Marco Bernard · Académie du Podcast · comment décrocher du travail grâce au mouvement et à l’eau
juillet 1, 2024

Vanessa Droz | E333

Tu as un sujet qui te tient à cœur. Un sujet dont presque personne ne parle.

Et tu te demandes si c’est légitime d’en faire un podcast. Si les gens vont comprendre. Si tu vas trouver ton public.

Pendant ce temps-là, tu peaufines ton nom, ta vignette, tes couleurs. Et ton podcast n’existe toujours pas.

Dans cet épisode de L’Académie du Podcast, Marco Bernard reçoit Vanessa Droz, podcasteuse suisse et créatrice de « Plaisir et handicap, le podcast sans tabou ». Arrivée à l’Académie au début de 2022, elle a lancé son podcast quelques semaines plus tard et comptait 59 épisodes au moment de l’enregistrement. Elle raconte comment elle a osé un sujet que personne n’aborde, pourquoi elle a changé de nom en cours de route, comment elle a mis son perfectionnisme de côté et ce que son podcast lui a apporté.

Ce que tu vas apprendre dans cet épisode

  • Comment Vanessa Droz a transformé un sujet tabou en podcast qui trouve son public
  • Pourquoi lancer vite, puis ajuster en cours de route, vaut mieux que tout planifier
  • Ce qui l’a poussée à changer le nom de son podcast, et ce que ça t’apprend sur le tien
  • Les portes inattendues qu’un podcast peut ouvrir : témoignages, conférences, projets
  • Comment elle a mis son perfectionnisme de côté pour garder le cap

Peut-on vraiment faire un podcast sur un sujet tabou?

Oui : un sujet que personne n’ose aborder est justement ce qui rend un podcast unique et attire les gens qui le cherchent.

Le podcast de Vanessa parle de deux choses. D’abord, vivre avec ce qu’on peut considérer comme un handicap, peu importe lequel. Ensuite, le plaisir au sens large : ce côté hédoniste qui permet, malgré une condition jugée différente ou compliquée, d’en faire quelque chose de bon, d’agréable. Voir le verre à moitié plein.

Au départ, le podcast s’appelait Sexe et handicap. Un choix assumé. Vanessa a un côté un peu provocateur et elle voulait ruer dans les brancards. Que le nom interpelle. Que les gens se disent : une personne en situation de handicap peut avoir une sexualité, elle peut avoir accès au plaisir.

C’est exactement ce que Marco souligne en présentant l’épisode : juste par le nom, tu sais que ce n’est pas un podcast qu’on voit tous les jours. Un contenu radicalement différent de ce qui se crée normalement. Si tu veux creuser cette idée de te démarquer par ton angle, lis notre guide sur comment trouver ta fréquence unique en podcast.

Pourquoi choisir le podcast plutôt qu’une chaîne YouTube pour te lancer?

Parce que le podcast demande beaucoup moins de technique pour commencer : pas d’éclairage, pas de caméra, pas de montage visuel.

Vanessa avait déjà l’élan. L’envie de s’exprimer sur le plaisir et la sexualité, avec ou sans handicap. Sa première idée : une chaîne YouTube. Puis la flemme est arrivée. Il faut que l’éclairage soit correct, que la caméra soit bonne, et il y a tout le montage visuel.

Quelques jours plus tard, elle tombe sur le challenge gratuit de l’Académie du Podcast. Ce qui l’a séduite :

  • de la mise en action, pas juste de la théorie
  • des devoirs à faire entre les étapes
  • une structure pensée pour que la personne goûte vraiment à la méthode

Elle le dit sans détour : elle avait acheté d’autres formations, et le résultat n’était pas à la hauteur. Ici, c’était l’inverse. Elle s’est inscrite au Club Momentum et à la formation Podcast Pro dans la foulée.

Faut-il tout planifier avant de lancer son podcast?

Non : lance ton podcast, puis ajuste-le en cours de route, sinon tu risques de ne jamais le lancer.

Vanessa se souvient d’une phrase de Marco qui a réveillé son esprit rebelle. En substance : si tu passes ton temps à choisir les couleurs de ta vignette, à peaufiner ton nom, à rester dans la théorie, tu ne lanceras jamais ton podcast. Mieux vaut lancer ton avion dans les airs et l’ajuster en vol.

