois, j'avais en tête : sur quel axe je pourrais interviewer untel pour que ce soit intéressant pour mes auditeurs? Pour certains, c'était leur approche YouTube, pour d'autres, leur façon de créer du contenu, pour d'autres, une formation ou un domaine de compétence en particulier. J'avais fait une liste, je les avais contactés de façon très régulière, et j'enchaînais les interviews selon les calendriers de chacun. Il m'est arrivé de faire deux, trois, quatre interviews en l'espace de deux jours.

Marco : OK. Quand tu t'es posé la question de la fréquence de publication de tes épisodes, qu'est-ce qui a déterminé la fréquence que tu as choisie?

Nicolas : Au début, c'était ma capacité à tenir le rythme. Sauf que je me suis rendu compte, et il m'a fallu des années, que j'ai tendance à surestimer ma capacité de production. Je fais encore l'erreur aujourd'hui. Sur trois, quatre mois, j'arrive à tenir, mais je sais que ce n'est pas bon à long terme. C'est pour ça que mon rythme de diffusion est un petit peu plus lent aujourd'hui, volontairement. Je travaille contre mon ennemi interne.

Au départ, j'avais un rythme de deux épisodes par semaine : un épisode interview et un épisode contenu. Puis je me suis rendu compte que mes épisodes contenu commençaient à perdre en qualité. Je ne voulais surtout pas arriver à ça. J'ai réduit à un épisode par semaine, en alternant une interview, un contenu. Aujourd'hui, c'est plus sporadique. Je vais peut-être repartir sur un rythme un peu plus régulier, mais ce ne sera pas une fois par semaine en tout cas.

Marco : OK. Quand vient le temps de faire la promo de tes épisodes, comment tu fais ça?

Nicolas : J'ajouterais un point à ce que je viens de dire : plus je produisais de façon soutenue, et je l'avais vécu aussi sur YouTube, moins tu as le temps et l'énergie pour faire la promo. Donc en termes de fréquence, pour moi, une fois par semaine, c'est vraiment le grand maximum. Pour la promo, dès que l'épisode sortait, je le partageais sur tous mes réseaux sociaux. De temps en temps, dès qu'un sujet que je traitais sur ma liste mail était en lien avec le podcast en général ou avec un épisode précis, j'amenais le lien. Je faisais ça de façon assez intelligente, sans forcément faire une promo directe. Et c'est arrivé petit à petit.

Marco : Donc tu promeus ton podcast auprès des gens qui te connaissent déjà : ta liste de courriels, ton réseau sur les différentes plateformes de médias sociaux. Mais est-ce que tu utilises ton podcast pour aller chercher de nouvelles personnes?

Nicolas : Au départ, non. J'avais une stratégie plus de conversion. Le podcast permettait d'acquérir dans une moindre mesure, mais surtout de convertir des prospects en clients. Aujourd'hui, comme La business de la connaissance repose davantage sur le podcast, l'acquisition prend plus de place. J'essaie de la faire de façon indirecte : j'ai référencé mon podcast ici et là, je choisis bien les titres et les textes pour le référencement. Mais ça s'arrête à peu près là. Et j'amène aussi la viralité à l'intérieur du podcast, avec les fameux classiques : partagez le podcast avec ceux que vous connaissez, abonnez-vous, patati patata.

Marco : Excellent. Et statistiquement, on en est où présentement? Mais surtout, d'où on part et comment ça s'est bâti à travers le temps?

Nicolas : Je n'ai pas mes stats autour de moi.

Marco : Tu disais tantôt qu'on commençait avec dix, vingt, trente écoutes. Est-ce qu'il y a eu un tipping point qui a fait que ça a vraiment monté?

Nicolas : J'ai eu un truc très étonnant à un moment donné : une énorme progression. J'ai fait fois deux. J'étais à 100, 120 écoutes, et je suis passé à 240 écoutes d'un coup. Ça a duré pendant deux mois. Je me disais : « C'est cool, j'ai plein d'écoutes. » Puis c'est retombé d'un coup. Pas au point de départ, mais c'est retombé vachement. Je crois qu'une plateforme de podcast parmi tant d'autres a dû me mettre en avant. Je n'ai jamais réussi à savoir laquelle ni comment.

Sinon, il y a eu une vraie grosse progression au moment où j'ai communiqué à ma liste mail. Ça, c'est clair. Je suis passé de 30 écoutes à 85 écoutes d'un coup. Et après, ça s'est fait progressivement, au fur et à mesure du temps.

Marco : Excellent. Petit point technique : quel logiciel utilises-tu pour faire tes montages?

Nicolas : Je fais le montage du podcast sur Final Cut, parce que c'est ce que je connais le mieux. J'ai essayé GarageBand, mais c'est trop compliqué pour moi.

Marco : C'est vrai que ce n'est pas très intuitif, GarageBand, à moins d'être vraiment habitué à l'univers d'Apple. Je suis d'accord avec toi. Quelle application utilises-tu pour écouter tes podcasts?

Nicolas : L'application Podcasts d'Apple. Je l'adore.

Marco : Es-tu un fervent auditeur de podcasts? En écoutes-tu beaucoup?

Nicolas : J'en écoute régulièrement, par périodes. Là, c'est un peu plus ténu, mais il y a des périodes où j'en écoute tous les jours. C'est ça qui m'a amené au podcast à la base : je suis consommateur. Et en étant consommateur, je me suis dit qu'il y avait un truc. J'avais envie d'être de l'autre côté, comme je l'ai fait avec YouTube.

Marco : De l'autre côté du micro. De l'autre côté du miroir.

Nicolas : C'est ça.

Marco : Quelle plateforme d'hébergement utilises-tu? Encore Anchor?

Nicolas : Oui, Anchor, et SoundCloud pour la partie SoundCloud.

Marco : Parfait. Et le micro que tu utilises, c'est quoi?

Nicolas : C'est le Shure MV88, je crois, sur mobile. Sinon, quand je fais les interviews, c'est depuis le Mac, avec un Blue Yeti. Mais malheureusement, je ne l'ai pas avec moi, il est resté en France, et avec le confinement, ça n'aide pas trop. Je prévois de prendre un Shure. J'ai vu les Shure mini USB, qui avaient l'air pas mal. Ce sera le prochain.

Marco : Excellent. Finalement, y a-t-il des podcasts que tu nous recommandes, que tu aimerais que les auditeurs découvrent?

Nicolas : Oui. Un podcast d'un très bon ami à moi. Je le dis à double titre, parce que c'est un super ami et parce que c'est un des rares podcasts que j'écoute. Il s'appelle Immobilier Company, de Nicolas Popovic. Il fait des émissions de très grande qualité, avec beaucoup d'analyse et de réflexion. Et ça ne parle pas que d'immobilier : ça parle de finance, d'argent, d'entrepreneuriat. Je me régale à l'écouter.

Marco : Parfait. Nicolas, un gros merci d'être passé sur l'émission. C'est toujours agréable de discuter avec des podcasteurs, parce qu'on découvre comment l'un et l'autre font les choses. Je trouve ça vraiment trippant. Le fait que tu aies démarré tout ça sans vraiment avoir d'idée préconçue, je trouve ça le fun. Il y a beaucoup de gens qui viennent dans l'Académie du Podcast, qui démarrent leur podcast avec des idées préconçues, et ça jette tout par terre, parce que ça les amène complètement ailleurs. Dans ton cas, il n'y avait pas d'attente de résultat, et ça t'a amené ailleurs aussi.

Nicolas : Oui.

Marco : Les gens se demandent parfois en démarrant : est-ce que c'est fait pour moi? Est-ce que le podcast, c'est vraiment un média intéressant? En terminant, j'aimerais te poser cette question-là. S'il y a quelqu'un qui est sur la clôture présentement et qui se demande s'il devrait lancer son podcast ou non, qu'est-ce que tu lui dirais?