C’est ce qu’elle a fait. Elle a lancé avec sa vignette, ses couleurs et sa description. Puis, une fois en action, elle a tout fait évoluer : le nom, la vignette, le rythme de publication. La fréquence, une semaine ou deux semaines, reste d’ailleurs une réflexion ouverte pour elle. Pour t’aider à trancher, lis notre guide sur la constance en podcast.

« Le podcast, il évolue avec nous. C’est une fois qu’il est là qu’il prend forme avec toi. »

Vanessa Droz

Ce qu’elle a compris : on est des êtres en constante évolution. On grandit, on se transforme, on change d’habitudes. Le podcast, c’est pareil. Rester dans tes plans, ta planification et ton imagination ne sert à rien.

Pourquoi changer le nom de son podcast en cours de route?

Parce qu’un nom peut attirer le mauvais message, et le changer permet de mieux refléter ce que tu veux vraiment transmettre.

Avec « Sexe et handicap », certaines personnes ont contacté Vanessa en pensant qu’elle offrait des services sexuels. Ce n’était pas du tout le propos. D’où le passage à Plaisir et handicap.

Son intention, elle la précise : divertir, avec un côté éducatif. Sans que ce soit mis en avant, transmettre des valeurs sur le consentement et le respect, tout en divertissant l’auditeur et l’auditrice.

La leçon pour toi : ton nom n’est pas gravé dans le béton. Si ce qu’il attire ne correspond plus à ton message, tu as le droit de l’ajuster.

Qu’est-ce qu’un podcast peut t’apporter au-delà des écoutes?

Un podcast te rend trouvable : des gens que tu ne connais pas te découvrent, te contactent et t’ouvrent des portes.

Les retours sont venus de l’entourage de Vanessa, mais aussi de parfaits inconnus. Une étudiante en master en France, qui travaillait sur l’accessibilité et la sexualité des femmes en situation de handicap, a trouvé son podcast. Elle l’a contactée, puis elle a aussi joint d’autres personnes que Vanessa avait reçues en entrevue.

Sans le podcast, jamais cette étudiante ne l’aurait trouvée. Jamais elle n’aurait eu son témoignage. Le podcast lui a donné une certaine notoriété et l’a amenée à intervenir dans des événements et des conférences.

Il a aussi fait naître des projets de monétisation qu’elle dévoile dans l’épisode : continuer ses épisodes accessibles à tous, développer des épisodes premium réservés aux abonnés, et lancer une boutique alignée avec l’univers de son podcast. Membre du Club des Élites, elle travaille à mettre son podcast au centre de son marketing.

Comment surmonter le perfectionnisme quand on anime un podcast?

En acceptant que le message et l’énergie que tu dégages comptent plus que la forme parfaite.

Ce qui a été plus difficile que prévu pour Vanessa? D’abord la technique. Puis une qualité qui peut devenir un défaut : elle est ambitieuse. Beaucoup d’idées, beaucoup de projets. Et tout à coup, tout le travail que ça demande : la structure, l’organisation, le fil rouge.

Sur ses 10 derniers épisodes, elle a mis sa part perfectionniste de côté. Si la vignette n’est pas identique à la précédente, tant pis. Ce qui compte, c’est le message. Son perfectionnisme lui a mis des bâtons dans les roues, dit-elle avec humour, « littéralement ». Si la peur de mal faire te freine toi aussi, lis notre guide sur le syndrome de l’imposteur en podcast. Et pour une autre perspective sur les montagnes russes de l’animation, écoute l’épisode Les hauts et les bas d’animer un podcast.

Qu’est-ce qui rend Vanessa Droz la plus fière de son parcours?

D’avoir osé quitter le salariat pour porter sa propre voix, avec le podcast comme compagnon de route.

Elle a quitté un emploi de bureau qui lui apportait toute la sécurité, occupé pendant 10 ans. Le podcast l’accompagne dans cette évolution. Il a même un côté thérapeutique, presque d’autocoaching.

Et le plus beau cadeau, selon elle : les auditeurs et auditrices se reconnaissent dans ce qu’elle partage. Ils la remercient. Ils sentent qu’elle est avec eux dans leur propre expérience. Paradoxalement, même en parlant de sexualité, elle ne pense pas qu’elle aurait eu le courage d’être aussi intime dans ses ressentis sans le podcast.

Aujourd’hui, Vanessa est aussi capitaine à l’Académie du Podcast, un rôle de mentore parmi les six capitaines de l’époque. Elle accompagne les membres dans leur parcours et elle a participé à plusieurs Bootcamps en personne, au Mexique, à Paris et en République dominicaine. Marco le dit : les gens qui la côtoient parlent tous de sa force et de l’inspiration qu’elle dégage.

Questions fréquentes

Qui est Vanessa Droz?

Vanessa Droz est une podcasteuse suisse, créatrice de « Plaisir et handicap, le podcast sans tabou ». Membre de l’Académie du Podcast depuis le début de 2022, elle y est aussi capitaine, un rôle de mentore auprès des autres membres.

De quoi parle le podcast Plaisir et handicap?

Il parle du fait de vivre avec un handicap, peu importe lequel, et du plaisir au sens large, sexualité comprise, sans tabou. L’idée : faire de sa condition quelque chose de bon et voir le verre à moitié plein, tout en transmettant des valeurs comme le consentement et le respect.

Pourquoi le podcast Sexe et handicap a-t-il changé de nom?

Parce que le nom d’origine attirait des malentendus : certaines personnes pensaient que Vanessa offrait des services sexuels. Le nom Plaisir et handicap reflète mieux son message.

Combien de temps Vanessa a-t-elle mis à lancer son podcast?

Quelques semaines seulement après son arrivée à l’Académie du Podcast. Elle a choisi de lancer vite, puis d’ajuster son nom, sa vignette et son rythme en cours de route.

Passe à l’action

Toi aussi, tu as un sujet qui mérite d’exister en podcast? Arrête de peaufiner ta vignette et lance-toi, avec une méthode et une communauté qui te soutiennent comme Vanessa l’a été. Rejoins le Campus de l’Académie du Podcast pour poser les bases de ton podcast et passer à l’action dès maintenant. Résiliable à tout moment.

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📄Transcription complète▼

Marco : Aujourd'hui, j'ai la chance et l'honneur de recevoir quelqu'un d'hyper inspirant : Vanessa Droz. Elle nous vient de la Suisse. J'ai eu la chance de la rencontrer à plusieurs reprises lors de nos Bootcamps de l'Académie du Podcast, en personne : en République dominicaine, à Paris, puis au Mexique. Et on va se revoir très bientôt.

Tu vas comprendre tout de suite, à la lueur des propos qu'on va tenir dans l'entrevue, à quel point Vanessa est quelqu'un d'hyper inspirant, pour tout le monde dans notre académie. Elle fait partie de l'équipe de l'Académie à titre de capitaine. Elle est là depuis déjà deux ans, elle a pris le taureau par les cornes et elle a vraiment bien fait les choses avec son podcast. Elle est rendue à une soixantaine d'épisodes : Plaisir et handicap.

Juste par le nom, tu peux entendre que ce n'est pas un podcast qu'on voit régulièrement. Initialement, ça s'appelait Sexe et handicap. Maintenant, c'est Plaisir et handicap. Je ne t'en dis pas plus, parce que je pense que tu as tout ce qu'il faut pour comprendre qu'on a accès à quelqu'un d'hyper inspirant, qui crée du contenu radicalement différent de ce qui se crée normalement. Je te laisse tout de suite avec l'entrevue de Vanessa Droz, et j'espère que tu vas apprécier autant que moi la présence de cette jeune femme.

Marco : Alors aujourd'hui, j'ai la joie de recevoir Vanessa Droz. Comment tu vas, Vanessa?

Vanessa : Super bien, Marco. Merci. Et toi?

Marco : Super bien. Alors ton podcast, Plaisir et handicap, a changé de nom. On va voir la réflexion que tu as faite derrière ça. Je t'ai présentée dans l'intro, mais j'aime toujours laisser la parole à mon invitée : comment tu présenterais ton podcast aujourd'hui?