Nicolas : Je dirais que s'il se pose la question, il faut essayer, tout simplement. La meilleure façon de savoir si c'est pour soi ou pas, c'est d'essayer. Aujourd'hui, avec toutes les technologies et tous les outils qu'on a, c'est simple de faire un test. Même un truc tout simple : vous prenez votre téléphone, vous mettez le mode enregistreur et vous faites comme si vous faisiez un premier podcast, pour voir comment ça se passe. Si ça se passe bien, continuez, et voyez comment le diffuser.

Et ce que j'adore avec le podcast, c'est ce côté intimiste qui n'est pas présent dans la vidéo. La vidéo est beaucoup plus intimidante. Ça demande une préparation, il y a tout le cadre, il y a le retour de l'image de soi. Avec le podcast, on enlève tout ça. Je trouve que ça rend la barrière à l'entrée beaucoup plus basse.

Marco : Une fois qu'on a passé le fait qu'on n'aime pas notre voix au départ. Très peu de gens aiment leur voix à la base, parce qu'on n'est pas habitués à s'entendre comme on s'entend au micro. Une fois cette étape passée, il y a beaucoup moins d'étapes à faire pour s'apprécier derrière un micro que devant une caméra, c'est clair.

Nicolas : Et il faut se dire, pour ceux qui nous écoutent et qui n'aiment pas leur voix, qu'au bout d'un moment, comme tu dis, vous allez vous y habituer, voire même l'aimer. Et en vous réécoutant, vous dire : « Finalement, il dit des trucs intelligents, ce gars-là », ou cette nana.

Marco : Tout à fait. Un peu d'estime de soi qui vient se gonfler par la suite. Nicolas, un gros merci encore une fois, et on se reparle bientôt.

Nicolas : Ça marche, merci à toi.

Marco : Ciao. Un gros merci encore une fois à Nicolas. J'ai trouvé cette entrevue vraiment très intéressante, très enrichissante sur le plan de l'authenticité de ce podcasteur. Je vous invite à aller découvrir son podcast, La business de la connaissance. C'est vraiment bien fait. Je l'ai découvert, comme je le disais en entrée d'épisode, en faisant des recherches pour trouver des podcasts sur l'entrepreneuriat et sur le podcasting.

Même si, ici au Québec, on n'a pas tendance à écouter naturellement des podcasts français, si vous êtes un Québécois ou une Québécoise et que vous vous demandez si vous allez aimer ça, je vous invite à aller jeter un coup d'œil. C'est très bien fait, et on sent toute l'expérience, tout le bagage que Nicolas a dans sa façon d'animer un épisode de podcast.

Je vous rappelle que le présentateur de l'épisode, c'est le mastermind Momentum de l'Académie du Podcast. Si vous voulez vous inscrire sur la liste d'attente pour être mis au courant lorsque ce sera officiellement ouvert, n'hésitez pas à vous rendre sur academiepodcast.com/momentum. Ce sera en ligne officiellement dans les prochaines semaines.

La semaine prochaine, on va parler de ce qu'il faut pour lancer officiellement un podcast. Si tu fais partie des gens qui n'ont pas encore lancé leur podcast et qui hésitent encore, qui ne sont pas trop sûrs que c'est quelque chose pour eux, tu ne veux définitivement pas manquer cet épisode-là. Il va même y avoir un document à télécharger à la toute fin de l'épisode, pour que tu aies tous les outils et tout le chemin de A à Z pour te lancer dans ce merveilleux monde qu'est le podcasting. Voilà qui termine cet épisode 95. On se donne rendez-vous lundi prochain. D'ici là, ose porter ton message aux oreilles de tous et commence à changer le monde, un auditeur à la fois. Ciao tout le monde, on se reparle lundi prochain.

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À propos de l'Animateur

Marco Bernard

Marco Bernard anime L'Académie du Podcast et podcaste depuis 2014 (1 200+ épisodes au compteur).

Auteur du livre "Ton Podcast Ta Voix Influente", il a lancé l'ADP en 2018 et depuis, il a accompagné plus de 3 000 coachs, consultants et experts à utiliser le podcasting comme levier de croissance.

Sa philosophie : "Animer un podcast, c'est vendre. Et vendre, c'est servir."

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