Vanessa : Mon podcast s'appelle aujourd'hui Plaisir et handicap, le podcast zéro tabou. C'est vrai que je le présente plus avec « le podcast zéro tabou », parce que pour moi, les deux mots ont déjà plein de sens. Je parle certes du fait de vivre avec ce qu'on peut considérer comme un handicap, peu importe le handicap, physique ou autre.

Et il y a le plaisir, de manière générale. Le côté hédoniste : malgré une condition qui peut être un peu différente ou considérée comme compliquée, en faire quelque chose de bien, d'agréable. La transformer en quelque chose qui fait ta vie, et voir le verre à moitié plein. C'est vraiment l'idée du podcast.

Je ne sais pas si je vais devancer ta question, mais au début, comme tu l'as dit, c'était Sexe et handicap. J'avais décidé de l'appeler comme ça parce que j'ai peut-être un côté un peu provoc'. J'avais vraiment besoin de ruer dans les brancards avec ce nom-là, que ça interpelle les gens, qu'ils soient presque un peu choqués de se dire : « Oh mon Dieu, une personne handicapée peut avoir une sexualité, elle peut avoir accès à du plaisir. » C'était ça, la première idée derrière le nom de mon podcast.

Marco : Intéressant. On va pouvoir élaborer sur le changement de nom. Mais toi, tu es arrivée avec nous dans l'Académie au début de l'année 2022. Ça fait déjà un peu plus de deux ans. Tu es arrivée via un challenge, tu as sauté tout de suite dans le Club Momentum avec nous, le Podcast Pro, la formation qu'on offre. Et quelques semaines après, tu avais déjà lancé ton podcast. Depuis, on est à 59 épisodes au moment d'enregistrer celui-ci. Clairement, tu n'as pas chômé. Tu as été là régulièrement, tu as fait quelques saisons, un changement de nom. Ça bouge. Comment tu as vécu ton arrivée dans l'Académie du Podcast et dans le monde du podcast? Est-ce que tu avais déjà en tête de lancer un podcast depuis un certain temps?

Vanessa : Il y a tellement de choses qui me viennent, j'espère que je ne vais pas louper de détail. Oui, j'avais déjà cet élan, cette envie de m'exprimer sur le sujet du plaisir, de la sexualité avec ou sans handicap. J'avais pensé lancer une chaîne YouTube. Puis après, tu vois, la flemme : il faut que l'éclairage soit correct, que la caméra soit bonne, et il y a tout le montage visuel aussi.

Et les algorithmes font quand même bien leur travail, parce que je suis tombée, quelques jours après avoir eu cette idée, sur le challenge de l'Académie du Podcast, lancé en gratuit. C'est vraiment un service sur un plateau. J'ai été plus que séduite durant ce challenge, parce qu'il y a de la mise en action, il y a des devoirs. C'est tellement bien structuré, intelligemment structuré, pour que la personne goûte à ce que tu proposes. À aucun moment je ne me suis sentie lésée. Je te dis ça parce que j'ai acheté d'autres formations et le résultat n'était pas à la hauteur de ce que j'espérais. Là, c'est l'inverse.

Et comme tu l'as dit, j'ai lancé le podcast rapidement, parce que tu avais dit une phrase qui a touché mon esprit rebelle, un peu de contradiction. Si on me dit « tu ne vas pas le faire », moi, je vais le faire juste pour contredire. Tu avais dit, je ne sais plus exactement, quelque chose comme : si vous commencez à faire des plans, à vous dire que la vignette aura telle couleur, puis tel nom, à passer trop de temps dans la théorie ou dans l'élaboration du projet, vous n'allez pas lancer votre podcast. Mieux vaut lancer son avion en l'air. En gros, ça voulait dire : lance le projet, puis tu vas l'adapter en cours de route.

Et c'est ce que j'ai fait. J'ai lancé Sexe et handicap, le podcast zéro tabou, avec ma vignette, mes couleurs, ma description. Après, la question qui est peut-être encore d'actualité, c'est : est-ce que je fais des épisodes toutes les semaines, aux deux semaines? C'est peut-être la chose sur laquelle je travaille encore.

Mais j'ai remarqué, en étant dans l'action, justement ce que toi, Marco, tu pousses vraiment les gens à faire, et ce qui est tellement nécessaire : on réalise que le podcast évolue avec nous. On est des êtres en constante évolution. On grandit, on se transforme, on change d'habitudes. Le podcast, c'est exactement la même chose. Ça ne sert à rien de rester dans tes projets, dans tes planifications, dans ton imagination. C'est une fois qu'il est là qu'il prend forme avec toi. Et oui, j'ai changé le nom. J'ai changé la vignette aussi, parce qu'au bout d'un moment, elle ne me plaisait plus trop. C'est vraiment une aventure qui a de multiples dimensions.

Marco : Tu avais une visée de lancer une chaîne YouTube, tu reçois une publicité, tu t'inscris, et finalement, quelques semaines après, tu as déjà lancé ton podcast. Tu n'avais probablement aucune idée de ce qui t'attendait de l'autre côté de la clôture. Quand tu as décidé d'investir, de te dire « j'y vais, je lance mon podcast, advienne que pourra », qu'est-ce que tu as trouvé de l'autre côté qui t'a surprise?

Vanessa : Ce qui m'a, comme on dit en Suisse, surprise en bien, c'est que l'énergie qu'il y avait au challenge était toujours là, et presque plus encore de l'autre côté de la clôture, comme tu dis. Tu étais là, accessible. Et ça, ce n'est peut-être pas tout le temps le cas dans d'autres formations. Il y a aussi le fait que tu as été entraîneur sportif. Il y a quelque chose dans ta manière de diriger l'Académie du Podcast qui fait qu'on sent qu'il y a une équipe, que c'est une famille. Et ça, c'est hyper soutenant. On n'est jamais laissé seul.

S'il nous arrive des choses en dehors du podcasting, on peut prendre du recul. Mais quand on revient, c'est toujours la même énergie, toujours le même accueil. On n'a pas l'impression d'avoir perdu quelque chose en cours de route. C'est très précieux pour moi. Et c'est structuré : il y a les activités le mercredi, le vendredi, il y a toujours la possibilité d'avoir accès aux Q&R. Si en cours de route on commence à douter, on peut toujours poser nos questions, peu importe notre niveau dans le podcast. Ça aussi, c'est hyper précieux.

Marco : Et à l'animation du podcast, quelles ont été les surprises? Des choses que tu n'attendais pas du tout. Tu voulais communiquer sur le fait de jumeler sexe et handicap, que ce soit légitime de le faire, et soudainement, il est arrivé quelque chose, quelqu'un t'a contactée?

Vanessa : Oui, des surprises, et c'est une des raisons pour lesquelles j'ai changé de nom. Avec Sexe et handicap, il y a des gens qui m'ont approchée en pensant que je vendais peut-être des services sexuels. Ce n'était pas vraiment l'idée du message.

Marco : Pas la façon de faire que tu avais choisie.

Vanessa : Non. Mais tu sais, j'y réfléchis, Marco. Il y a certainement quelque chose à faire, dans le divertissement, mais aussi avec un côté éducatif. Je trouve hyper intéressant, sans que ce soit forcément mis en avant, que dans le divertissement d'un podcast, il y ait des valeurs transmises : sur le consentement, sur le respect, des choses comme ça, tout en divertissant l'auditeur et l'auditrice.

Marco : Donc ça, ça t'a surprise. Il y a d'autres choses qui sont arrivées pendant ton parcours?

Vanessa : Les retours, déjà de l'entourage, mais aussi de parfaits inconnus. J'ai été contactée par une étudiante qui faisait son master en France, je ne sais plus exactement l'intitulé, mais c'était sur l'accessibilité et la sexualité pour les femmes handicapées. Elle a trouvé mon podcast et elle m'a contactée. Elle a aussi contacté, pour son travail, d'autres personnes que j'avais interviewées dans un épisode dédié à la maladie que j'ai. Franchement, je me dis que sans le podcast, jamais elle n'aurait pu me trouver, jamais elle n'aurait eu mon témoignage. Et je pense, en toute modestie, que mon témoignage est vraiment constructif dans cette approche-là.

Marco : Donc ça t'a amené une certaine notoriété, parce que ça met en lumière tes opinions par rapport à ton handicap et à tout le reste autour.

Vanessa : Exact.

Marco : Ça t'a amenée aussi à être intervenante dans des événements, des conférences. Et je pense que tu prépares des choses qui s'en viennent prochainement. Est-ce que tu peux nous en parler?

Vanessa : Il y a un truc que j'aimerais tellement dire. C'est une première, personne n'est au courant dans mon entourage. Le scoop, c'est que je vais lancer ma propre marque de sex-shop.

Marco : Wow.

Vanessa : Et c'est drôle qu'on en parle, parce que quand on était au Mexique ensemble, au Bootcamp, tu te rappelles la photo que tu as prise de moi avec la glace? Ma marque va s'appeler Ice Cream. J'ai fait le lien avec la photo de la glace. C'est un projet en cours de développement, pour avoir une boutique qui me correspond, dans mon énergie, dans ce que je transmets dans le podcast à travers ma voix. Ice Cream, parce qu'il y a cet aspect de gourmandise, cet aspect de plaisir. Autant tu manges une glace, peu importe le parfum, autant « scream », je crie, je prends du plaisir. Je joue là-dessus. Voilà le petit scoop.

Marco : C'est cool, vous l'aurez appris sur nos ondes. C'est intéressant, parce qu'effectivement, au Mexique, tu avais des idées de monétisation de ton podcast. Tu fais aussi partie de notre Club des Élites, le club des gens qui veulent mettre le podcast au centre de leur marketing et bâtir toutes leurs communications autour du podcast. On en avait discuté lors de ce Bootcamp, et on va pouvoir en reparler très bientôt. Est-ce que tu veux que je conserve la photo précieusement, au cas où tu en aurais besoin pour ta com?

Vanessa : Écoute, Marco, s'il le faut, je t'en ferai une autre, en meilleure forme. Je n'ai même pas envie de la revoir, cette photo!

Marco : C'est vrai qu'on avait parfois un peu ambitionné sur les bonnes choses de la vie, disons-le comme ça. Ceci étant dit, qu'est-ce qui s'en vient pour le podcast dans les prochaines semaines?

Vanessa : Je vais continuer de faire mes épisodes accessibles à tous et à toutes, à raison d'un épisode toutes les semaines ou toutes les deux semaines maximum. Et je vais développer des épisodes payants sur Patreon, des épisodes vraiment sans filtre, où on utilise des mots crus, où on donne vraiment nos idées. Je pense à des interviews avec des actrices ou d'anciennes actrices de films X, ou à parler d'expériences, par exemple une première expérience en club libertin. Des choses comme ça, sans filtre, en donnant des détails, en jouant sur les émotions, sur le sensuel et le sexuel aussi. Pour les tarifs, ce n'est pas encore développé.

Marco : Excellent, excitant, tout ça. On parle de monétisation, de comment tu concrétises la communication sur ton podcast pour ultimement créer de la richesse. Est-ce qu'il y a eu des moments où tu t'es dit que c'était plus difficile que tu pensais? Et si oui, qu'est-ce qui en était la cause?

Vanessa : Wow, j'ai l'impression d'être chez le psy! Comme ça, le premier truc qui vient, c'est peut-être la technique. Et j'ai une qualité qui peut se transformer en défaut : je suis ambitieuse. J'ai beaucoup d'idées, beaucoup de projets, et tout à coup, je me retrouve face à tout le travail que ça demande, au niveau de la structure, de l'organisation, du fil rouge. C'est un peu ça, mon problème quand je me retrouve derrière le micro.

Et maintenant, je me rends compte que sur les 10 derniers épisodes, j'ai vraiment mis ma part perfectionniste de côté. Si la forme de la vignette n'est pas identique à la dernière, tant pis, basta. Ce qui compte, c'est vraiment le message et l'énergie que tu dégages dans ton émission.

Marco : Donc cette version perfectionniste de Vanessa t'a mis des bâtons dans les roues, littéralement.

Vanessa : Oui, littéralement, et dans tous les sens : avec le fauteuil et sans le fauteuil.

Marco : Exactement. Dis-moi, en terminant : ça fait un peu plus de deux ans que tu animes ton podcast. Quand tu regardes en arrière, qu'est-ce qui te rend la plus fière aujourd'hui?

Vanessa : La plus fière, Marco? Honnêtement, c'est étroitement lié à l'activité du podcasting et au fait de pouvoir porter ma propre voix : c'est d'être partie du salariat. D'avoir osé donner ma démission d'un travail qui m'apportait toute la sécurité. J'ai travaillé dans les bureaux de la police pendant 10 ans.

Et j'ai vraiment pu l'expérimenter : faire le podcast a aussi un côté thérapeutique, d'autocoaching, d'autothérapie, je ne sais pas si ça se dit. Je remarque que le podcast m'accompagne dans cette évolution-là. Et les gens qui l'écoutent se reconnaissent aussi, parce que les expériences que tu partages dans un épisode, les gens peuvent s'y reconnaître. Je trouve que le plus beau cadeau, c'est que les gens te remercient, ils se reconnaissent et ils ont vraiment ce sentiment que tu es avec eux dans leur propre expérience. C'est très positif.

Et je ne pense pas que j'aurais eu le courage d'être aussi intime. C'est un peu paradoxal, parce que je parle quand même de sexualité, mais d'être aussi intime dans mes ressentis avec mes auditeurs et mes auditrices. Et ces gens-là te remercient, parce que ça leur permet d'évoluer aussi.

Marco : Très cool, Vanessa. Merci beaucoup. Tu es quelqu'un de cher à l'Académie, parce que tu as décidé de t'investir aussi comme capitaine. C'est un peu un rôle de mentor au sein de l'Académie du Podcast. On a six capitaines et tu fais partie de ceux-là. Tu accompagnes les gens à travers leur parcours. C'est une façon pour toi de redonner, non pas juste aux gens de ton podcast, mais aussi aux gens qui aspirent à avoir leur propre message et à le mettre de l'avant.

Et je peux dire une chose : les retours que j'ai sur les contacts que les gens ont avec Vanessa Droz, autant dans l'équipe que dans l'Académie en général, sont incroyables. Tu as participé à nos Bootcamps au Mexique, à Paris, en République dominicaine. Les gens me parlent de Vanessa et me disent : « C'est incroyable à quel point cette femme-là est inspirante. »

Tu disais tantôt que ton perfectionnisme t'a parfois mis des bâtons dans les roues. Mais les gens qui te regardent aller voient comment tu évolues malgré ton handicap, malgré les obstacles. Tu voyages. Tu m'as appris juste avant l'entrevue que tu allais faire cinq heures de route, seule. Les gens qui ont la chance de te côtoyer voient cette grande force que tu as. Et quand ils écoutent ton podcast, ils ont ça aussi. Continue d'inspirer les gens comme tu le fais. Juste être Vanessa, c'est déjà extrêmement inspirant. Merci beaucoup de faire partie de cette belle aventure avec nous. Ce que tu apportes dans l'Académie du Podcast, et via ton podcast, est très apprécié.

Vanessa : Je ne sais pas quoi dire, Marco. Merci. Je ne m'attendais pas à un tel compliment. J'ai envie de te retourner les compliments, parce que c'est grâce aussi à l'Académie du Podcast que j'ai pu développer tout ça, que j'ai eu l'espace pour le faire. Donc merci à vous, merci à toi.

Marco : Merci beaucoup, Vanessa. On se parle très bientôt.

Vanessa : Merci, Marco.

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À propos de l'Animateur

Marco Bernard

Marco Bernard anime L'Académie du Podcast et podcaste depuis 2014 (1 200+ épisodes au compteur).

Auteur du livre "Ton Podcast Ta Voix Influente", il a lancé l'ADP en 2018 et depuis, il a accompagné plus de 3 000 coachs, consultants et experts à utiliser le podcasting comme levier de croissance.

Sa philosophie : "Animer un podcast, c'est vendre. Et vendre, c'est servir."

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